Littérature d’Oc et de Rhône

Varlet Théo – Le Démon dans l’Âme

Varlet Théo - Le Démon dans l'Âme - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Paysage du haut HéraultVarlet Théo – Le Démon dans l’Âme : Au début de l’année 1914, un jeune couple amoureux, Étienne et Ida Serval, vit dans le sud de la France un bonheur facile avec un groupe d’amis un peu marginaux. Quand survient la première guerre mondiale, Étienne, en raison de sa nationalité belge, échappe à la mobilisation. Lui et Ida pensent pouvoir poursuivre leur vie retirée et simple. Mais ils s’enferment dans leur bonheur privilégié en se coupant petit à petit de tous leurs amis et des habitants du village. Et leur relation, si fusionnelle, va se dégradant… Étienne, obnubilé par son écriture et la création d’une compagne à son image, ne voit pas Ida dépérir, d’abord à cause du décès de sa mère, puis par ennui et isolement. La santé mentale d’Ida ne résiste pas. Des hallucinations et des délires la laissent dans une passivité insupportable à Étienne. Il entreprend tout ce qui est en son pouvoir pour l’entourer et la faire soigner. Mais il ne supporte bientôt plus cette épouse qui n’est plus que l’ombre d’elle-même et qu’il surnomme d’ailleurs « la Morte ». Le démon quittera finalement progressivement, de lui-même, l’âme d’Ida, laissant marqués les deux protagonistes, bien loin de leur insouciance et de leur joie de vivre initiales. Quand l’armistice arrive, le pays est dévasté… et la vie du couple aussi.

Les deux entités, la guerre et le couple, sont traités en parallèle tout au long du roman : « Le Démon de l’âme » déchire le pays, met à mal la raison d’Ida et bouscule l’égoïsme d’Étienne.

Théo Varlet, pseudonyme de Duodat Serval, a publié plusieurs romans de science-fiction, mais « Je me trompais. Je croyais au progrès, à la civilisation… Des rêves ! Il n’y a pas de progrès. La bête humaine est toujours pareille. C’est la loi fatale : les peuples doivent s’entre-dévorer, au lieu de s’unir pour l’œuvre commune. » D’après J.-H. Rosny aîné, Théo Varlet est « un visionnaire, un coureur d’univers, et de toutes manières, un des plus beaux talents de sa génération ».

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Soulié Frédéric – Le Vicomte de Béziers (tome 2)

Soulié Frédéric - Le Vicomte de Béziers 2 - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Rivage en direction de MaguelonneSoulié Frédéric – Le Vicomte de Béziers (tome 2) : L’assemblée des chevaliers convoquée à Montpellier par Roger, le vicomte de Béziers est compromise par les manœuvres du clergé. Déconsidéré, le vicomte perd bien des alliés et bien des vassaux. La croisade commence par Béziers. Elle y sera sanglante. Réfugié derrière les murailles de Carcassonne, Roger tient en échec Simon de Montfort et les croisés qui ne sont liés par leurs vœux que pour une période déterminée. Le découragement les gagne alors que  les chefs de la croisade  refusent la médiation proposée par Pierre d’Aragon. Ultime solution, ils tentent la trahison. Les assiégés renoncent alors à la lutte et leur échappent par un incroyable subterfuge. Heureusement Roger a gardé bien des amis. Foë, Catherine, et  Agnès se sont réconciliées et ces dernières se sont lancées dans une aventureuse expédition  pour le sauver.  Et ses fidèles, menés par Buat, organisent un coup de main. Leur ruse réussit mais Roger a-t-il éclairci toutes les incompréhensions qui se sont accumulées avec ses proches ?

Ce second tome du Vicomte de Béziers poursuit la fresque historique sur la croisade albigeoise que Frédéric Soulié évoque également dans « Le Comte de Toulouse ».

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Soulié Frédéric – Le Vicomte de Béziers (tome 1)

Soulié Frédéric - Le Vicomte de Béziers 1 - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Béziers depuis FoncérannesSoulié Frédéric – Le Vicomte de Béziers (tome 1) : Au début du 13e siècle, dans ce qui est aujourd’hui l’Occitanie, va fondre la Croisade contre les Albigeois. Trois seigneurs suzerains s’affrontent : Roger, le vicomte de Béziers et seigneur de Carcassonne, Pierre, le roi d’Aragon et comte de Montpellier, et enfin le Comte de Toulouse. Ces derniers ont conclu une entente secrète avec les éléments les plus radicaux du clergé, tel le moine Dominique ainsi qu’avec Mison, le nouveau nonce du Pape Innocent III, pour dépouiller Roger de ses terres et se les approprier dans le contexte de la croisade que prêche Innocent III. Le prétexte ?  Roger protège les hérétiques sur ses terres. C’est que la réforme progresse alors que le clergé semble se préoccuper uniquement de richesses matérielles. Couvents et évêques ont racheté les droits de justice des seigneurs lorsqu’ils étaient aux Croisade ou à la faveur de leurs difficultés pécuniaires. Et il ne fait pas bon, sous les tribunaux ecclésiastiques d’être accusé d’hérésie. Roger, qui ne voit pas tout de suite le piège tendu, comprendra peu à peu l’étendue de la machination en se rendant à Montpellier pour les huit jours de la « foire libre ». Mais il rencontre sur les routes bandits et ennemis… Pourra-t-il avertir l’assemblée des seigneurs du danger qui attend la région ?

Ce premier tome du Vicomte de Béziers est le début d’une fresque historique sur la croisade albigeoise que Frédéric Soulié évoque également dans « Le Comte de Toulouse ». « Nous ne l’avons pas imaginé, écrit Frédéric Soulié, et nous n’en aurions eu garde. En effet, l’histoire, bien lue, est un si sublime spectacle, que nous avons trop de conscience pour vouloir la plâtrer des sornettes de notre imagination. Ce que nous tentons c’est d’amasser dans ce livre, comme dans une représentation à bénéfice, les bons acteurs et les belles scènes. Et puis, s’il faut tout dire, cette histoire est celle du pays de l’auteur, et il se garderait bien d’en effacer ou d’en changer un trait, comme il se croirait sacrilège de toucher à un portrait de famille ; car, c’est un si doux plaisir de raconter en prononçant des mots d’enfance, d’écrire Toulouse, Montpellier, Foix, Carcassonne, où on a vécu. »

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Rinaudou Daniel – Ouchchen et Boumohand

Rinaudou Daniel - Ouchchen et Boumohand - Bibliothèque numérique romande - Véronique Pagnier - Cerisiers en LubéronRinaudou Daniel – Ouchchen et Boumohand : Ventabel, un village tranquille du Luberon… Un soir de novembre, dans les années cinquante. Le car de Cavaillon dépose une étrangère devant le café du village. Vêtue de noir, plus toute jeune, elle cherche une chambre pour quelques jours. Une chambre à Ventabel ? Pour une femme que personne ne connaît ?

Simon va se proposer, un peu par défi. Apprenti boulanger, il vit seul depuis la mort de sa mère dans une bastide à quelques kilomètres du village. Et la bastide est bien grande quand on est seul. La femme parle le français avec un léger accent anglais et s’appelle Leslie Shark. Au fil des semaines, sa présence pourtant discrète bouscule l’existence de Simon et sème l’émoi parmi les villageois. À leur étonnement succèderont rapidement les commérages, les soupçons, la jalousie…

Qu’importe ! Avec le temps, Leslie et Simon apprennent à mieux se connaître et à s’apprécier. Simon ne sait rien des femmes. Il va découvrir l’amour mais aussi la tristesse immense qui engloutit peu à peu son amie. Elle lui raconte des bribes de sa vie, et il n’imagine plus la bastide sans elle. Mais elle porte un lourd secret… Ses nuits sont hantées de cauchemars d’où émergent des mots étranges : Smara, ouchchen, boumohand, Alison… Le besoin impérieux de comprendre entraînera alors Simon dans une recherche désespérée, une quête fébrile au delà des mers, sur les traces du tumultueux passé de Leslie.

Un roman passionnant et passionné, empli de senteurs et de lumières du sud – mais aussi la quête d’un passé difficile, qui pourrait rendre à Simon la liberté de vivre et d’aimer.

Né en Provence, Daniel Rinaudou vit maintenant dans l’Orléanais. Ouchchen et Boumohand est son premier roman. Il a ensuite publié un recueil de nouvelles, La route du Levant (2005), et un autre roman, Le secret du Lutrin (2011).

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Valéry Paul – Mauvaises pensées et autres

Valéry Paul - Mauvaises pensées et autres - Bibliothèque numérique romande - Jean-Claude Stehli Nature morte aux oignonsValéry Paul – Mauvaises pensées et autres : Le poète nous livre ici ses Mauvaises pensées, parfois en vrac, des pensées courtes, drôles et percutantes : « Adieu dit le mourant au miroir qu’on lui tend, nous ne nous verrons plus », ou bien « Qu’est-ce qu’un sot ? – Peut-être ce n’est qu’un esprit peu exigeant, qui se contente de peu. Un sot serait-il un sage ? » ; parfois elles sont plus développées, organisées thématiquement, plus philosophiques, sur la beauté, l’amour, la pensée, l’intelligence, la gloire, etc.

« Rien ne me prouve que je ne serai jamais du parti ou de l’opinion adverse. Il y a de la victime dans le bourreau et du bourreau dans la victime, du croyant dans l’incroyant, et de l’incroyant dans le croyant. Il y a de quoi passer de l’un à l’autre ; et c’est peut-être cette puissance de transformation qui est l’essence même du véritable Moi. »

Voici une mine de citations pour dissertations : Valéry sait utiliser les mots et leurs contraires, les faire jouer entre eux pour nous faire réfléchir.

Ces Pensées ne sont pas à lire d’une traite, elles sont à lire par petites touches, à méditer, à relire, à décortiquer, à réfléchir.
« Je suis une protestation vivante »

Paul Valéry (Sète, 1871 – Paris, 1945) étudie à Montpellier où la lecture d’À Rebours de J.-K. Huysmans l’introduit à Verlaine et Mallarmé. Il se met à écrire des poèmes, rencontre et échange une correspondance régulière avec Pierre Louÿs, Mallarmé, Gide, Heredia, Debussy. Après une crise affective, en 1892 (la nuit de Gênes), il renonce à la poésie, s’établit à Paris et s’oriente vers une carrière administrative fructueuse. Il écrit cependant des essais comme l’Introduction à la méthode de Léonard de Vinci ou des œuvres d’imagination telle La soirée avec M. Teste. Poussé par André Gide et Gaston Gallimard, il revient à la poésie avec La jeune Parque (écrit entre 1913 et 1917), puis réédite, en 1920, des poèmes parus entre 1890 et 1893 sous le nom d’Album de vers anciens et enfin, en 1922, réunit ses poèmes les plus récents dans Charmes. Ces publications rencontrent un énorme succès. Devenu presque poète officiel, Paul Valéry n’écrira plus que des œuvres de circonstances, des préfaces, des conférences… Académicien, professeur au Collège de France, il reçut, à sa mort, des funérailles nationales et fut inhumé, selon ses vœux, au Cimetière marin de Sète.

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Valéry Paul – La Cantate du Narcisse

Valéry Paul - La Cantate du Narcisse - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Reflets dans le Canal du Midi près de CersValéry Paul – La Cantate du Narcisse, Amphion, Sémiramis, Louanges de l’eau, L’Ange, Villon et Verlaine : Pauvre Narcisse ! Dès qu’il veut embrasser les lèvres froides de son reflet, l’onde se brouille… Cet amour dont la nuit interrompt le cours lui suffit pourtant, dans sa pureté obligée, et son seul souhait est que nul n’interrompe son tête à tête passionné… Mais les Nymphes sont amoureuses de la beauté de Narcisse. Et leurs sollicitations ne rencontrent que rejet et colère. Après celle des Nymphes, la punition des dieux pour cet amour-inceste dans lequel s’entête Narcisse, ne pourra qu’être terrible. Elle privera Narcisse de l’humanité qu’il a déjà perdue. Amphion, fils de Zeus et d’Antiope est choisi par Apollon – comme la foudre choisit la cime de l’arbre – et reçoit la Lyre et le Plectre. Amphion ne tarde pas à découvrir le pouvoir de la musique sur l’homme et les éléments… Sammuramat, dont la légende a fait Sémiramis, fut victorieuse d’une expédition contre les Mèdes. On en fit la constructrice des Jardins suspendus de Babylone. Valéry nous la montre victorieuse et amoureuse de la beauté d’un captif. Mais une conquérante mythique peut-elle vivre autrement que seule et unique ? Les poètes ont souvent chanté le vin mais si l’on célébrait l’eau, source de toute vie ? Et Villon et Verlaine, que les siècles séparent, ont-ils quelque chose en commun ?

Paul Valéry fut fasciné dès 1891 par l’idée d’une « œuvre totale » à la frontière du ballet, d’une œuvre lyrique et de la poésie. Il débattra de cette idée avec Claude Debussy et Pierre Louÿs. Les trois Cantates que nous vous proposons ici se rattachent à cette démarche. C’est avec Honegger et la danseuse Ida Rubinstein qu’il réalisera Amphion, en 1931 à l’Opéra Garnier, dans des décors d’Alexandre Benois et une chorégraphie de Léonide Massine.

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Valéry Paul – Le Cycle de Monsieur Teste

Valéry Paul - Le Cycle de Monsieur Teste - Bibliothèque numérique romande - Nature morte aux poires conférence Jean-Claude StehliValéry Paul – Le Cycle de Monsieur Teste : « M. Teste avait peut-être quarante ans. Sa parole était extraordinairement rapide, et sa voix sourde. Tout s’effaçait en lui, les yeux, les mains. Il avait pourtant les épaules militaires, et le pas d’une régularité qui étonnait. Quand il parlait, il ne levait jamais un bras, ni un doigt : il avait « tué la marionnette ». Il ne souriait pas, ne disait ni bonjour ni bonsoir ; il semblait ne pas entendre le « comment allez-vous ? ». Et, expliquait-il, « il y a vingt ans que je n’ai plus de livres. J’ai brûlé mes papiers aussi. Je rature le vif… Je retiens ce que je veux. Mais le difficile n’est pas là. « Il est de retenir ce dont je voudrais demain »… J’ai cherché un crible machinal… »

Ce personnage singulier – Valéry avoue qu’il ne « tiendrait » pas quinze minutes dans la vraie vie – pour lequel un intellect brillant mais sans désir, sans action, a pris le pas sur l’homme traduit sans doute l’aspiration de son auteur au primat de l’intelligence devenue, au 20e siècle, estime-t-il, la nouvelle puissance créatrice. La soirée avec Monsieur Teste – tout comme L’Introduction à la méthode de Léonard de Vinci – est composée quatre ans après l’épisode de la nuit de Gêne. Paul Valéry écrira : « Après tout – JE suis un système terriblement simple, trouvé ou formé en 1892 – par irritation insupportable, qui a excité un moi N° 2 à détacher de soi un moi premier – comme une meule trop centrifugée ou une masse nébuleuse en rotation » (Cahiers, 1932). Renonçant, jusqu’à l’écriture de La Jeune Parque, à la création poétique dont il ressent les limites, il recherche alors les lois mathématiques qui gouvernent le Moi intérieur, connaissance qui, pense-t-il, ne peut être atteinte que par un renoncement, une dissociation, seule garante de lucidité et de maîtrise de soi.

Monsieur Teste, tête et testis (témoin), qui a compris ces lois, observateur du monde et de lui-même, est donc, pour une part, une incarnation de Paul Valéry, bien que celui-ci s’en défende. Il accompagnera la vie du poète qui écrira tout au cours de sa vie les divers fragments ou nouvelles que nous avons réunis dans ce volume. Œuvre ambiguë et composite, mettant en scène un monstre, qui a « fait de sa vie une œuvre d’art » à défaut d’en créer une, elle séduisit André Breton et les surréalistes ou André Gide.

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Valéry Paul – Poésie et Mélange

Valéry Paul - Poésie et Mélanges - Bibliothèque numérique romande photo Laura Barr-Wells Vers le Grand Salan depuis le Canal du MidiValéry Paul – Poésie et Mélange (Album de vers anciens, La jeune Parque, Charmes, Pièces diverses, Mélange, Poésie brute, Propos sur la poésie) : Poésie pure ou poésie brute, ce volume vous propose de découvrir toute la palette de l’art poétique de Paul Valéry. Vers ciselés, vers libres ou prose, laissez-vous emporter par la musique de la langue et rêver dans le cimetière marin de Sète, compatir aux plaintes de la Pythie comme à celles de la jeune Parque, vous étonner des circonvolutions affectives d’un Narcisse amoureux de son reflet ou, simplement, partager le plaisir d’un bain de soleil après l’eau ou rire de l’amertume de la vie. Le sens du texte comptera alors moins que les réminiscences et les émotions car vous serez bercé par le rythme de ces superbes poésies.

Paul Valéry (Sète, 1871 – Paris, 1945) étudie à Montpellier où la lecture d’À Rebours de J.-K. Huysmans l’introduit à Verlaine et Mallarmé. Il se met à écrire des poèmes, rencontre et échange une correspondance régulière avec Pierre Louÿs, Mallarmé, Gide, Heredia, Debussy. Après une crise affective, en 1892 (la nuit de Gênes), il renonce à la poésie, s’établit à Paris et s’oriente vers une carrière administrative fructueuse. Il écrit cependant des essais comme l’Introduction à la méthode de Léonard de Vinci ou des œuvres d’imagination telle La soirée avec M. Teste. Poussé par André Gide et Gaston Gallimard, il revient à la poésie avec La jeune Parque (écrit entre 1913 et 1917), puis réédite, en 1920, des poèmes parus entre 1890 et 1893 sous le nom d’Album de vers anciens et enfin, en 1922, réunit ses poèmes les plus récents dans Charmes. Ces publications rencontrent un énorme succès. Devenu presque poète officiel, Paul Valéry n’écrira plus que des œuvres de circonstances, des préfaces, des conférences… Académicien, professeur au Collège de France, il reçut, à sa mort, des funérailles nationales et fut inhumé, selon ses vœux, au Cimetière marin de Sète.

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Clotis Josette – Le Temps vert

Clois JOsette - Le Temps vert - Bibliothèque numérique romande - photo Lecybersurfeur Aubrac le village et les trucs en arrière planClotis Josette – Le Temps vert : Le Temps vert est un roman méridional, une œuvre de jeunesse d’une fougueuse et naïve fraîcheur : Adrienne Verdier, la jeune narratrice, évoque avec bonheur sa première enfance dans une ferme de l’Aveyron, auprès de grands-parents rudes mais aimants. Puis vient le remariage de sa mère et le départ pour la ville (Béziers, puis Villefranche-du-Rouergue). L’opulence trompeuse des premiers temps fait place à la déchéance sociale, car le beau-père passe sa vie dans les cabarets et boit toutes les économies de la famille. Avec leur air emprunté et leur patois rocailleux, Adrienne et ses sœurs sont constamment en butte aux quolibets des autres enfants, mais ni la faim ni le mépris n’entameront la rage de vivre des trois petites montagnardes. La seule planche de salut pour Adrienne est l’école, le certificat d’études, puis le brevet, qui doit lui permettre de sortir de la misère. Mais au moment de rejoindre son premier poste d’institutrice, elle ressent comme un vide existentiel devant une profession qui l’oblige à paraître autre que ce qu’elle est. Sur le chemin du départ, perdue dans un champ, elle entend le puissant appel de la terre, et fidèle à ses origines paysannes, se jure de retourner dans le village qui l’a vue naître. Ce sera un départ vers l’inconnu…

L’écriture de ce roman où rien n’indique qu’il s’agisse d’une autobiographie – mais le récit d’Adrienne ressemble à s’y méprendre à une suite de souvenirs – est simple et dépouillée ; les épisodes racontés sont souvent douloureux, parfois très joyeux mais sans jamais d’emphase ni d’artifice. C’est le trajet d’une petite fille sage dont la vie est bousculée par la mort de son père et le remariage de sa mère, et dont la famille est confrontée plus d’une fois à la faim et à la misère.

Née à Montpellier le 8 avril 1910, Josette Clotis adorait la littérature. Son premier roman, elle l’écrit à l’âge de 18 ans soutenue par Henri Pourrat lui aussi originaire du sud de la Loire. Ce sera Gallimard qui le publiera en 1932. La même année, elle entre comme journaliste à Marianne, un hebdomadaire littéraire fondé par la NRF qui se présente comme « l’hebdomadaire de l’élite intellectuelle française et étrangère » C’est là qu’elle va rencontrer André Malraux en 1933, lui-même en train de se séparer de Clara. De cette relation naîtront deux enfants. Toute leur histoire d’amour est racontée entre les pages 101 et 106 d’ André Malraux, une passion d’Anissa Benzakour-Chami paru en 2001 ou encore dans l’ouvrage de sa meilleure amie Suzanne Chantal, Le Cœur battant paru chez Grasset en 1976. Elle mourra accidentellement le 12 novembre 1944 en glissant d’un marchepied dans une gare, coupée en deux par un train à l’âge de 34 ans. (éléments tirés de Véronique Ginouvès, article Josette Clotis, Calendrier de l’Avent du domaine public 27.12.2014.)

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Fernay Jacques – Pierre-Paul Riquet et le Canal du Midi

Pierre-Paul Riquet et le Canal du Midi - Jacques Fernay - Bibliothèque numérique romande - photo Laura Barr-Wells reflets dans le canal du Midi vers l'écluse de VilleneuveFernay Jacques – Pierre-Paul Riquet et le Canal du Midi : Relier la Méditerranée à l’Atlantique en longeant les Pyrénées ? Un rêve fou envisagé, mais en vain, par l’empereur Charles Auguste, puis par Charlemagne, François Ier et Henri IV.

C’est que, sans ce canal, le détour est formidable. Il faut contourner la Péninsule Ibérique, payer aux espagnols des droits de passage à Gibraltar et exposer passagers comme marchandises aux aléas d’une navigation maritime de plus de trois mille kilomètres, sans compter les rencontres avec pirates et brigands. La voie de terre, faite de chemins malaisés, ne se prêtait pas au transport des marchandises. C’était donc un enjeu, non seulement économique, mais aussi politique dans les relations entre l’Espagne et la France sous Louis XIV.

Cette construction, longue de 246 km, l’une des plus grandes œuvres du XVIIe siècle est due à Pierre-Paul Riquet, baron de Bonrepos. Ce fermier aux Gabelles (percepteur de l’impôt sur le sel) et munitionnaire des Armées de Catalogne réalisa, à 58 ans, sa carrière achevée, son rêve d’enfant, le projet d’un Canal des Deux Mers envisagé alors qu’il avait dix ans par les États du Languedoc. Assisté d’un sourcier, il résolut le problème majeur consistant à trouver suffisamment d’eau pour irriguer le canal puis à la stocker, en vue de la saison sèche, dans un réservoir, à Saint-Ferréol, qui fut le plus vaste de l’époque. Cet homme, qui n’avait aucune formation technique, mais beaucoup de bon sens, d’autorité et de ténacité, réalisa le rêve des empereurs romains ! Il relia les deux mers en douze ans de travaux, apportant irrigation et prospérité au Languedoc.

Les obstacles ne manquèrent pas : géographiques et techniques, rivalités locales ou personnelles, jalousies au sujet du traitement des ouvriers du canal (qui bénéficiaient de rémunérations supérieures à la norme, de logements et surtout du paiement des jours fériés et de maladie, une anomalie à l’époque) et problèmes récurrents de financement ! Pierre-Paul Riquet y engloutit sa fortune. Il mourut à 71 ans alors qu’il ne restait plus qu’une lieue pour atteindre la Méditerranée.

Cette biographie romancée fut écrite, au XIXe siècle, par un admirateur de l’œuvre de Pierre-Paul Riquet. D’une lecture facile, elle dresse un portrait vivant de l’aventure que représenta cette construction et ses aléas.

(Pour en savoir plus sur le Canal du Midi et son histoire : http://www.canalmidi.com/index.html )

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