Historique

Ramuz Charles Ferdinand – La Guerre aux Papiers

Ramuz Charles Ferdinand - La Guerre aux Papiers - Bibliothèque numérique romande - Awesomoman Photo de feuRamuz Charles Ferdinand – La Guerre aux Papiers : « Ce fut une belle soirée : la Révolution dans le pays en avril 1802, quand on faisait la guerre aux papiers ».

Dans son dernier roman, paru en 1942, Charles Ferdinand Ramuz narre la révolte des Bourla-Papey (en patois franco-provençal vaudois : « Brûle-Papiers »), qui eut lieu en 1802 en terre vaudoise, dans le sillage de la Révolution française. Afin de lutter contre un retour aux anciens droits féodaux (prélèvement de la dîme notamment), des groupes de paysans de divers villages s’unissent pour procéder à la destruction de nombreuses archives seigneuriales et communales.

Charles Ferdinand Ramuz est né en 1878 à Lausanne, en Suisse, de parents commerçants. Après des études de lettres à Lausanne, il part pour Paris, où il séjournera régulièrement jusqu’en 1914, tout en participant à la vie littéraire romande. En 1903 il publie Le petit village, un recueil de poèmes. Son premier roman, Aline (1905), est un succès. Suivront jusqu’en 1911 des romans centrés sur un personnage (dont Vie de Samuel Belet, Aimé Pache, peintre vaudoisJean-Luc persécuté).  En 1914, il revient vivre définitivement en Suisse. Il fonde les Cahiers vaudois avec Edmond Gilliard et Paul Budry. Avec La guerre dans le Haut-Pays (1915), Le règne de l’esprit malin (1917), La guérison des maladies (1917), il renonce au roman explicatif pour décrire des communautés aux prises avec les forces du mal, la guerre, la fin du monde. Il développe une nouvelle langue plus proche du langage parlé – au grand dam des puristes – abandonnant la narration linéaire et introduisant le « on » comme l’expression d’une collectivité.

Les années d’après guerre sont marquées par les difficultés financières. En 1924, Ramuz signe un contrat chez l’éditeur Grasset. C’est entre 1926 et 1937 que paraissent les grands romans tels que La grande peur dans la montagne (1925-26), La beauté sur la terre (1927), Farinet (1932), Derborence (1934), Le garçon savoyard (1936), Si le soleil ne revenait pas (1937). Le Grand Prix Schiller lui est remis en 1936. Lorsque son ami et éditeur lausannois Henry-Louis Mermod lui propose la publication de ses œuvres complètes en 1940-41, Ramuz relit et corrige tous ses textes. Il décède en 1947 à Pully près de Lausanne.

Plusieurs de ses romans feront l’objet d’adaptations cinématographiques. (source de cette biographie Wikipedia).

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Ramuz Charles Ferdinand – Farinet ou la fausse monnaie

Ramuz Charles Ferdinand - Farinet ou la fausse monnaie - Bibliothèque numérique romande - photo Sylvie SavaryRamuz Charles Ferdinand – Farinet ou la fausse monnaie : Farinet est en prison à Sion pour délit de fausse monnaie en Italie. Il s’en échappe et retourne dans son village de Mièges près de Sierre où il reprend son activité clandestine. Il tient d’un vieux montagnard le secret de mines d’or d’où il tire le métal précieux sous forme de poudre. Anarchiste et charmeur, ce n’est pas un simple faux-monnayeur: il a des idées très élevées justifiant son activité: la liberté individuelle est plus importante que l’État et les lois. Il reproche au gouvernement la mauvaise qualité de ses pièces d’or, alors que les siennes sont d’un meilleur alliage. Plutôt que de vendre son or en poudre, il fabrique des pièces pour avoir «une chose pas seulement d’aujourd’hui, ni d’hier ou de demain, mais de toujours». Ses concitoyens, à qui il donne nombre de ses pièces, l’admirent, le protègent, l’aident à berner les gendarmes. Mais ceux-ci ne l’entendent pas de cette oreille, et la traque se terminera haut dans la montagne, au bord de l’abîme. Publié en 1932, ce roman est basé sur la vie du vrai Joseph-Samuel Farinet (1845-1880), contrebandier et faux-monnayeur, devenu une légende en Valais pour sa lutte contre l’étatisme et ses aberrations.

Charles Ferdinand Ramuz est né en 1878 à Lausanne, en Suisse, de parents commerçants. Après des études de lettres à Lausanne, il part pour Paris, où il séjournera régulièrement jusqu’en 1914, tout en participant à la vie littéraire romande. En 1903 il publie Le petit village, un recueil de poèmes. Son premier roman, Aline (1905), est un succès. Suivront jusqu’en 1911 des romans centrés sur un personnage (dont Vie de Samuel Belet, Aimé Pache, peintre vaudoisJean-Luc persécuté).  En 1914, il revient vivre définitivement en Suisse. Il fonde les Cahiers vaudois avec Edmond Gilliard et Paul Budry. Avec La guerre dans le Haut-Pays (1915), Le règne de l’esprit malin (1917), La guérison des maladies (1917), il renonce au roman explicatif pour décrire des communautés aux prises avec les forces du mal, la guerre, la fin du monde. Il développe une nouvelle langue plus proche du langage parlé – au grand dam des puristes – abandonnant la narration linéaire et introduisant le « on » comme l’expression d’une collectivité.

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Huguenin Oscar – Maître Raymond de Loeuvre

Huguenin Oscar - Maître Raymond de Loeuvre - Bibliothèque numérique romande - Yves Häusermann Depuis les hauts de Peseux, BoudryHuguenin Oscar – Maître Raymond de Loeuvre : Un maître d’école de Boudry, au 16e siècle, né dans le Gard dans le sud de la France ? C’est ce que mentionnent des archives de Boudry qu’a exhumées Oscar Huguenin.  C’est qu’en effet, en 1545, le roi François Ier a demandé au Parlement de Provence d’exécuter l’arrêt rendu quelques années auparavant contre les colonies « vaudoises » (huguenotes) de la région de Mérindol et de Cabrières. Une expédition fut montée et, selon un historien, l’abbé Moréty, près de trois mille personnes moururent à l’occasion du sac de Cabrières. « Le reste de ces misérables Vaudois qui s’étaient sauvés dans les bois, y moururent presque tous de faim, à la réserve des plus robustes qui se retirèrent à Genève et dans les cantons protestants. ».

C’est sur ce fond historique qu’Oscar Huguenin, reconstruit de manière romancée, le destin de Raymond de Lœuvre, ce maître d’école qui, échappé à ces massacres, s’établit à Boudry où il reçut charge d’enseignement et s’intégra à la vie locale. Un livre « engagé » d’Oscar Huguenin qui démontre encore qu’il est un excellent conteur.

Oscar Huguenin est né à la Sagne, en 1842, dans une famille d’horlogers. Doué pour les études et le dessin, il devint néanmoins horloger comme ses parents jusqu’à l’âge de 18 ans. Le pasteur de sa paroisse le décide alors à faire des études d’instituteur. Dès lors, il partage sa vie entre l’enseignement et le dessin, sa passion. Des soucis de santé l’obligent à marquer le pas. Il se plonge dans la lecture : Töpffer, Cooper, Erckmann-Chatrian, Jérémias Gotthelf et surtout Charles Dickens, son auteur favori. Devenu professeur de dessin et installé avec sa famille à Boudry, dans le climat plus clément du bord du lac de Neuchâtel, il étudie les archives de la commune et publie, à 42 ans, son premier roman, l’Armurier de Boudry. Il écrira de nombreux romans décrivant « l’ancien temps », dont l’action est souvent située à la Sagne. La maladie finit par triompher et il décède en 1903.

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Bakounine Michel – Les Ours de Berne et l’Ours de Saint-Pétersbourg

Bakounine Michel - Les Ours de Berne et l'Ours de Saint-Pétersbourg - Bibliothèque numérique romande - Félix Vallotton portraitBakounine Michel – Les Ours de Berne et l’Ours de Saint-Pétersbourg : Dans cet essai, Bakounine se met dans la peau d’un patriote suisse déçu de constater que sa patrie obéit à des ordres d’expulsion de dictatures étrangères. Il cite trois exemples dans l’actualité de l’époque où la Suisse pourchasse et expulse des personnes venues chercher asile en Suisse, sur demande de gouvernements étrangers. Avec une grande ironie, Bakounine décrit ces cas où les principes mêmes de la République helvétique sont bafoués : « Aura-t-il (le gouvernement suisse) vraiment le courage de le livrer au tsar de Russie ? Nous allons lui donner un conseil : Qu’il le jette plutôt dans la fosse aux ours de Berne. Ce sera plus franc, plus honnête, plus court, et surtout plus humain. »

Puis il s’interroge sur l’efficacité démocratique du parlementarisme et de la « nouvelle » constitution helvétique de 1848 qui instaure le fédéralisme plutôt qu’une confédération d’états plus ou moins autonomes. Après 1848, une fois le suffrage universel établi, on crut avoir assuré la liberté des populations. Eh bien, ce fut une grande illusion ! En effet tout le mensonge du système représentatif repose sur cette fiction, qu’un pouvoir et une chambre législative sortis de l’élection populaire doivent absolument ou même peuvent représenter la volonté réelle du peuple. Mais les instincts de ceux qui gouvernent sont, à cause même de leur position exceptionnelle, diamétralement opposés. Quels que soient leurs sentiments et leurs intentions démocratiques, de la hauteur où ils se trouvent placés ils ne peuvent considérer la société autrement que comme un tuteur considère son pupille. Mais entre le tuteur et le pupille l’égalité ne peut exister. D’un côté, il y a le sentiment de la supériorité, inspiré nécessairement par une position supérieure ; de l’autre, celui d’une infériorité qui résulte de la supériorité du tuteur, exerçant soit le pouvoir exécutif, soit le pouvoir législatif. Une question qui reste d’actualité encore aujourd’hui…

Bakounine reconnait que 1848 a apporté une centralisation économique et politique nécessaire, mais il en mesure les inconvénients. Évoquant les soulèvements populaires qui, canton par canton, portèrent au pouvoir les radicaux, il écrit : Ces révolutions , ces soulèvements populaires telle est encore aujourd’hui l’unique forme de contrôle qui existe réellement en Suisse, l’unique borne qui arrête le débordement des passions ambitieux. En détruisant l’autonomie des cantons, en subordonnant les gouvernements cantonaux au pouvoir fédéral. Désormais, les révolutions cantonales, ce moyen unique dont disposaient les populations cantonales pour exercer un contrôle réel et sérieux sur leurs gouvernements, et pour tenir en échec les tendances despotiques inhérentes à chaque gouvernement, ces soulèvements salutaires de l’indignation populaire, sont devenues impossibles. En effet aujourd’hui, le Conseil fédéral a non seulement le droit, il a le devoir d’y envoyer autant de troupes fédérales, prises dans les autres cantons, qu’il sera nécessaire pour rétablir l’ordre public.

Tout pouvoir politique, quelle que soit son origine et sa forme, tend-il nécessairement au despotisme ? c’est l’opinion de l’anarchiste Bakounine. Il faut abolir complètement, écrit-il, dans le principe et dans les faits, tout ce qui s’appelle pouvoir politique ; parce que tant que le pouvoir politique existera, il y aura des dominateurs et des dominés, des maîtres et des esclaves, des exploiteurs et des exploités. Le pouvoir politique une fois aboli, il faut le remplacer par l’organisation des forces productives et des services économiques.

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Scott Walter – Redgauntlet (partie 2)

Scott Walter - Redgauntlet 2 - Bibliothèque numérique romande - Ed Scheffter - Lilias ramassant le gant au couronnementScott Walter – Redgauntlet (partie 2) : Darsie Latimer est porté disparu à la suite de l’affaire des pêcheries du quaker Josué Geddes. Alain Fairford a interrompu sa plaidoirie en faveur du malheureux Pierre Peebles pour partir au secours de son ami. Mais il ne rencontre, dans le comté de Dumfries, que peu de collaboration de la part d’autorités judiciaires plus préoccupées de composer entre whigs et jacobins que de rechercher Darsie. Il réussit cependant à obtenir une lettre d’introduction pour Redgauntlet. Mais celle-ci va l’entraîner dans une aventure où il devra s’en remettre à des contrebandiers, à un capitaine qui parle latin, à des demoiselles catholiques et charitables, à un curieux père Bonaventure et enfin à un aubergiste très débrouillard ! Darsie, de son côté, éclaircit peu à peu les mystères de sa famille. Malgré sa captivité et un déguisement bien encombrant, parviendra-t-il à comprendre les machinations de Redgauntlet ? Et lequel, de Darsie ou d’Alain, pourra-t-il conquérir les faveur de la belle et mystérieuse Lilias si proche de Redgauntlet ?

La conclusion, au bord du golfe de Solway, ne manquera pas de style : honneur et parole donnée, rébellion ou exil, traitrise et meurtre, pardon et rédemption vous feront tour à tour craindre et espérer pour les héros de cette histoire… Heureusement que Willie, le violoniste aveugle, est là pour prévenir du danger par des airs écossais pleins de sens !

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Scott Walter – Redgauntlet (partie 1)

Scott Walter - Redgauntlet 1 - Bibliothèque numérique romande - Godefroy Durand Redgauntlet à chevalScott Walter – Redgauntlet (partie 1) : Mais qui est Darsie Latimer ? Élevé tout jeune par sa mère en Angleterre, puis, à son décès,  dans un collège d’Édimbourg, il ne connait ni son père ni ses parents. Seules choses certaines : sa pension, qu’il reçoit chaque mois d’un avoué de Londres, et la fortune confortable qu’il touchera  à ses vingt-cinq ans. Peu intéressé par des études de droit contrairement à son ami Alain Fairford, il décide de voir du pays. Son tuteur londonien n’y met qu’une seule limite, celle de ne pas revenir en Angleterre. Il visite donc, en Écosse, le comté de Dumfries. Séparé  du Cumberland anglais par le golfe de Solway, c’est une région de contrebandiers et de passeurs, « des espèces de diables amphibies, qui ne vivent ni sur terre ni dans l’eau, qui ne sont ni anglais ni écossais », et qui échappent aux lois.

Dans l’ambiance particulière de ce pays de pêcheurs, Darsie va de surprises en surprises. Sauvé de la noyade par un pêcheur de saumon mystérieux, Darsie découvre un hameau au fond d’une gorge, puis l’exploitation d’un quaker industrieux qui gère une pêcherie révolutionnaire et enfin un joueur de violon vagabond avec lequel il animera un bal. Mais un volcan couve sous ces paysages paisibles. La répression qui a suivi la rébellion jacobite de 1745 n’a pas éteint tous les espoirs indépendantistes et le mécontentement couve …  Darsie en fera les frais et, par contagion, son ami Alain, qui mettra en péril un début de carrière prometteuse…

…Et n’oublions pas l’histoire de Steenie Steenson, qui affronta fantômes et diable pour récupérer le reçu de son fermage auprès de son maître défunt, conte repris par Alfred de Musset dans sa pièce, La Quittance du Diable !

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Staël Germaine de – Dix années d’exil

Staël Germaine de - Dix années d'exil - Bibliothèque numérique romande - portrait de Vladimir BorovikovskyStaël Germaine de – Dix années d’exil : «Trouvez-vous que mes enfants et moi sommes faits pour planter des choux à Coppet sans rien faire de nos esprits ni de nos âmes?» (Madame de Staël à Camille Jordan, 1er novembre 1810, Diesbach 471). La colère de la célèbre baronne n’a d’égale que son désespoir face aux circonstances tragiques qui entourent la publication de De l’Allemagne. Alors qu’elle travaille aux corrections du troisième volume à Chaumont-sur-Loire, en septembre 1810, l’œuvre, jugée suspecte par la police de Napoléon, est supprimée et mise au pilon. Son auteure, déjà interdite de séjour à moins de quarante lieues de la capitale, est expulsée de France et bannie de tous les territoires sous domination française, hormis Coppet et Genève. Cette condamnation tombe comme un couperet. Assignée à résidence dans sa propriété des bords du Léman, privée de son brillant salon et étroitement surveillée par les sbires de l’Empereur, l’illustre châtelaine devient du jour au lendemain une pestiférée qu’il est dangereux de fréquenter. Ses plus fidèles amis en feront l’amère expérience. Coppet, qui avait été pour elle un havre sous la Révolution, Coppet, dont elle avait fait le plus important think tank de la pensée européenne, est désormais une prison où elle se morfond, malgré la présence de ses enfants et celle de John Rocca, son nouvel et jeune amant.

Abattue, mais non point vaincue, l’irréductible adversaire de Napoléon riposte en complotant sa fuite en Angleterre. En attendant les passeports, qui tardent à venir, elle entame Dix années d’exil. Ces mémoires, inachevées, ne seront publiées qu’en 1821, soit six ans après sa mort. Elles comprennent deux parties. La première, ébauchée à Coppet en 1811, couvre la période 1800-1804. L’auteure y dénonce le despotisme naissant de Bonaparte et les persécutions dont elle fut la victime. La deuxième, rédigée à Stockholm vers la fin de 1812, est moins polémique. Madame de Staël saute six années de sa vie pour relater « à chaud » son extraordinaire évasion de Coppet le 23 mai 1812. Accompagnée de sa fille Albertine et de deux serviteurs, l’intrépide femme de lettres est rejointe en route par ses fils Auguste et Albert, leur tuteur, Auguste Schlegel, ainsi que Rocca. Les ports de la Manche leur étant fermés, ils sont obligés d’effectuer un immense détour qui les force à traverser toute l’Europe en guerre et les entraîne, via l’Autriche, la Bohème, la Moravie et la Pologne, jusqu’à Kiev, Moscou et Saint-Pétersbourg. Précédée de sa gloire littéraire, mais talonnée par la Grande armée en marche, l’auteure de Delphine et Corinne se hâte de ville en ville, où elle est à chaque fois accueillie comme une célébrité. C’est ironiquement en Russie, où survit le servage, qu’elle recouvre la liberté. Là n’est pas le moindre paradoxe de ce pays qui la fascine par son immensité, sa piété, ses coutumes orientales et son fervent patriotisme. À Saint-Pétersbourg, où elle est présentée à la cour impériale, elle forge des liens personnels avec le tzar Alexandre I, qui la traite en égale et aborde avec elle les grandes questions européennes. Son récit s’interrompt brusquement en septembre 1812, alors qu’elle et les siens s’apprêtent à rejoindre la Suède, d’où ils gagneront Londres en juin 1813.

Dans ces mémoires où elle mêle étroitement son destin personnel à celui de la Nation et de l’Europe tout entière, Madame de Staël (ou son fils Auguste, qui fit des coupes importantes dans le manuscrit pour préserver la réputation de sa mère) ne nous dit évidemment pas tout. Elle tait par exemple la naissance secrète de son cinquième enfant, qui retarda de neuf mois son évasion ; elle passe aussi sous silence son mariage clandestin à John Rocca, ainsi que sa présence à ses côtés durant tout le périlleux voyage. Dans la liste de ses griefs contre Napoléon, elle minimise également l’influence considérable qu’elle-même exerça dans l’opposition, tout comme elle élude plus tard son rôle dans les pourparlers qui conduisirent la Suède et la Russie à rejoindre la sixième coalition contre la France. Malgré ces lacunes et omissions, cette autobiographie offre un aperçu passionnant sur une vie et une époque mouvementées. Madame de Staël y démontre avec éclat que les exils répétés dont elle fut l’objet, loin de la réduire au silence et à l’oubli, contribuèrent grandement à accroître sa notoriété et sa sphère d’influence sur la scène politique internationale. [Sources : Ghislain de Diesbach, Madame de Staël (Perrin 1983) ; Madame de Staël, Dix années d’exil. Édition critique par Simone Balayé et Mariella Vianello Bonifaccio (Fayard 1996) ; Michel Winock, Madame de Staël (Fayard 2010).]

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Scott Walter – Ivanhoé

Scott Walter - Ivanhoé - Bibliothèque numérique romande - Eugène Delacroix Rébecca enlevée par le templierScott Walter – Ivanhoé : Wilfred d’Ivanhoé, fils du noble saxon Cédric, est épris de la pupille de son père Lady Rowena. Mais Cédric, ferme partisan du retour sur le trône d’Angleterre de la race saxonne, pense marier Rowena à Atelsthane, chevalier saxon de sang royal. Il exile son fils Ivanhoé qui part pour la Croisade avec Richard Coeur de Lion dont il gagne la confiance, l’estime et l’affection. En l’absence de son frère, le Prince Jean veut s’emparer du trône… Paru en décembre 1819, Ivanhoé est le premier roman de l’écrivain écossais Walter Scott consacré au Moyen Âge. Il fait partie des Waverley Novels.

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Chateaubriand François-René de – Mémoires d’Outre-tombe (tome III)

Chateaubriand - Moémoires d'Outre-tombe 3 - Bibliothèque numérique romande - Louis-François, Baron Lejeune bataille de MoscouChateaubriand François-René de – Mémoires d’Outre-tombe (tome III): « Si Napoléon en avait fini avec les rois, il n’en avait pas fini avec moi », proclame Chateaubriand au début de ce troisième tome des Mémoires d’outre-tombe. Le propos peut paraître exagéré, même de la part d’un auteur qui n’a jamais péché par excès de modestie. Toujours est-il qu’entre son retour de Jérusalem en 1807 et la chute de l’Empire en 1815, l’écrivain devient l’une des plus redoutables figures de l’opposition.

En 1807, alors que Napoléon est au faîte de sa gloire, Chateaubriand fait paraître dans le Mercure plusieurs articles où il dénonce le despotisme de l’État : il ose même comparer l’Empereur à Néron. Cette témérité lui vaut aussitôt les foudres de Napoléon qui supprime la revue et menace l’auteur d’arrestation Forcé de quitter la capitale, Chateaubriand achète à vil prix la propriété de la Vallée-aux-Loups, près de Sceaux, qu’il entreprend de rénover. C’est durant cet exil involontaire qu’il compose son épopée en prose, les Martyrs. Elle sera violemment attaquée dans les journaux lors de sa parution en 1809. La même année survient un nouvel événement qui le brouille une fois de plus avec le pouvoir. Son cousin, Armand de Chateaubriand, qui sert d’intermédiaire clandestin aux Princes en exil, est arrêté pour conspiration. Obligé de ravaler sa fierté, l’écrivain va plaider la cause de son parent auprès de Fouché, le ministre de la police de Napoléon. En vain. Le Vendredi saint au petit matin, il apprend, une heure trop tard, qu’Armand vient d’être sommairement exécuté.

En 1811, de retour à Paris, Chateaubriand fait paraître son Itinéraire de Paris à Jérusalem. L’ouvrage, chaleureusement accueilli par le public et la critique, marque pourtant la fin de sa carrière littéraire proprement dite. À la même époque, l’Empereur, soucieux de sa propre renommée, cherche à se concilier le célèbre auteur et le fait nommer à l’Académie française. L’usage veut alors que le nouvel immortel fasse non seulement l’éloge de son prédécesseur, mais celui de l’Empereur. Or, Chateaubriand a bien des défauts, mais il n’a jamais été le laquais de personne. Il compose un discours de réception où les allusions à la liberté bafouée sont légion. Napoléon, à qui on a soumis le texte, en supprime rageusement toute une partie et exige de profondes révisions. Chateaubriand, outré, refuse, préférant renoncer avec éclat à un fauteuil auquel, en réalité, il ne tient guère. Le 4 septembre 1812, après divers démêlés avec le pouvoir, l’écrivain est prié de s’éloigner à nouveau de la capitale. C’est donc à Dieppe qu’il reprend ses Mémoires pour les transformer peu à peu en une vaste fresque historique. La figure de l’Empereur, dont il se veut le nouveau Tacite, y tient une place prépondérante.

Napoléon, qu’il considère comme son frère ennemi et son plus grand rival, a véritablement hanté Chateaubriand, qui lui consacre tout le reste du volume. Au génie conquérant du vainqueur d’Arcole et d’Austerlitz, le mémorialiste oppose son génie d’écrivain et d’intellectuel qui a lui-même marqué l’histoire de son temps. En Napoléon, qu’il admire pour son audace, son endurance et sa ténacité, Chateaubriand ne voit ni l’héritier de la Révolution ni le réformateur avisé de l’État, mais un nouvel Attila, assoiffé de pouvoir et de sang. Cette biographie, dessinée à grands traits vigoureux, présente des aperçus fascinants sur la jeunesse de Bonaparte ; elle offre aussi des pages visionnaires sur les massacres de Jaffa, les campagnes d’Espagne et de Russie et sur la chute de l’Empire. Le tome III s’achève en 1815, à la veille de Waterloo, au moment où Chateaubriand s’apprête à entamer sa troisième carrière, celle qu’il prise par-dessus tout : la carrière politique. [Sources : Ghislain de Diesbach, Chateaubriand (Perrin 1995) ; Jules Lemaître, Chateaubriand (Calman-Levy 1912).]

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Dickens Charles – Un Conte de deux Villes

Dickens Charles - Un Conte de deux Villes - Bibliotèque numérique romande - Prise de la Bastille AnonymeDickens Charles – Un Conte de deux Villes (dans une traduction d’Emmanuel Bove) : « C’était le meilleur des temps, c’était le pire des temps ; c’était l’âge de la sagesse, c’était l’âge de la folie ;… » Ainsi débute cette fresque historique mêlant les destins personnels à la Révolution française. En 1775, Jarvis Lorry, employé d’une banque londonienne, se rend à Paris avec Lucie Manette pour ramener en Angleterre le père de celle-ci, le docteur Alexandre Manette, embastillé à tort pendant 18 ans et tenu pour mort. Un couple d’aubergistes du quartier de St-Antoine (futur berceau des soulèvements populaires) héberge le docteur Manette depuis sa libération, mais le pauve homme a perdu la raison. Sa fille jure de se consacrer à sa guérison une fois de retour à Londres. Charles Darnay, son amoureux, la soutient et la protège. Lorsqu’il se fiance avec Lucie, Charles avoue au docteur Manette ses véritables origines – un secret qu’il lui fait jurer de ne jamais révéler. Mais l’Histoire le rattrapera…

Au fil de ce « Conte », les drames personnels vont se croiser à distance avant de se trouver liés par la grande Histoire et l’incandescence de la Révolution. Dickens écrivit ce roman alors même que sa vie personnelle et professionnelle était en pleine tourmente. Il le publia sous forme de feuilleton en 1859 dans la revue All the Year Round qu’il venait de fonder. Le succès fut immédiat. Vendu à plus de deux cents millions d’exemplaires, c’est l’une de ses œuvres les plus populaires, qui fut adaptée de nombreuses fois pour l’écran et le théâtre. La traduction, signée Emmanuel Bove, fut publiée pour la première fois dans la revue Regards en 1936 et reprise par les Éditions Criterion en 1991. (titres dans d’autres traductions : 1989 : Le Conte de deux cités ou, 1861 : Paris et Londres en 1793.)

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