
Sue Eugène – L’Amiral Levacher (ainsi que La Boîte d’argent et La Cour du Grand-Duc) : Dans les trois nouvelles de ce recueil, L’Amiral Levacher narre la dure leçon qu’infligent des marins pêcheurs à leur patron uniquement préoccupé des revenus des pêches, ignorant des drames et dangers de la mer. Comment devient-on insensible ? Comment vit-on sans émotions et sans élans du cœur ? Ou avec leurs excès ? Un plaidoyer ironique pour la voie moyenne et le savoir mesure garder, dans la nouvelle sentimentale et fantastique de La Boîte d’argent. Enfin comment se sortir d’un mauvais pas et être ingénieux face à l’adversité afin de la transformer en opportunité dans une comédie légère que l’on imagine mise en scène dans La Cour du Grand-Duc.
Rappelons qu’Eugène Sue (1804-1857), fut chirurgien de marine ce qui inspira, dès 1830, alors revenu à Paris, ses romans maritimes appréciés de Balzac ou Sainte-Beuve puis des romans historiques ainsi que des romans de mœurs auxquels appartient le présent recueil. Devenu républicain, libre penseur et socialiste, il écrit le premier de ses romans sociaux parus en feuilleton, Les Mystères de Paris (1842-43) qui eut un succès international, puis le Juif errant (1844-45). Il est élu, en 1850, député de la Seine à l’Assemblée législative, lorsqu’en décembre 1851, celui qui allait devenir Napoléon III réussit son coup d’État. Eugène Sue n’eut d’autre recours que de s’exiler en Savoie pour ne pas subir le sort de 27’000 personnes inculpées et arrêtées dans les mois qui suivirent. Il y fut accueilli malgré l’opposition du clergé savoyard. Il décède en 1857, ayant appris une importante saisie des Mystères du peuple dont la publication et la distribution, entre 1849 et 1857, avaient fait l’objet de nombreuses censures et empêchements.
L’illustration de première page (maquette Isa) provient de la photographie d’une palette prise en janvier 2026.
