Montagne

Hornung Antoine Graz Alfred – Au Saint-Bernard en tricycle

Hornung Antoine Graz Alfred - Au Saint-Bernard en tricycle - Bibliothèque numérique romande - Hans Hillewaert Col du Grand Saint-BernardHornung Antoine Graz Alfred – Au Saint-Bernard en tricycle : Tonio et Blondin, deux amis de Genève, partent à la conquête du Saint-Bernard, il y a plus de 120 ans, avec un engin étonnant et surprenant surtout pour une longue course en montagne : un tricycle, vélo à trois roues et deux pédaleurs.

Après la Clusaz, le col des Aravis leur donne déjà du fil à retordre, la route est quasi inexistante et pleine de pierres, ils doivent pousser et tirer leur tricycle (parfois même se faire aider par un mulet), la faim les obsède (ils ont tout le temps le « kyste qui gronde »), mais ils ne manquent pas une occasion de faire des photographies (vous pouvez imaginer le poids d’un appareil de cette époque, qui utilise des plaques photographiques) , de s’arrêter dans les auberges pour manger et boire, de discuter avec les natifs et d’admirer la nature.

Tout au long de leur périple, qui se poursuit ensuite au Petit-Saint-Bernard, Étroubles, Aoste, le Grand Saint-Bernard, Morgins et Abondance, on passe avec eux de surprise en surprise, de plaintes en ravissement, le tout avec un humour à toute épreuve.

Une fresque très amusante des mœurs de l’époque par deux originaux qui, malheureusement, n’ont pas passé dans l’Histoire, mais vous ravira par leur histoire abracadabrante… mais véridique.

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Huguenin Oscar – Madame l’ancienne

Madame l'ancienne - Oscar Huguenin - Bibliothèque numérique romande - photo Roland Zumbuehl Église réformée de La SagneHuguenin Oscar – Madame l’ancienne : Une maîtresse femme, l’Augustine ! Épouse d’un « ancien » d’église, elle gère sa maisonnée avec compétence et poigne. Autoritaire ? En tous cas, André Jacot, son mari, a appris diplomatie et concessions… Et Henri, son fils, a dû calquer ses ambitions aux visions de sa mère.

Mais le voici amoureux ! Madame l’ancienne doit-elle décider pour lui ? Et si la jeune fille qu’il aime n’allait pas convenir à l’Augustine ?

Une histoire des « Hauts » de Neuchâtel, à la Sagne, une région proche de la frontière du Jura français, où vivent dans ce pays aux rudes hivers, les « montagnons ». Oscar Huguenin nous dépeint de manière vivante la vie au quotidien de ces paysans horlogers du début du 18e siècle. S’ajoute au charme de son récit le langage imagé et savoureux, truffé de « neuchâteloiseries » du Haut, dont les expressions sont encore souvent employées aujourd’hui. On a envie de le lire à haute voix, avec l’accent, « qué ».

Oscar Huguenin est né à la Sagne, en 1842, dans une famille d’horlogers. Doué pour les études et le dessin, il devint néanmoins horloger comme ses parents jusqu’à l’âge de 18 ans. Le pasteur de sa paroisse le décide alors à faire des études d’instituteur. Dès lors, il partage sa vie entre l’enseignement et le dessin, sa passion. Des soucis de santé l’obligent à marquer le pas. Il se plonge dans la lecture : Töpffer, Cooper, Erckmann-Chatrian, Jérémias Gotthelf et surtout Charles Dickens, son auteur favori. Devenu professeur de dessin et installé avec sa famille à Boudry, dans le climat plus clément du bord du lac de Neuchâtel, il étudie les archives de la commune et publie, à 42 ans, son premier roman, l’Armurier de Boudry. Il écrira de nombreux romans décrivant « l’ancien temps », dont l’action est souvent située à la Sagne. La maladie finit par triompher et il décède en 1903.

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Rambert Eugène – Les Alpes suisses (2ème série)

Les Alpes suisses (2ème série) - Eugène Rambert - Bibliothèque numérique romande - photo Sylvie Savary Les Dents du MidiRambert Eugène – Les Alpes suisses (2ème série) : Berceau de la nation helvétique et haut lieu du tourisme international, les Alpes suscitent dès le 18e siècle un regain d’intérêt, tant auprès des savants et lettrés que des voyageurs avides de sensations fortes. Les Alpes suisses, d’Eugène Rambert (1830-1886), paru en cinq séries entre 1865 et 1875, en est un vivant témoignage.

Publiée en 1866, la deuxième série est un volume tout en contrastes. Le premier essai examine le mythe des Alpes, lequel s’élabore entre la fin du 18e et la fin du 19e siècles, durant cette période de mutation où le pays, en voie d’industrialisation et d’urbanisation, peine encore à se reconnaître dans sa modernité. Face à l’instabilité politique et sociale qui menace son unité, la Suisse officielle présente les Alpes non seulement comme le cœur de l’identité nationale, mais comme un « bien commun qui transcende la diversité des langues et des histoires cantonales »*. Ainsi, la Suisse et, en particulier, les habitants de ses vallées alpines, vues comme des refuges peu accessibles de l’extérieur, pourraient-ils être à l’origine du fédéralisme helvétique et de l’idée de liberté. Pourtant, les Alpes, situées au centre de l’Europe, furent plutôt un lieu de circulation entre nord et sud. Isabelle de Montolieu (1751-1832) décrit, dans « Les Châteaux suisses » (publiés par la BNR), les relations profondes et multiples qui existèrent, au Moyen-Âge, entre la Suisse romande et ses voisins. De même Marie Trolliet (1831-1895) narre, parmi ses nouvelles (publiées par la BNR), les aventures des bergers d’alpages valaisans allant faire leurs courses dans les villes de l’Italie du Nord et passant par de nombreux cols aujourd’hui tombés en désuétude.

Si Eugène Rambert reprend à son compte certains thèmes de ce discours fédérateur, il n’en épouse pas tous les clichés et récuse notamment avec vigueur toute idée de relation intrinsèque entre la nation et la nature, chère à la pensée déterministe de son temps : « La liberté, affirme-t-il sans ambages, est fille de l’homme, et elle n’a dans la nature ni gage ni symbole, pas plus que la science, pas plus que la vertu. La liberté ne se donne ni ne se reçoit ; elle s’acquiert. »

Les textes suivants, d’une teneur très variée, reflètent l’approche libre et imaginative de l’auteur vis-à-vis de son vaste sujet. La deuxième partie du livre comprend ainsi : un pittoresque récit de chasse au chamois dans les Alpes vaudoises ; une nouvelle attachante sur la vie misérable d’un chevrier valaisan, ainsi qu’une étude topographique détaillée de la Dent du Midi, dans laquelle l’auteur nous narre de manière vivante les péripéties de ses ascensions, en particulier celle de la « résistante » Cime de l’Est, et fait preuve de son immense talent d’observation. En guise de conclusion, Eugène Rambert, soucieux de préserver tous les aspects d’une culture alpine en voie de disparition, offre à ses lecteurs la transcription d’une chanson en patois vaudois, assortie de notes et d’une traduction.

*Gilles Rudaz et Bernard Debarbieux, La Montagne suisse en politique (Lausanne : Presses polytechniques et universitaires romandes, 2013), 15.

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Combe T – La Fortune de Luc

La Fortune de Luc - T Combe - Bibliothèque numérique romande - image, carte postale anonyme du Boulvard Léopold-RobertCombe T – La Fortune de Luc : Luc s’occupe d’un petit train de campagne dans le Jura neuchâtelois auprès d’un père horloger ombrageux et autoritaire, d’une mère aimante et douce et d’une cousine, Claire, dont il est amoureux. Mais il n’est pas satisfait, il est ambitieux, fougueux, il veut gagner de l’argent et partir à la découverte de la ville, La Chaux-de-Fonds. Il s’en va donc, pour livrer des montres de son père et son charme enthousiaste opère : le patron l’engage, la fille de son patron le trouve à son goût et son chef d’atelier devient un véritable ami.

Pendant ce temps, Claire sent son cousin et fiancé lui échapper, elle est jalouse, et sait que Luc est en train de céder aux tentations. Luc va-t-il revenir vers sa cousine ou va-t-il céder aux éblouissements de la richesse et de la fille du patron ?

Histoire bien menée par l’auteure, sensible aux différentes facettes du caractère des femmes… et des hommes, laissant planer le suspense sur les amours et les désirs profonds de ces jeunes gens, et décrivant très habilement la vie des montagnes neuchâteloises, ses ateliers d’horlogerie, ses fermes isolées et ses hivers rigoureux.

T. Combe est le pseudonyme d’Adèle Huguenin-Vuillemin. Née au Locle, en 1856, dans une famille d’horlogers, elle fut institutrice à 16 ans. C’est pour compléter son revenu qu’elle se mettra à écrire à 21 ans, avec succès.  Elle séjournera à Londres puis à Paris. Revenue en Suisse, elle sera une écrivaine et conférencière renommée, chrétienne, féministe, militante contre l’alcoolisme. Elle adhérera, à 57 ans, au parti socialiste (favorable au suffrage féminin). Elle décède dans sa maison des Brenets à 77 ans en 1933.

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Rambert Eugène – Les Alpes suisses (1ère série)

Les Alpes suises 1 - Eugène Rambert - Bibliothèque numérique romande - photo Sylvie SavaryRambert Eugène – Les Alpes suisses (1ère série) : Objet d’engouement indissociable de l’identité suisse, les Alpes, telles qu’on les envisage aujourd’hui, auraient été « inventées » au Siècle des Lumières, au moment où poètes et philosophes (Haller, Rousseau, Burke, Kant et Goethe, parmi d’autres) posent un regard nouveau sur la nature et introduisent dans l’esthétique européenne les notions de sublime et de pittoresque. Réputées jusqu’alors sauvages et inhospitalières, les Alpes se muent en paysages (Walter 94-97*) et deviennent bientôt une étape obligée du Grand Tour, offrant aux jeunes gens des élites britanniques et continentales des 18e et 19e siècles le spectacle grandiose de leurs panoramas. En réalité, comme le démontre notamment Claude Reichler**, cette thèse, encore très en vogue, mérite d’être nuancée. Car les Alpes ont toujours attiré les voyageurs, et ce bien avant le 18e siècle. Si certains n’y voient qu’un monde effroyable et monstrueux (Lescarbot, 1618, in Walter 91), d’autres – des intellectuels et savants sans doute plus hardis et plus éclairés – en ramènent des écrits richement illustrés (Reichler 2013) qui témoignent de l’intérêt continu que suscite, depuis la Renaissance, ce haut-lieu de l’imaginaire helvétique.

Les Alpes suisses, d’Eugène Rambert (1830-1886), s’inscrit dans le droit-fil de ce mouvement d’appropriation culturelle et scientifique du massif alpin qui fleurit particulièrement aux 18e et 19e siècles. L’œuvre, dynamique dans sa diversité, est celle d’un érudit et d’un curieux qui fut à la fois professeur (il donna son nom à un prix littéraire), poète, essayiste, naturaliste et grand amateur d’altitude. L’ouvrage, écrit d’une plume alerte et enjouée, fut publié en cinq séries entre 1864 et 1875. Malgré son ampleur encyclopédique, l’ensemble, quelque peu disparate, reste très accessible, car l’auteur a soin de mettre ses connaissances du terrain à la portée de son public citadin et sait faire partager à ses lecteurs sa ferveur d’alpiniste.

La première série, publiée en 1865, s’ouvre sur un petit essai (Les plaisirs d’un grimpeur) dans lequel Rambert se plaît à comparer l’alpinisme aux jeux de hasard. Vient ensuite le compte-rendu d’une exploration du massif glaronnais des Clarides. Nous sommes loin du tourisme pédestre d’aujourd’hui. L’escalade se fait à la force des bras et des jarrets, et à l’aide de cartes encore très incomplètes, mais les récompenses n’en sont que plus mémorables. Le texte suivant, une petite nouvelle (Les Cerises du vallon de Gueuroz), nous transporte dans la vallée du Trient et décrit à grands traits les dures conditions de vie des flotteurs de bois. Le partie principale du volume s’achève sur une étude de la flore alpine, dont on appréciera tant l’ampleur que la verve poétique : « La nature, écrit Rambert non sans humour, était en veine de romantisme, quand elle a marié à l’immobilité du sapin la joyeuse coquetterie du hêtre. […] Les jeunes sapins […] sont faits pour vivre en société et se prêter assistance. Aussi l’intérêt général l’a-t-il emporté sur les fantaisies de l’humeur individuelle. Tous prennent la forme qui convient le mieux à tous ; aucun ne dévie du type. Les nécessités d’une lutte en commun ont imprimé à la race entière un instinct d’ordre et de discipline. » Existe-t-il au monde essence plus helvétique que le sapin ? Enfin Eugène Rambert revient sur l’accident de Whymper lors de la première ascension du Cervin avec un plaidoyer pour le maintien de la « cordée » dans l’alpinisme.

( *François Walter, « La montagne des Suisses. Invention et usage d’une représentation paysagère (XVIIIe-XXe siècles) », Études rurales, 1991, Volume 121, Numéros 121-124, 1991. De l’agricole au paysage, pp. 91-107. [Consulté en ligne le 16 juillet 2015.], **Claude Reichler, Les Alpes et leurs imagiers. Voyage de l’histoire du regard. [Lausanne : Presses polytechniques et universitaires romandes, 2013], 27.)

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Rod Édouard – L’Ombre s’étend sur la Montagne

Rod Édouard – L’Ombre s’étend sur la Montagne - Bibliothèque numérique romande - photo AnchaRod Édouard – L’Ombre s’étend sur la Montagne : Unis par leur passion, Irène Jaffé et Frantz Lysel, assis au-dessous de la ruine d’Umspunnen, près d’Interlaken, contemplent en silence un coucher de soleil sur la Jungfrau. Tout à leurs pensées, ne devraient-ils pas voir un présage dans cette ombre qui s’étend sur la montagne ? Lysel, violoniste talentueux et compositeur à ses heures bénéficie du soutien des Jaffé, couple fortuné et passionné de musique, à ce moment crucial où il accède à la célébrité. Et il aime la femme de son protecteur. En secret ? Plutôt dans un semi-secret, puisque le mari est au courant et accepte cette relation. Jusqu’au jour où leur fille, Anne-Marie, devient adolescente et commence à se rendre compte de la situation.

Tout au long de ce roman dramatique, au fil de lettres enflammées entre les amants séparés, le lecteur participe à un débat sur la vérité et le mensonge, le rêve et la réalité, l’amour et le renoncement, et sur le pouvoir consolateur de la musique. Madame Jaffé doit-elle renoncer ou non à son amour ? Une nature alpine très présente dans ce roman où la beauté parfois tragique de la montagne reflète les sentiments et les tourments humains.

Édouard Rod (1857-1910) était l’ami de Zola, de Maupassant, de Barrès. Un prix Édouard Rod a été fondé en 1996 sous l’impulsion de Jacques Chessex, lui aussi de Ropraz, en Suisse. « Regarder en soi non pour se connaître ni pour s’aimer, mais pour connaître et aimer les autres » (Édouard Rod – Les Trois Cœurs, éd. Didier, Paris, 1890)

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Castella Célestin – Une excursion sur la Dent de Jaman

Une excursion sur la Dent de Jaman - Célestin Castella - Bibliothèque numérique romande - photo Dent de Jaman Sylvie SavaryCastella Célestin – Une excursion sur la Dent de Jaman, nouvelles et légendes gruériennes : Les fêtes de la Bénichon marquent la fin de l’été et la désalpe. L’occasion pour Célestin Castella de prendre quelques jours et réaliser une excursion projetée de longue date avec un ami sur la Dent de Jaman, dans les Préalpes fribourgeoises. L’itinéraire est l’occasion de nous raconter des histoires locales comme celle du drame de Laurette et Auguste ou de s’emplir les yeux de panoramas montagnards, de rencontrer des touristes anglaises, de parler des chasseurs de chamois d’autrefois …et de finir la course par une fricassée à l’Hôtel de Jaman à Montbovon. Un voyage dans le temps et la Gruyère d’autrefois…

Seul parmi les poètes de la Gruyère, Célestin Castella (1828-1892) est resté agriculteur au contraire d’autres poètes comme Jean-François-Marcellin Bussard, Joseph-Ignace Baron, Nicolas Glasson, Louis Bornet, Auguste Majeux, Pierre-Joseph Sciobéret ou Joseph Sterroz. Paysan authentique, ses poèmes chantent le sol et la montagne. Si Eugène de Boccard en écrit « Versificateurs maladroits, manquant de métier, […] ils sont restés sensibles aux émotions des âmes agrestes et primitives, et la naïveté charmante ainsi que l’enthousiasme avec lesquels ils chantent les beautés de leur pays, l’amour de leur village et de leur patrie et les humbles travaux auxquels ils participèrent, éveillent de la sympathie chez le lecteur. L’esprit caustique de la Gruyère leur a parfois permis de réussir assez bien dans la fable », reconnaissons pourtant, que la simplicité de son poème :

Sur les flancs du Moléson,
Ah ! voyez ce frais gazon !
Entendez les chansonnettes
Du pinson, des alouettes ;
Chantons, que l’on soit prêt !
Partons pour le chalet. […]

n’a rien de maladroit…

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Courthion Louis – Nouvelles et Contes valaisans

Courthion Louis – Nouvelles et Contes valaisans - Bibliothèque numérique romandeCourthion Louis – Nouvelles et Contes valaisans : Dans un petit village de la vallée de Conches, un homme confie son secret à un ami… Un ingénieur des bisses (canaux d’irrigation) courtise une riche propriétaire qui refuse de lui céder. Pour Cécile, il ne suffit pas de l’absolution du confesseur, elle veut aussi celle de sa conscience. Deux villages forment une même paroisse, mais un profond antagonisme les sépare. Pierre parle tellement de sa fiancée à son ami Luc que… Ses frères sont cordonniers au village, elle est en place à Sion; elle s’entiche d’un Suisse-Allemand. Un recueil de nouvelles où Louis Courthion peint «des choses prises dans la réalité rustique vue sans parti pris flatteur […]; moi j’aime cela même avec ferveur: il me plaît que le conteur, décrivant le bahut de la cousine Marianne, détaille la manière dont celle-ci disposait les objets placés sur le couvercle: le sachon d’orge pilé dans le coin, le moulin à sel au milieu, la groue à beurre et la farinière à l’autre bout, le tout disposé sur l’envers d’une peau de bouc. […] Combien l’accumulation lente et patiente de ces menues touches fidèlement prises dans la réalité locale finissent par donner de saveur au récit, de vie à la description!» (Bibliothèque universelle et Revue suisse, 1904)

Louis Courthion, né au Châble (Vallée de Bagnes) en 1858, étudie au Collège de Saint-Maurice puis doit s’expatrier à Paris. Il y débute finalement comme journaliste en 1890, comme rédacteur de La Croix Fédérale, organe de la colonie suisse. De retour en Suisse en 1893, où il vit successivement à Lausanne, Bulle et Genève, il travaille dans de nombreux journaux, revues, périodiques. En 1896, il lance le premier numéro du Valais romand, une publication d’opposition qui perdure jusqu’en 1898. En 1897 il publie les Veillées des Mayens, un recueil de légendes inspirées principalement de l’Entremont, puis en 1900, les Scènes valaisannes, dans lesquelles il peint les mœurs montagnardes de la vallée de Bagnes. Collaborateur du Dictionnaire géographique de la Suisse, il participe, en 1915, à la création de la Société d’Histoire du Valais romand. Il décède en 1922. (source de cette biographie: Wikivalais)

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Huguenin Oscar – Récits du Cosandier

Huguenin Oscar – Récits du Cosandier - Bibliothèque numérique romandeHuguenin Oscar – Récits du Cosandier : Batoille le cosandier ? Certainement ! Félix-Henri Péter aime à parler et même à raconter des histoires… D’ailleurs cela va avec son métier de cosandier, c’est-à-dire de tailleur ou couturier à domicile. Tout en cousant et coupant ses tissus, le vieux cosandier de la Sagne cause… Ses interlocutrices, des maîtresses de maison, des familles à la veillée et parfois des assemblées villageoises entières, l’écoutent avec ravissement et sont avides de ses histoires, surtout lorsqu’il se fait prier un peu pour commencer… C’est qu’il raconte bien ! Il est un roi des conteurs qui permet de conserver la mémoire de ce coin de terre neuchâteloise et de le transmettre aux plus jeunes.

Ces histoires se passent toutes dans la région de La Sagne, le Haut du canton de Neuchâtel, et reflètent à merveille la vie paysanne et simple des habitants de ces régions reculées de Suisse romande à la fin du 19e siècle : celle d’une dispute entre familles à propos d’un pâturage, La pâture des Quinquets, mais, voilà, Guillaume le fils Vuille et Jacqueline la fille des Contesse s’aiment depuis toujours… Celle de Gédéon le courteleyu, le contradicteur, qui fait tout le contraire de ce que ses parents lui disent, même pour se marier, et se laisse prendre à son propre jeu ; celle de la jeune et pauvre Bourguignote qui arrive de France et, par hasard, apporte son aide un soir d’orage pour rentrer les foins, et qui finit par épouser le fils du paysan ; et celle de la vie de vieux garçon, pas rancunier, du conteur lui-même.

Ce qui charme dans ces récits, c’est le langage imagé et savoureux, truffé de « neuchâteloiseries » du Haut, encore souvent employées actuellement. On a envie de le lire à haute voix , avec l’accent, « qué ».

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Combe T – Croquis montagnards

Combe T. - Croquis montagnards - Bibliothèque numérique romandeCombe T – Croquis montagnards, Trois nouvelles : Une jeune institutrice de 16 ans découvre sa classe dans un hameau des montagnes neuchâteloises. Sera-t-elle à la hauteur ? Ses débuts avec ses élèves et « Les bonnes Gens du Crozet » ne vont pas manquer de péripéties, sa réputation dût-elle en souffrir !

Mais que fait Napoléon Bourquin, le bourgeois, en s’installant à la Moutonnière, cette maison locative de si mauvaise réputation ? Pauvreté, marginalité et délinquance ne conviennent guère aux habitudes si rangées de ce vieux garçon ! La petite Trinette, dite Lune Rousse, va secouer les certitudes de ce « Monsieur Vélo »…

Marc Aubert, le peintre en excursion dans les alpages jurassiens, va rencontrer presqu’en même temps un taureau furieux, deux marmots fugitifs et un fromager irascible ! Lesquels seront-ils les plus dangereux ? Et quel est « Le secret d’Hercule » ?

Trois nouvelles des hauts neuchâtelois pleines de vie et d’anecdotes. Une redécouverte de la vie et des mots d’autrefois !

T. Combe est le pseudonyme d’Adèle Huguenin-Vuillemin. Née au Locle, en 1856, dans une famille d’horlogers, elle fut, elle aussi, institutrice à 16 ans. C’est pour compléter son revenu qu’elle se mettra à écrire à 21 ans, avec succès.  Elle séjournera à Londres puis à Paris. Revenue en Suisse, elle sera une écrivaine et conférencière renommée, chrétienne, féministe, militante contre l’alcoolisme. Elle adhérera, à 57 ans, au parti socialiste (favorable au suffrage féminin). Elle décède dans sa maison des Brenets à 77 ans en 1933.

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