
Goethe Johann Wolfgang von – Le Serpent vert (Märchen) Conte symbolique, traduit et commenté par Oswald Wirth : Des feux follets dissipés, un fleuve et un passeur ainsi qu’un serpent nous introduisent dans ce lieu où ni la mort ni la vieillesse ne sont inéluctables. Puis nous rencontrons l’Homme à la lampe, vieux sage non sans pouvoirs, et sa femme qui, ainsi que son Carlin, sont victimes des feux follets. Surviendront encore le géant et son ombre, le serin et l’épervier, puis le prince et la belle Lilia. Le drame surgira alors. Celui-ci sera pallié grâce au sacrifice du serpent et au vieux sage, le porteur de lumière. Le conte s’achèvera dans une fin idéale et heureuse.
Cette fable, d’apparence légère, invitait à en trouver le sens, de par son symbolisme. Cet ésotérisme suscita nombre d’interprétation et de réactions tant politiques que philosophiques. Goethe s’en amusait dans une lettre à Schiller (citée dans les commentaire de O. Wirth) « Puisque les dix-huit personnages impliqués dans l’action sont autant d’énigmes, les amateurs d’énigmes doivent y trouver leur compte. » ou « Plus de vingt personnages interviennent dans le conte. Que font-ils donc à eux tous ? Le conte, mon ami » (1917, cité)
Le traducteur cependant, nous propose, avant et après le conte, une exégèse fouillée que ce soit du contexte révolutionnaire et de l’appartenance franc-maçonne de Goethe, du destin du serpent figure initiatique dont la transformation en pierres lumineuses s’éloignant au fil du fleuve s’inscrit dans le rationalisme de l’époque. À lire.
L’illustration de première page (maquette Isa) reprend le détail du tableau Le lac, effet de nuit de Jean-Baptiste Corot.
