
Blondel Auguste – L’âme des choses : Ce recueil reçut de l’Académie française, l’année de sa parution, le prix Monbinne, prix de soutien à la création littéraire. Il est composé de 12 nouvelles, d’inspiration fantastique (tel L’Altica Rubra où un alpiniste est à la recherche d’une fleur rare que les guides disent porter malheur) ou réalistes (comme dans Saint-Ferréol qui raconte la recherche d’un endroit pour inhumer le corps du célèbre violoniste italien Paganini).
De ces nouvelles, on lira aussi La dernière leçon du professeur qui est celle, imprévue, d’un vieux spécialiste de droit ainsi que l’histoire intimiste de Louise et de Jean. Puis À Maccagno, sur le Lac Majeur, l’auteur nous montre l’embarquement des jeunes gens qui doivent quitter le village. Le curé de Rausas disparaît dans son jardin alors qu’il lit son bréviaire tandis que L’oncle Milo construit, peut-être un peu légèrement, des châteaux de cartes pour amuser un enfant malade. Le récit d’une prémonition angoisse dans L’âme des choses alors que Double vie nous interroge sur la métempsychose et Sous l’acacia évoque la force des vœux des enfants. Enfin La Mort de Victoire est celle du jeune trompette du régiment alors que Soirée d’enfants décrit la fête organisée par une petite fille, riche héritière, « chez elle »
« S’il possède, comme son compatriote, le don de conter sobrement, familièrement et simplement ; s’il a une préférence pour les sujets choisis dans la vie intime des humbles, il est également doué d’une imagination vive et ingénieuse, qui l’emporte volontiers vers ces régions un peu étranges où la réalité confine au rêve. […] Ce qui fait surtout l’attrait de ces courtes nouvelles, à quelque genre qu’elles appartiennent, c’est un grand naturel, une observation juste, même dans le domaine purement fantastique ; c’est aussi une façon toute personnelle d’émouvoir sans recourir à des violences de style ou à des crudités de détail ». (André Theuriet, Préface.)
Auguste Blondel, avocat et écrivain genevois né en 1854, fut l’auteur, avant ce volume, d’une biographie et d’une étude sur les ouvrages de Rodolphe Töpffer, (Rodolphe Töpffer, l’écrivain, l’artiste et l’homme, 1886). Il écrivit également, en 1893, un recueil, Fleurs de Légendes remarqué dans L’Année des poètes : « Ces poèmes mystiques, d’une grâce délicate, d’une fraîcheur naïve et toute poétique, méritent d’être répandus. Au milieu des légendes si réussies, le morceau intitulé : A l’Église, donne une note plus personnelle, plus intime, et non moins sympathique. » (Charles Fuster, Paris : La Semeuse, 1893). Il décède à Lancy en 1922.
L’illustration de première page représente (maquette Isa) le tableau Komposition mit Diagonalen und Kreis (1916) de Sophie Taeuber-Arp.
