Littérature française

Bove Emmanuel – Le Pressentiment

Bove Emmanuel - Le Pressentiment - Bibliothèque numérique romandeBove Emmanuel – Le Pressentiment : Charles Benesteau est un avocat dans la cinquantaine, qui décide d’un jour à l’autre de tout abandonner, femme, enfants, métier, société bourgeoise et riche, pour aller se réfugier dans un quartier pauvre de Paris. Il a besoin de rompre avec le passé, d’être seul, détaché du monde. Est-il dépressif, misanthrope ? Toute sa famille se pose des questions, mais respecte son choix.

« Il pensait à ses frères, à sa femme, à ses amis, à tous ceux qu’il avait quittés. Pour ces apparences auxquelles ils attachent tant de prix, n’étaient-ils pas astreints à un effort continuel qui leur cachait justement la poésie de la vie ? »

Il se retrouve vite impliqué à nouveau dans la vie de son quartier, grâce à son désintéressement et sa disponibilité. Il reçoit même une jeune fille pauvre et démunie dans son petit appartement et engage du personnel pour s’en occuper… ce qui le perdra…

Mais changer de vie d’un coup d’un seul n’est pas si simple que ça ! Est-on vraiment libre de changer son destin, de renier sa classe sociale, de repartir à zéro ?

Écrivain prolixe, révélé par Colette, Emmanuel Bove a connu le succès de son vivant, avant de tomber dans l’oubli, et d’être redécouvert par Peter Handke dans les années 1980. Il est né en 1898 à Paris, mais a fait une partie de ses études au Collège Calvin à Genève, puis a vécu à Vienne et à nouveau à Paris, où il est mort en 1945.

Deux de ses romans ont été portés à l’écran, Le Pressentiment par Jean-Pierre Darroussin en 2006 et Le Piège en 1990 par Serge Moati ; plusieurs ont été traduits et adaptés pour le théâtre.

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Épinal Imagerie – Aventures, Contes et Légendes

Épinal Imagerie - Aventures, Contes et Légendes - Bibliothèque numérique romandeÉpinal Imagerie – Aventures, Contes et Légendes : Partir au loin… et revenir à la maison, « plein d’usage et raison. » Mais l’aventure, c’est parfois rester enfermée dans une tour comme Finette ou même d’avoir un jeune compagnon capable de vous remettre à votre place comme Saint Éloi… Ainsi Gulliver qui rencontre géants et Lilliputiens, Le Robinson suisse qui s’installe avec sa famille dans une île déserte, le Mousse qui connaît la vie maritime et ses duretés, le petit Savoyard qui sillonne la France et Paris, Finette qui s’oppose au prince Riche-Cautèle ou Saint Éloi qui rencontre Saint-Pierre ont tous connu l’aventure. Mais ils sont aussi, pour la plupart, personnages légendaires. Illustrés par l’Imagerie d’Épinal, condensés pour tenir sur une seule planche, ces contes et récits de voyages ont une saveur toute particulière.

« Fondée en 1796, l’imagerie [d’Épinal] utilise initialement une image gravée dans une planche de bois (xylographie). L’impression de la feuille s’effectue alors à l’aide d’une presse à bras, dite « Gutenberg ». Ensuite intervient le coloriste : au moyen de pochoirs, il applique à l’aide d’une brosse ronde les différentes couleurs nécessaires à la finition de l’ouvrage. […] Vers 1860, l’apparition de la lithographie offre de plus larges possibilités à l’artiste. » (Wikipédia)

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Giraudoux Jean – L’Impromptu de Paris

Giraudoux ean - L'Impromptu de Paris - Bibliothèque numérique romande - Jean-no Théâtre de l'Athénée - Louis Jouvet de nuitGiraudoux Jean – L’Impromptu de Paris : Que faire d’un crédit d’impôt de cent millions sinon l’attribuer à l’art théâtral (c’est du théâtre) ? Des critiques qui se cotisent pour éponger les déficits des salles (c’est un rêve) ? Une troupe en répétition – celle de Louis Jouvet – qui explique en un quart d’heure l’art théâtral à un député (le temps de cet impromptu, en fait…) ? C’est le sujet de cette pièce en un acte, qui s’inspire de l’Impromptu de Versailles, écrite par Jean Giraudoux froissé des critiques médiocres d’Électre. Il y défend ses idées sur le théâtre  qui « n’est pas un théorème, mais un spectacle, pas une leçon, mais un filtre. C’est qu’il a moins à entrer dans votre esprit que dans votre imagination et dans vos sens, et c’est pour cela, à mon avis, que le talent de l’écriture lui est indispensable, car c’est le style qui renvoie sur l’âme des spectateurs mille reflets, mille irisations qu’ils n’ont pas plus besoin de comprendre que la tache de soleil envoyée par la glace ». Et tant pis si on appelle son théâtre « littéraire » ! Jamais ennuyeuse, cette réflexion – finalement pas si légère que son titre pourrait le laisser supposer – manie humour et dérision. Les traits d’esprit n’y manquent pas. Que de citations nous aurions voulu insérer dans cette présentation… mais nous vous les laisserons découvrir dans la pièce !

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Dumas Alexandre – Une Vie d’Artiste

Dumas Alexandre - Une vie d'artiste - Bibliothèque numérique romande - Adolphe Lafosse scène Il MammoneDumas Alexandre – Une Vie d’Artiste : Il rêve des planches, de théâtre et de cirque ! Mais pas son père… D’ailleurs, le père, un douanier, l’a inscrit à des cours de dessins et le voudrait sculpteur. Car le fils est doué d’un joli coup de ciseau… Il part donc à Paris, officiellement pour devenir sculpteur à la Madeleine, mais il croise une troupe itinérante… Le Nord de la France est rude pour les acteurs et la misère comme le froid le font finalement échouer à nouveau sur le seuil de la maison paternelle. Reparti à Paris,  il obtient quelques rôles, sans grandes rémunérations… Il s’embarque alors pour les Antilles avec la troupe de Victor Morest ! Mais éclate la révolution de 1848…

Cette biographie romancée d’Alexandre Dumas s’inspire de la vie de l’acteur et sculpteur français, Etienne Marin Mélingue et retrace ses débuts, qui furent parfois difficiles, jusqu’au succès… Au théâtre ?

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Baudelaire Charles – Morale du Joujou, De l’essence du rire

Baudelaire Charles - Morale du Joujou, De l'essence du rire - Bibliothèque numérique romande - Sylvie Savary Proues de navires hollandaisBaudelaire Charles – Morale du Joujou, De l’essence du rire (Le Joujou du Pauvre, Quelques caricaturistes français et étrangers) : « Elle ouvrit la porte d’une chambre où s’offrait un spectacle extraordinaire et vraiment féerique. Les murs ne se voyaient pas, tellement ils étaient revêtus de joujoux. […] Il y avait là un monde de jouets de toute espèce, depuis les plus chers jusqu’aux plus modestes, depuis les plus simples jusqu’aux plus compliqués. » Nostalgique, Baudelaire nous raconte comment, enfant, il fut confronté à ce choix cornélien : opter, parmi ces merveilles offertes, pour la plus belle ou, plus poliment, pour un jouet « médiocre ». De cette anecdote, Baudelaire tire une morale. Quel jouet permet le jeu ? Le jouet du pauvre permet-t-il à l’enfant de jouer autant que celui du riche ? N’est-ce pas plutôt l’imagination de l’enfant qui permet le jeu, parfois même sans jouet ? Le jouet ne serait-il que l’initiateur à la poésie de la vie, par ses couleurs et ses formes qui dépassent le terne réel ? Que l’enfant le casse, le conserve précieusement, le choie… Qu’importe…

Le rire est-il satanique ? Rire du malheur d’autrui, d’un homme qui trébuche ou qui est ridicule, n’est-ce point peu charitable ? Le sage ne rit-il qu’en tremblant comme l’écrivait Bossuet ? Mais à côté de ce comique de circonstance, relatif, n’y a-t-il pas un comique absolu, romantique ? Un comique qui s’ignore, innocent comme on peut le trouver dans le grotesque, la Comedia del Arte. Baudelaire nous invite alors à revisiter des caricaturistes français et étrangers. Virginie, fraîchement débarquée de son île ne rirait sans doute pas en regardant une caricature dont elle ne saisirait pas le sens mais ne serait-elle pas saisie devant l’un des moines de Goya ? Nous avons choisi d’illustrer cette visite pour que l’écrit puisse trouver son prolongement dans l’image qu’il évoque.

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Sand George – Un Hiver à Majorque

Sand George - Un Hiver à Majorque - Bibliothèque numérique romande - K. Korlevic ValldemossaSand George – Un Hiver à Majorque : La santé de Frédéric Chopin n’est vraiment pas bonne en cette fin d’année 1838… Et si l’on allait passer l’hiver au soleil ? George Sand s’embarque avec famille enfants et Frédéric pour Majorque. On vient de lui parler du climat clément de l’île. Il sera favorable à Chopin et la solitude convient à George Sand pour écrire. Majorque est effectivement superbe et le couple admire la végétation les paysages et les monuments.

Mais les habitants ne sont pas berrichons… Dans cette colonie espagnole, l’économie périclite au grand découragement des Majorquins. Le gouvernement vient justement d’autoriser l’exportation et le commerce du cochon. L’élevage de cet animal est l’objet de toutes les énergies de l’île, ce que le couple remarque dès la traversée où les passagers porcins reçoivent plus d’attention qu’eux… Et Chopin est malade ! Serait-il tuberculeux ? Est-il contagieux ? Le petit groupe de George Sand va éprouver toutes les difficultés à trouver un logement… Elle marque quelques rancœurs devant cet accueil réservé : « Malheur à qui n’est pas content de tout en Espagne ! La plus légère grimace que vous feriez en trouvant de la vermine dans les lits et des scorpions dans la soupe vous attirerait le mépris le plus profond et soulèverait l’indignation universelle contre vous. Nous nous gardâmes donc bien de nous plaindre, et peu à peu nous comprîmes à quoi tenaient ce manque de ressources et ce manque apparent d’hospitalité. Outre le peu d’activité et d’énergie des Majorquins, la guerre civile, qui bouleversait l’Espagne depuis si longtemps, avait intercepté, à cette époque, tout mouvement entre la population de l’île et celle du continent. […] Il y a toujours quelque raison pour que le Majorquin ne se presse pas. La vie est si longue ! Il faut être Français, c’est-à-dire extravagant et forcené, pour vouloir qu’une chose soit faite tout de suite. Et si vous avez attendu déjà six mois, pourquoi n’attendriez-vous pas six mois de plus ? Et si vous n’êtes pas content du pays, pourquoi y restez-vous ? Avait-on besoin de vous ici ? On s’en passait fort bien. »

George Sand écrit pourtant un remarquable guide de voyage. Elle décrit Palma, qu’elle rendit célèbre, les orangers et les amandiers de l’île. Elle s’attarde sur les méthodes de culture, sur l’histoire, la sociologie et le climat de l’île, sur ses monuments, en particulier la Chartreuse de Valldemossa où séjournera le petit groupe. Il n’est pas interdit d’imaginer arches et salles résonnant encore de la musique de Chopin… À Majorque, George Sand, elle, écrira Spiridon…

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Jarry Alfred – Spéculations

Jarry Alfred - Spéculations - Bibliothèque numérique romande - Ancha mouetteJarry Alfred – Spéculations (Hannetons, hameçons et hanoteaux et autres spéculations) : « Le fusil moderne n’est donc plus qu’une arme dont les effets sont invisibles, silencieux, d’une innocuité parfaite, autant dire nuls. Des philanthropes prétextent, afin de conserver cet engin de paix, qu’il n’est pas impossible que la piqûre de la petite balle et sa circulation de part en part du corps n’aille pas sans une légère douleur. […] De récents événements privés nous ont permis d’observer de près quelques beaux spécimens de cet organe préhensile de la société, le gendarme. »

Ce recueil d’une cinquantaine d’articles est paru dans « La Revue blanche » de 1901 à 1903. Ces articles sont parfois iconoclastes (Hommage posthume), absurdes (Les Confetti-neige, Les Fusils transformés), faussement érudits (Cynégétique de l’Omnibus), irrévérencieux (L’Avarie), faussement naïfs (Accidents de chemin de fer), ironiques (Hannetons, Hameçons et Hanotaux) ou, souvent, tout ceci à la fois.

Vérités ou non-vérités ? Chronique vraie ou inventée ? Sérieux ou humour ? À vous de choisir !

L’alcool, l’orthographe, les parents et les enfants, la maréchaussée, les reines, la guerre, tout est bon pour nous inviter à une « spéculation » paraissant sérieuse, mais complètement décalée et humoristique, bref… pataphysique.

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Leroux Gaston – Confitou

Leroux Gaston - Confitou - Bibliothèque numérique romande - Sylvie Savary KönigsburgLeroux Gaston – Confitou : Il a huit ans et il adore les confitures… On l’appelle donc Confitou. Il est le fils du Dr Raucoux-Desmares, un médecin respecté dans une petite ville du nord de la France et d’une Allemande de Dresde. Confitou qui a reçu une double éducation, française et allemande, est discret et respectueux des cultures de ses parents. Cependant, en 1916, la France est en conflit avec l’Allemagne. Comme pour ses camarades, la guerre est d’abord un jeu pour Confitou. Voir des soldats et des batailles « pour de vrai » le fascine. Mais, parlant l’allemand, il est raillé par ses camarades. Et lorsque des soldats allemands – dont ses oncles – arrivent au village, les événements se précipitent. Il devra choisir son camp…

La littérature populaire comme moyen de propagande… Dans ce roman de guerre, terrible mais passionnant, paru en 1916 en feuilleton dans « Le Matin », Gaston Leroux combat les Allemands avec sa plume et il faut resituer ce roman – comme son vocabulaire – dans le contexte de l’époque : il s’agissait de dépeindre l’ennemi sous son plus mauvais jour. Gaston Leroux utilise son talent d’auteur de roman policier pour « monter au front » contre les atrocités allemandes commises dans le nord de la France. Mais son regard n’est ni simpliste ni seulement accusateur. Les caractères de ses trois personnages principaux sont pleins de nuance. Torturés, tiraillés entre patrie et amour, entre admiration et horreur, ils se laissent emporter par le chaos du moment et les sentiments violents du patriotisme. Ils finiront tous par exprimer leur vérité. Mais la vérité tue parfois…

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Chateaubriand François-René de – Voyage en Italie

Chateaubriand - Voyage en Italie - Bibliothèque numérique romande - kodiak Dome de Saint-Pierre et pontChateaubriand François-René de – Voyage en Italie, suivi des voyages en Auvergne et au Mont-Blanc: Lorsque François-René, vicomte de Chateaubriand, foule pour la première fois le sol de l’Italie, en 1803, ce n’est pas à l’occasion d’une étape du Grand Tour, mais pour prendre ses nouvelles fonctions de secrétaire de légation à Rome, auprès du cardinal Fesch, l’oncle de Bonaparte. Ce premier poste dans la diplomatie sera un échec sur le plan professionnel : l’auteur d’Atala, de René, du Génie du Christianisme, alors âgé de trente-cinq ans, est au sommet de sa gloire littéraire. Rentré en France en 1800, après huit ans d’exil à Londres sous la Révolution, il aspire désormais à la carrière d’homme d’État. Son ami Fontanes, proche du Premier Consul, le fait nommer à Rome ; mais l’écrivain se montrera si indiscipliné, voire malveillant*, que le cardinal, excédé, le congédiera au bout de six mois. Humaniste féru d’histoire, Chateaubriand mettra à profit sa vaste érudition pour explorer la Ville éternelle et les environs de Naples, consignant ses impressions dans un « fatras » de notes, lettres et extraits de journal qu’il ne prendra jamais le temps d’organiser en un tout cohérent. Ainsi, à l’exception de la Lettre à Fontanes et de l’Ascension du Vésuve, publiées en 1804 et 1806 respectivement, le Voyage en Italie reste une ébauche qui ne paraîtra que beaucoup plus tard, en 1827, dans un volume augmenté du Voyage en Auvergne et du Voyage au Mont-Blanc.

Parti de Lyon en mai 1803, Chateaubriand franchit les Alpes par le mont Cenis, fait étape à Turin, qu’il trouve belle mais un peu triste, puis à Milan, où le gothique de la cathédrale lui semble « jurer avec le soleil et les mœurs de l’Italie ». Sa froideur s’évanouit en traversant la Toscane et en arrivant à Rome, le 27 juin 1803. Dans l’émerveillement des premiers jours, il se précipite au Colisée, au Panthéon, au château Saint-Ange, à Saint-Pierre. Le 2 juillet, avant même l’arrivée de son ambassadeur, il obtient une audience privée avec le Saint-Père. Le cardinal en prend ombrage et aura bien d’autres occasions de se plaindre de son encombrant secrétaire… Mais Chateaubriand ne nous dira rien de ces différends. Il est également avare de détails chronologiques et biographiques, laissant un trou de plusieurs mois dans son récit, qu’il ne reprendra que le 10 décembre. Ce qu’il tait, et ne révèlera que dans ses Mémoires d’outre-tombe, est la mort tragique de Pauline de Beaumont, l’une de ses plus chères maîtresses, venue le rejoindre à Rome. Ce deuil va colorer toute la suite de son séjour, transformant les lieux qu’il visite en déserts de ruines où il médite sur le passage du temps, des hommes et des empires. À Tivoli, à la Villa Adriana, sous la froide lumière de décembre, il invoque Horace, Tibulle, Virgile, qu’il cite de mémoire ; ces poètes, qui ont chanté la perte d’un être cher, lui serviront dorénavant de guide. Mais au musée du Vatican, au Capitole ou à la galerie Doria, aucune œuvre ne le retiendra longtemps. Seule Rome au clair de lune semble au diapason de sa douleur.

Le 30 décembre 1803, il part pour Naples, qui le déçoit au premier abord. Pourtant, quelques jours plus tard, inspiré par le paysage dantesque du Vésuve, il décrira avec brio les couleurs chatoyantes de la lave et la rumeur profonde du gouffre au bord duquel il médite sur sa vie et sa destinée. Quittant ce lieu infernal, il atteint enfin Herculanum et Pompéi, que des fouilles archéologiques sont en train de mettre au jour. Le Voyage en Italie s’achève sur la célèbre Lettre à Fontanes, où Chateaubriand, retrouvant tout l’élan de son génie poétique, évoque « l’inconcevable grandeur » des campagnes romaines baignées d’une lumière digne des tableaux du Lorrain.

Si l’Italie est incontestablement un lieu de mémoire, si l’Auvergne, qu’il visite en 1805, est elle-même une terre pétrie d’histoire, il en va tout autrement des Alpes, qui le laissent… de glace.  Aussi son Voyage au Mont-Blanc, paru d’abord en 1806, fera-t-il scandale**: on reproche à  l’écrivain, né sur les rivages de l’Atlantique, d’être insensible au plus grand monument de la nature. Pour Chateaubriand en effet, les montagnes, vues de près, n’élèvent pas l’âme, elles l’oppressent (n’en déplaise à Rousseau), et s’il leur concède une certaine majesté, ce n’est que de loin, lorsqu’elles se profilent à l’horizon, comme dans les sublimes paysages de l’école française de Rome. (*Victor-L. Tapié, Chateaubriand par lui-même (Seuil 1965), 17. **Juan Rigoli, Le Voyage à l’envers. Montagnes de Chateaubriand (Droz 2005), 23.)

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Christophe – Les Facéties du Sapeur Camember (3ème partie)

Christophe - Les Facéties du Sapeur Camember (3ème partie) - Bibliothèque numérique romande - Pierre B.Christophe – Les Facéties du Sapeur Camember (3ème partie) : La fin et troisième partie de l’histoire naturelle, véridique et compilatoire du sapeur qui portait la hache et le tablier à la fin du Second Empire, dans laquelle on voit Camember effectuer, bien involontairement, additions, soustractions et prendre des leçons d’orthographe, comprendre le peintre Raphaël et même composer son air favori ou pousser la balançoire. S’il devient maman et même héros cela ne l’empêchera pas d’épouser mam’selle Victoire, ce soleil resplendissant de toutes les vertus domestiques. – Si l’auteur a choisi cette époque, ce n’est pas qu’il y ait été poussé par des considérations politiques ; c’est simplement afin d’avoir l’occasion et le prétexte d’orner l’occiput de son héros d’un de ces triomphants bonnets à poil, dernier écho de ceux qui furent les panaches blancs de la Grande Armée. – On admirera combien il a fallu de génie à l’auteur pour faire du neuf avec du vieux.

Georges Colomb, dit Christophe, est l’auteur, en outre du Sapeur Camember, de La Famille Fenouillard et du Savant Cosinus. Précurseur de la BD, ses œuvres paraissent d’abord en feuilleton dans Le Petit Français puis en album aux éditions Colin qui leur donneront leur forme définitive. « Certes, il n’y a pas encore de phylactère (ou de bulle) et les textes sont encore volumineux, très écrits et truffés d’allusions érudites. Mais le dessin est vif, les types satiriques bien croqués, le comique des contrepoints entre l’image et le texte efficace et le découpage des vignettes et des planches plein d’audace. Indispensable maillon entre Töpffer – qu’il admirait – et Hergé, pour la clarté du trait et les situations cocasses, mais aussi Fred ou Gotlib pour son goût du second degré ». (Louise, Calendrier de l’avent du domaine public, 02.12.2015). Georges Colomb fut maître de conférence à la Sorbonne et sous-directeur de laboratoire au Museum d’histoire naturelle. Enseignant, vulgarisateur scientifique, il anima des causeries sur Radio Paris.

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