
Champfleury – Le Violon de faïence : Un propriétaire terrien de Nevers, Dalègre, est chargé par Gardilanne, un ami parisien, collectionneur, de récupérer dans la campagne environnante de vieux objets en faïence dont la région a été une productrice renommée. Le Nivernais est un bon vivant d’une santé florissante qui ne pense qu’à se divertir, à chasser le gibier et les femmes et à faire bonne chère. Le Parisien est tout son contraire. Chef de bureau au ministère des affaires étrangères, il est maigre, maladif et bilieux et passe pour une tête froide. Mais les deux amis, que tout oppose en apparence, vont devenir peu à peu les facettes complémentaires d’une seule et même passion, une idée fixe, contagieuse (mais patriotique !) : la faïence française, qui va les métamorphoser en leur contraire. La passion pour la chasse du Nivernais va ainsi changer de nature et prendre une tournure obsessionnelle. Arrivera-t-il à se dégager de cette ardeur maladive avant de perdre ami et joie de vivre ?
Longue nouvelle ou petit roman, Le Violon de faïence, écrit « à la bonne franquette » selon l’expression de Paul Arène cité par l’auteur lui-même, est une amusante étude de caractères dans le style de la Bruyère, un clin d’œil divertissant sur les mœurs parisiennes et provinciales du milieu du 19e siècle. Dans son avant-propos, l’auteur reconnaît « que, par la nature de son sujet, le Violon de faïence dut […] passer pour quelque peu spécial, la passion de la céramique n’ayant pas atteint en 1861 les développements qui depuis ont grossi d’année en année. On voulut bien admettre toutefois que cet amour de la faïence n’était que le décor du drame et que le dada de la collection, à un tel degré d’entraînement, méritait d’être étudié presque au même titre que la passion pour les femmes et le jeu, l’ambition ou l’avarice. »
Jules-François Félix Husson, alias Champfleury, né à Laon le 17 septembre 1821, mort à Sèvres le 6 décembre 1889, est journaliste, critique d’art et de littérature et auteur de romans et nouvelles. Grand ami du peintre Courbet, de Victor Hugo et de Flaubert qu’il admire tous deux, il fait en revanche peu de cas des Goncourt, qui le lui rendent bien. « Tout en poursuivant sa carrière d’homme de lettres, il se spécialise dans l’art de la faïence et apparaît bientôt comme une autorité en la matière. En 1872, il est nommé ‘chef des collections de la manufacture de Sèvres’ puis, en 1876 ‘conservateur du musée et des collections à la Manufacture’ et, enfin, sous-administrateur en 1887, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort. Lui-même grand collectionneur, il ironise sur sa propre manie dans un roman autobiographique, Le Violon de faïence ».
[Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Champfleury, 15/062026.] L’illustration de première page (maquette Isa) reproduit la photographie d’un violon de faïence (1876) de Henri Guiheneuc, Manufacture H B (Grande Maison De la Hubaudière, et musée de la faïence de Quimper). Les dessins en couleur dans le texte sont de Émile Renard et les eaux-fortes de J. Adeline et proviennent de l’édition de 1877.
