20e

Giraudoux Jean – Bella

Bella - Jean Giraudoux - Bibliothèque numérique romande - Mosaïque portrait de femmeGiraudoux Jean – Bella : Les Capulet et les Montaigu… pardon, les Rebendart et les Dubardeau sont deux grandes familles ennemies qui représentent deux courants politiques opposés. Bella, fille de l’aristocratique Fontranges, est aussi la veuve du fils de Rebendart qui poursuit de sa vengeance le père de Philippe Dubardeau, son amoureux. Prise dans cette implacable intimité, elle mourra de ne pouvoir les réconcilier : « Bella s’interroge sur l’harmonisation des contraires : les intérêts de la France et ceux d’une Europe nouvelle, le masculin et le féminin, la poésie et la loi. Grâce à Bella, le narrateur ne ressent plus en lui division ou brouille. »*

Les modèles ne sont pas loin : Philippe Berthelot, secrétaire général aux Affaires étrangères et chef de Jean Giraudoux (sa disgrâce se répercutera sur la carrière de Giraudoux) et Raymond Poincaré. Giraudoux ne cache pas sa sympathie pour les uns et son antipathie pour les autres. Au jeune héros, Phillipe Dubardeau, revenant du front, qui s’écrie : « Il ment », lors du discours aux morts de Rebendart correspond la dénonciation par Giraudoux du nationalisme de Poincaré. Bella, dans cette lecture si transparente, fit scandale et renforça la notoriété de Jean Giraudoux. C’est, avec Siegfried et le Limousin et Églantine, l’œuvre où le politique s’impose sans doute le plus directement chez Jean Giraudoux. Il appartient aussi au cycle des Fontranges avec Églantine et Aventures de Jérôme Bardini. *Gerald Prince, Guide du roman de langue française (1901 – 1950).

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Saint-Exupéry Antoine de – Pilote de Guerre

Pilote de Guerre - Antoine de Saint-Exupéry - Bibliothèque numérique romande - photo anonyme P-38 at sunsetSaint-Exupéry Antoine de – Pilote de Guerre : Mai 1940 : la débâcle. Des civils par milliers sur les routes vers un Sud qui n’a rien pour les accueillir. Une armée qui se sait battue, en retraite ou en déroute, communications coupées, tente ce qu’elle peut… L’unité d’Antoine de Saint-Exupéry poursuit ses reconnaissances aériennes avec des pertes terribles. Pourra-t-elle même transmettre les résultats de ses observations ? Au cours d’une de ces missions-suicide au-dessus d’Arras, Saint-Exupéry s’interroge : pourquoi combat-il encore ? Commandes gelées, sous les balles et les obus allemands, ses chances sont réduites : il nous décrit une action et un paysage qui devient presque poétique, mais nous livre aussi ses réflexions, des réminiscences, des souvenirs d’enfance…

Que l’on soit d’accord ou pas avec l’analyse de Saint-Exupéry, que l’on partage ou non ses motivations, la réflexion qu’il poursuit sur ce qui nous anime, sur nos choix, nos valeurs, nos résistances et nos engagements ainsi qu’à savoir jusqu’à quel point nous les actualisons, ne peut nous laisser indifférents. Antoine de Saint-Exupéry continuera ces vols qu’il aimait tant – malgré une bureaucratie militaire logiquement opposée à engager ce « vieux » pilote plus utile ailleurs – jusqu’au dernier, celui dont il ne reviendra pas… Nous avons choisi, pour ce livre, une image du modèle d’avion de cette dernière mission tant il est vrai que, dans Pilote de Guerre, Antoine de Saint-Exupéry évoque avec force les raisons pour lesquelles il vit et pour lesquelles il est prêt à mourir.

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Clar Fanny – Les Mains enchantées

Les Mains enchantées - Fanny Clar - Bibliothèque numérique romande - photo Anne Van de Perre Sculptrice au travailClar Fanny – Les Mains enchantées – Nouveaux Contes des Métiers est un des nombreux livres pour enfants de Fanny Clar (à peu près les deux tiers de son œuvre) qui fut un manuel scolaire de lecture (9-11 ans). Dans ce recueil, Fanny Clar illustre, pour en promouvoir la pratique, plusieurs métiers d’artisans avec de jolies histoires pleines de poésie. Elle dépeint de petites gens ou des marginaux qui pratiquent leur métier avec simplicité et honnêteté ou qui réussissent malgré les obstacles, tout en n’oubliant jamais leurs origines. Un moment d’enchantement pour petits et grands.

Journaliste engagée, Fanny Clar (1875-1944) fut une féministe et une pacifiste. Elle écrivit pour Le Soir, L’Humanité, le Bonnet Rouge (revue satirique anarchiste) et La Guerre sociale. Son œuvre littéraire : des romans, de la poésie et des pièces de théâtre. Curieuse de tout elle participe au film L’Atalante de Jean Vigo (dont elle avait connu le père au Bonnet Rouge).

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Giraudoux Jean – Siegfried et le Limousin

Siegfried et le Limousin - Jean Giraudoux - Bibliothèque numérique romande Giraudoux Jean – Siegfried et le Limousin : Un français peut-il être allemand ? Et un allemand, français ? Mais Siegfried von Kleist est bien Jacques Forestier et Forestier est bien Siegfried ! Recueilli amnésique après une bataille il est pris pour un soldat allemand et rééduqué comme tel. Mais si la couleur de son caleçon a changé qu’en est-il de l’homme ?  L’écrivain devenu juriste se « plagie » tant qu’en janvier 1922, un ami de Forestier s’interroge et part à Berlin. Avec l’aide du baron Zelten, il reconnaît Forestier en Siegfried  et fait tout pour lui faire retrouver la mémoire. Mais que reste-t-il de cette Allemagne qu’avait connue cet ami avant la guerre quand il était un jeune boursier ? La revanche est-elle devenue la seule motivation de ses ex-amis allemands ?

« Cette idée [d’une substitution] était si dramatique que, comme tous les grands drames, elle a été réalisée depuis par le sort. Je tiens en ce qui concerne ce sujet, à bien affirmer mon droit de priorité vis-à-vis de la Providence […] J’avais à parler de l’Allemagne, et le mégaphone lui-même n’est pas assez sonore dans ce cas ». Giraudoux cherche en effet, à démontrer à travers Siegfried, dans une période où beaucoup songent à la revanche, l’absence de raison déterminante aux haines et aux guerres entre la France et l’Allemagne , comme entre tout autre pays.

Ce roman au style imagé est plein de digressions, d’associations et de références, parfois ironique, improbable, surréaliste mais aussi profond. Couronné du prix Balzac, ce roman fit le succès de Jean Giraudoux. Adapté pour le théâtre, Siegfried, fut créé en 1928 avec Louis Jouvet. Aujourd’hui la pièce a supplanté le roman un peu tombé dans l’oubli.

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Giraudoux Jean – Elpénor

Elpénor - Jean Giraudoux - Bibliothèque numérique romandeGiraudoux Jean – Elpénor : « C’est alors que mourut le matelot Elpénor. Seule occasion que j’aurai de prononcer son nom, car il ne se distingua jamais, ni par sa valeur, ni par sa prudence. »*  Car, ô Elpénor, favorisé de Zeus, alors que contrefait, cagneux, bancal, de l’entrepont tu sors, titubant dans les fumées de l’herbe des Lotophages, tu n’es certes pas le premier à comprendre les subtiles ruses d’Ulysse. Lâche, hypocrite, après 18 ans, à l’eau encore tu sautes, lorsqu’aux rameurs Périmède commande de nager. Pourtant, par ta langue, si tu en avais deux, ce héro s’avouerait vaincu. Et à l’origine des malheurs de tes compagnons git toujours une de tes maladresses.

Tes deux coupes de divinité ne t’empêchent pas, embrumé de sommeil, de te jeter du haut de la citadelle de Circé. (Les fils d’Esculape, aujourd’hui de ton malheur ont fait un syndrome.) Alors aux enfers, ton ombre, toujours fidèle, vient compliquer encore la mission de cet Ulysse qui fut ton chef. Aux vœux de Circé comme à l’imprudente oraison funèbre du fils de Laërte, de Zeus tu reçois, d’une nouvelle vie, le présent. Mais n’est-ce pas pour encombrer Ulysse d’avantage et, dans l’Odyssée, le remplacer ? Et mourir encore et encore ?

Dans ces quatre textes rédigés successivement en 1908, 1912, 1919 et 1924, Elpénor, le « Charlot de l’Odyssée », va peu à peu prendre toute la place et faire glisser l’épopée vers le burlesque. Canular alors ? Oui par la distance ironique de Giraudoux face au langage savant, la versification grecque et le « gorillage » du langage épique. Mais cet antihéros, « nous conduit à nous interroger sur la validité et la légitimité des légendes épiques […]. Elpénor affirmant avec une grande force de conviction la liberté humaine malgré le sadisme des dieux, nous sortons du canular pour entrevoir une autre dimension à cette œuvre méconnue. »**  (* Homère : Odyssée, Chant X. **Tichit, Michel, L’Odyssée : lecture et intertextualité, Site Présence de la littérature – Dossier Homère, 2009) (voir aussi le site des amis de Jean Giraudoux )

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Courthion Louis – Le Jeune-Suisse

Le Jeune-Suisse - Louis Courthion - Bibliothèque numérique romande - photo Sylvie Savary pied de mazotCourthion Louis – Le Jeune-Suisse : En 1844, dans le Bas-Valais, le mouvement de la Jeune-Europe rencontre un écho auprès des jeunes qui s’opposent à leurs aînés conservateurs. Ainsi Julien Plambuit se réclame de la Jeune-Suisse et aspire à plus de liberté et moins de cléricalisme. Il est amoureux de Ludivine, la protégée du curé Carabot, un conservateur fermement décidé à ce que Ludivine épouse un tenant de la Vieille-Suisse plutôt que Julien. L’amour de Ludivine et de Julien résistera-t-il à une situation qui dégénère ?

Car les bagarres et guerres de clans entre « Jeunes » et « Vieux » se font de plus en plus violentes. Les représailles seront sanglantes et la bataille de la Jeune-Suisse lors du combat du Trient verra le triomphe des idées conservatrices et l’exil des Jeune-Suisse qui ne reviendront en Valais que, des années plus tard, avec les armées fédérales et la défaite de la ligue du Sonderbund. Louis Courthion en profite pour dénoncer le poids des traditions et de la morale qui règnent dans le Valais d’avant l’adoption de sa nouvelle constitution en 1848.

Louis Courthion, né au Châble (Vallée de Bagnes) en 1858, étudie au Collège de Saint-Maurice puis doit s’expatrier à Paris. Il y débute finalement comme journaliste en 1890, comme rédacteur de La Croix Fédérale, organe de la colonie suisse. De retour en Suisse en 1893, où il vit successivement à Lausanne, Bulle et Genève, il travaille dans de nombreux journaux, revues, périodiques. En 1896, il lance le premier numéro du Valais romand, une publication d’opposition qui perdure jusqu’en 1898. En 1897 il publie les Veillées des Mayens, un recueil de légendes inspirées principalement de l’Entremont, puis en 1900, les Scènes valaisannes, dans lesquelles il peint les mœurs montagnardes de la vallée de Bagnes. Collaborateur du Dictionnaire géographique de la Suisse, il participe, en 1915, à la création de la Société d’Histoire du Valais romand. Il décède en 1922. (source de cette biographie: Wikivalais).

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Wallace Edgar – La Chambre n° 13

La Chambre n°13 - Edgar Wallace - Bibliothèque numérique romande - photo Laura Barr-Wells salon à Cragside HouseWallace Edgar – La Chambre n° 13 : S’il vous venait à l’esprit l’idée saugrenue de vouloir effectuer un séjour, même très bref, dans la chambre n° 13 qui tient une si grande place dans ce roman, vous auriez tout intérêt à vous hâter ! Car l’auteur mène son récit tambour battant, et vous aurez du mal à en suivre le rythme : ne commencez pas votre lecture à 23 heures, car vous abrègeriez votre nuit de sommeil sans jamais avoir l’occasion de souffler dans la chambre n° 13 !

Vous verrez s’agiter autour de vous un tourbillon de personnages, des méchants et des gentils, les premiers dotés d’une âme plus noire que de la poix ; les seconds sans cesse victimes des sombres manigances des premiers, jusqu’à ce que… Mais ne vous attardez pas : vous saurez tout après le point de la dernière phrase de la dernière page !

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Pourtalès Guy de – Les Contes du Milieu du Monde

Pourtalès Guy de - Les Contes du Milieu du Monde - Bibliothèque numérique romandePourtalès Guy de – Les Contes du Milieu du Monde : Si l’œuvre du vieil écrivain ne trouve pas de lecteur, est-ce la faute de ses plumes, crayons et encriers ? Doit-il s’en défaire ? Menacée, la plume d’oie prend les choses en main et nous narre les contes qu’elle a transcrit de Madame la Lune dans le Pays du Milieu du Monde. Princes, coqs de clocher, brins de muguet, roi, fille de baron, pèlerins ou portier d’hôtel alpin vont tour à tour nous enchanter et nous raconter leurs histoires, émouvantes, ironiques ou tragiques.
Guy de Pourtalès nous fait, dans ce recueil, la démonstration de son talent. Il est non seulement un romancier, mais aussi un vrai poète et conteur.

(L’auteur et la plume d’oie, Le Pays du Milieu du Monde, Qui perd gagne, Le Coq du clocher, Tristesse de la Beauté, Gaspar des Fontaines, Le Grain de Tabac, Bijou, Le Mariage du fantôme, Le remonteur de pendules, Les trois pèlerins de Chartres, Histoire du brin de Muguet, Une histoire de la montagne, La Fête de la marquise)

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Anet Claude – Mayerling

Anet Claude - Mayerling - Bibliothèque numérique romandeAnet Claude – Mayerling : Marie Vetsera, une jeune baronne, fait son entrée dans le monde. En elle, nous décrit Claude Anet, « les grâces des deux âges se mêlent » : « le sérieux de l’enfance » et « le triomphe de la femme ». Rodolphe de Habsbourg, le prince héritier de l’empire austro-hongrois, le fils unique de l’empereur François-Joseph et de l’impératrice Élisabeth (Sissi) est mal marié. Il se console par des aventures faciles et se morfond dans un gouvernement profondément conservateur où, libéral, il fait de la figuration. Entre Rodolphe et Marie que tout sépare – ils ne peuvent même pas être présentés l’un à l’autre – naît un amour désespéré et sans issue qui les emportera vers leur destin et la mort à Mayerling.

En 1930, ces événements sont encore présents à la mémoire de bien des gens. Confronté à sa mort prochaine, l’auteur nous livre de ce drame une chronique de journaliste, sans fioriture, presque sèche, d’une écriture courte et brisée, composée de tableaux, où, par touches successives, transparait la passion qui unit l’archiduc et sa maîtresse, amants prêts à tout pour être ensemble et ne jamais se quitter ! À l’urgence d’écrire de l’auteur correspond la fébrilité de cette passion, elle aussi sans issue. Sans avoir l’air d’y toucher, dans un rythme narratif épuré, Claude Anet nous propose un roman où la mort de ces Romeo et Juliette modernes est étouffée par la préservation des convenances et la raison d’État… et qui vaut mieux que ses adaptations cinématographiques ! Claude Anet meurt, lui, d’une septicémie généralisée en janvier 1931…

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Roorda Henri – On ne badine pas avec l’Infini

Roorda Henri - On ne badine pas avec l'infini - Bibliothèque numérique romandeRoorda Henri – On ne badine pas avec l’Infini : Ces chroniques, publiées dans La Tribune de Genève et la Gazette de Lausanne, de 1917 à 1925, sous le pseudonyme de Balthasar, sont de vraies perles. Désopilantes ou mélancoliques, burlesques ou graves, ces chroniques décortiquent nos gestes les plus anodins. La philosophie de Roorda est désabusée mais lucide et d’une grande fraîcheur. Son bon sens faussement naïf (Un mauvais jour : le 12), son antimilitarisme primaire, ses moments délirants (La science des Pharaons), sa poésie douce (Les saisons indisciplinées), son sens de l’absurde poussé à l’extrême (L’univers n’est pas mal fait), ses jeux de mots (Vichnou la paix) et ses néologismes inventifs (Pantosophe, Johnboulimie), ses railleries jamais vraiment méchantes, tout chez Roorda transpire l’humour, l’intelligence et une observation de l’humain exacerbée. À déguster en lisant La Fondue et la Raclette ou Les Cacahuètes !

Professeur de mathématiques, Henri Roorda (1870-1925) se définissant lui-même comme un pessimiste joyeux ou un humoriste anarchiste, critique la société des bien-pensants et petits-bourgeois, se moque du monde politico-social et économique, et imagine des mondes nouveaux en véritable visionnaire du début de XXe siècle : une école pour sexagénaires afin de rendre aux enfants leur liberté, le choix pour chacun de choisir le moment de sa mort, la révolution du monde grâce à la benzine, nos futures identités numériques, le changement des rapports hommes-femmes.

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