
Braddon Mary Elizabeth – Aurora Floyd (tome 1) : Aurore est la fille d’un banquier, fort riche qui épousa une actrice au grand dam de la société locale. Trop gâtée par un père qui ne peut oublier sa femme décédée, Aurore est volontaire, capricieuse… et d’une beauté singulière. Ses longues balades à cheval finissent par être la cause d’une violente dispute avec son père. Celui-ci décide alors de la placer dans une pension parisienne. Elle a dix-sept ans. Quinze mois plus tard, elle revient sombre, marquée. Mais sa beauté de même que sa volonté inflexible suscitent autant l’admiration que les commentaires.
Elle fait cependant ses débuts lors d’un bal organisé à l’occasion de son dix-neuvième anniversaire. Deux hommes, deux amis, deviennent alors rivaux pour sa conquête. Le distingué Talbot pense avoir trouvé la femme sans défaut, peut-être digne de sa haute position, et John Mellish, qu’il lui a présentée, a ressenti un coup de foudre au premier regard. Mais Aurore, elle, reste distante, passionnée par ses chevaux. Épousera-t-elle le naïf John Mellish ? Et pourquoi craint-elle Conyers, son ancien jockey ? Où sont donc ses rêves ?
L’histoire de cette femme si différente de la classique héroïne victorienne révélera bien des secrets et des suspenses à venir. Elle met en exergue les thèmes du combat pour l’indépendance, des différences de classes sociales et de genre.
Née à Londres le 4 octobre 1835, Mary Elizabeth Braddon vit comme enfant les difficultés qui peuvent exister dans les familles lorsque, à 5 ans, son père et sa mère, Henry et Fanny, se séparent. Jeune femme, elle s’intéresse d’abord à l’interprétation théâtrale grâce à ses amies Clara et Adelaïde Biddle. Mais sa vraie vocation est l’écriture.
Elle a vingt-cinq ans, en 1850, lorsqu’elle rencontre John Maxwell, un éditeur et père de cinq enfants dont l’épouse était internée. Mary sera donc « belle-mère » au grand scandale de la société de l’époque. Ils ne se marieront que quatorze ans plus tard, au décès de celle-ci. Mary aura, avec lui, six enfants. La publication du Secret de Lady Audley en 1864, qui devient un best-seller, lance sa carrière. Nous avons parlé, dans d’autres présentations, du rôle novateur de ses romans mêlant parfois le surnaturel et le genre policier. Elle fonda également le magazine Belgravia et fut la rédactrice en chef de The Temple Bar. Elle décède en 1915. Si ses romans tombèrent quelque temps dans l’oubli, ils ont retrouvé le succès depuis une vingtaine d’années.
L’illustration de première page (Maquette Laura Barr-Wells) reproduit Madame Jeantaud au miroir (c. 1875), huile sur toile, de Degas (Grand Palais – musée d’Orsay).
