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DuBois-Melly Charles – Ceux de Genève 1601-1602 : Ce roman historique se déroule à Genève au début du XVIIe siècle dans les mois précédant l’attaque manquée des Savoyards contre Genève, dite « L’Escalade ». L’histoire suit les aventures de plusieurs personnages, notamment des membres de la noblesse genevoise, des artisans et des paysans, qui sont tous confrontés à des défis différents dans leur vie quotidienne.
Saint-Hélier Monique – Bois Mort : Le « cycle des Alérac » se situe au tournant du XXe siècle, dans une petite ville protestante du Jura neuchâtelois qui rappelle beaucoup La Chaux-de-Fond. Il met en présence trois familles aux destins mystérieusement entrecroisés. Guillaume Alérac et sa petite-fille Carolle, âgée de 20 ans, sont les derniers représentants d’une lignée de grands propriétaires terriens dont la fortune, issue du commerce des montres, des automates et du sucre, remonte au XVIIIe siècle. Viscéralement attachés à leurs terres et à leur demeure seigneuriale peuplée d’ancêtres, les Alérac se battent vaillamment contre leurs créanciers pour tenter de sauvegarder les dernières miettes de leur patrimoine. Les Graew, au contraire, sont des paysans prospères, venus on ne sait d’où (peut-être de Suisse allemande). Leur unique descendant, Jonathan, est un homme habile, ambitieux et avide qui profite de la faillite des Alérac pour racheter leurs fermes. Quant à Jérôme Balagny, héritier d’une riche famille de la grande bourgeoisie locale, il symbolise la génération montante de l’industrie horlogère moderne (Jacquier 148-155). Autour d’eux gravitent de vagues cousins, des protégés et des serviteurs hauts en couleur qui contribuent au charme hypnotique d’une œuvre où les personnages ne se révèlent que peu à peu, par petites touches impressionnistes, au fur et à mesure que les souvenirs, les images et les secrets à demi-avoués brouillent le déroulement de l’intrigue et l’emportent sur sa linéarité.
Traz Robert de – La Blessure secrète : Un jeune garçon perd son père à l’âge de cinq ans et sa mère, qui a rejoint Genève pour vivre à proximité de sa tante, finit par se remarier. L’enfant se sent rejeté, d’autant plus qu’un demi-frère naît bientôt. Ces événements vont façonner son comportement immédiat et influer sur sa personnalité et ses relations avec autrui de manière durable.
Vuilleumier Henri & Ariste – L’Énigme d’une nuit : Un jeune couple aisé a tout pour être heureux. Cependant un certain malaise s’installe, chacun cachant à l’autre ce qui le préoccupe. Comme un vol aux circonstances bizarres s’est produit chez eux, le mari, par l’intermédiaire d’un ami journaliste, fera appel à un inspecteur anglais qui parviendra à percer le mystère.
Saint-Hélier Monique – La Cage aux rêves : « Béate nous le dit: elle est, dès sa naissance, un cœur blessé » (Seylaz) malgré l’éducation religieuse et l’affection que lui porte sa belle-mère, Madre. Elle est belle, d’un milieu aisé et promise à un mariage convenable. Mais elle ne peut s’empêcher de ressentir une profonde révolte, son cœur s’emplissant de « bêtes » en pensant à sa difficulté d’apprendre à lire, à l’école, à sa maîtresse ou à ses efforts pour que l’on ne la trouve pas « insupportable à la maison, toujours à chanter, à courir, à sauter » ou encore lorsqu’elle évoque la « femme aux mouettes » et Marguerite. Elle trouve son refuge où elle peut, sous les branches d’un arbre qui lui rappelle Turenne ou même dans le bonheur d’un « paradis blanc qui sentait l’éther ». Heureusement, les Anges sont là. Ils passent parfois « indifférents et beaux » mais ils savent. Pas assez toutefois pour la femme adulte mais privée de ses jambes qui cherche à préserver ces moments de bonheur. La mort est là, une présence qui plane sur une vie, sur une femme qui conclut : « Ô Gil j’aurais voulu rester. »
Monique Saint-Hélier – Quick : Dans ce court roman, écrit trois ans avant son décès, Monique Saint-Hélier nous décrit la rencontre de deux enfants que leurs milieux auraient dû opposer. Le père de Quick, officier de carrière suisse, féru de ses racines et de l’histoire de ses ancêtres, appelle «Patchoulis» ces étrangers aux odeurs bizarres qui lui semblent envahir la ville. Et la petite « Patchouli », tout comme Quick, se lient d’amitié.
Roger Noëlle – L’impossible oubli : Après la mort de son mari, à qui elle reprochait son manque d’ambition, une femme va se rendre compte qu’il était aimé du fait des actions d’amélioration concrètes qu’il entreprenait.
Blondel Auguste – L’âme des choses : Ce recueil reçut de l’Académie française, l’année de sa parution, le prix Monbinne, prix de soutien à la création littéraire. Il est composé de 12 nouvelles, d’inspiration fantastique (tel L’Altica Rubra où un alpiniste est à la recherche d’une fleur rare que les guides disent porter malheur) ou réalistes (comme dans Saint-Ferréol qui raconte la recherche d’un endroit pour inhumer le corps du célèbre violoniste italien Paganini).
Crisinel Edmond-Henri -Le Veilleur: « Miracle d’un seul vers après tant de silence ! / Prodige de renaître au monde pour un jour ! » Les deux vers qui inaugurent ce magnifique recueil de Crisinel (Faoug 1897 — Nyon 1948) saluent le retour inespéré de l’inspiration poétique. Mais sous la jubilation perce déjà l’inquiétude, car le poète vaudois sait d’amère expérience que le chant qui rejaillit après plus de quinze années de silence peut à tout moment se tarir. Aussi est-ce en veilleur « au cœur du néant » (Bulliard) que Crisinel recueille la voix fugace qui file sa mélopée entre espoir et angoisse, révolte et renoncement. « Ma loi, c’est de veiller, homme ou fantôme, / C’est d’entrevoir, dans l’ombre, obscurs symptômes, / Tout ce que Dieu condamne et qui faiblit. »
Cingria Charles-Albert – Florides helvètes:« Il faut sans retard que je dise que j’adore les vieilles dames russes. C’est prodigieux ce confort d’âme […] qu’elles réussissent à réaliser, positivement avec rien. Il y a là un miracle et qui ne s’explique que par un inconcevable impératif de survivance […] Ça pour dire que nous étions à Genève dans une de ces douces et anciennes maisons de mollasse grise qui surplombent l’Arve, moi et quelques catastrophés du régime, et nous étions en train de papoter en prenant tschaï (« tschaï » c’est thé) avec « baba » et avec pommes, lorsque trois coups frappés à la porte nous firent tous sursauter. »