
Braddon Mary Elizabeth – La Chanteuse des rues (tome 2) : Dans le deuxième tome de ce livre, se poursuivent les trois histoires entremêlées du premier volume. Honoria Eversleigh essaie de se dégager du piège infernal que continue à tisser Victor Carrington, l’assassin de son mari. Les conséquences du meurtre de Valentin Jernam par Black Milson ne sont pas non plus éteintes. À la fin, heureusement, les innocents seront reconnus et les méchants punis mais « n’est-il pas dans la destinée de l’innocent de souffrir dans cette vie pour les crimes des méchants ? » écrit l’autrice. Victor Carrington a peut-être échoué, sans parler du sort de Sir Reginald, mais les héros du récit n’ont pu surmonter leurs complots sans en être ébranlés.
Notons aussi tout ce que révèle ce roman de la place des femmes dans la société victorienne : ainsi Lydia Graham à la recherche d’un riche mari pour payer ses factures s’écrie : « Toute ma vie, j’ai dû céder la victoire à des femmes qui m’étaient inférieures sous tous les points. Si je n’ai pas été aimée quand j’étais dans toute la fraîcheur de la jeunesse et de la beauté, comment espérer l’être maintenant que ma jeunesse est passée et que ma beauté se fane ? » Honoria Eversleigh, elle-même, malgré sa richesse et ses ressources, ne pourra agir seule. (note d’après Harwood.)
« Excellent roman sensationnel victorien. […] Si vous avez aimé « Le Secret de Lady Audley » ou « Les Diamants d’Eustache », vous apprécierez ce livre » (Cherryl). « J’ai préféré « Run to Earth » encore plus que Lady Audley. » (V. G. Harwood)
Née à Londres le 4 octobre 1835, Mary Elizabeth Braddon vit comme enfant les difficultés qui peuvent exister dans les familles lorsque, à 5 ans, son père et sa mère, Henry et Fanny, se séparent. Jeune femme, elle s’intéresse d’abord à l’interprétation théâtrale grâce à ses amies Clara et Adelaïde Biddle. Mais sa vraie vocation est l’écriture.
Elle a vingt-cinq ans, en 1850, lorsqu’elle rencontre John Maxwell, un éditeur et père de cinq enfants dont l’épouse était internée. Mary sera donc « belle-mère » au grand scandale de la société de l’époque. Ils ne se marieront que quatorze ans plus tard, au décès de celle-ci. Mary aura, avec lui, six enfants. La publication du Secret de Lady Audley en 1864, qui devient un best-seller, lance sa carrière. Nous avons parlé, dans d’autres présentations, du rôle novateur de ses romans mêlant parfois le surnaturel et le genre policier. Elle fonda également le magazine Belgravia et fut la rédactrice en chef de The Temple Bar. Elle décède en 1915. Si ses romans tombèrent quelque temps dans l’oubli, ils ont retrouvé le succès depuis une vingtaine d’années.
[Sources : En l’absence de sources aisément accessibles, nous avons consulté ici, en complément, les présentations et biographies de plusieurs éditeurs anglophones (Goodreads, Amazon, Browns Books, Blackwells, Barnes & Nobles etc.) ainsi que les commentaires de lecteurs sur manybooks.net et Amazon. Ont été cités des extraits du commentaire de V. G. Harwood, Royaume-Uni, le 7 juin 2013, et l’appréciation de Cheryl sur la page Amazon (et Kindle) du livre.]
L’illustration de première page (maquette Laura Barr-Wells) reprend Fiammetta peinte par Emma Sandys en 1876 (Wikimédia).
