Philosophie

Voltaire – L’Homme aux quarante écus

Voltaire - L'Homme aux quarante écus - Bibliothèque numérique romande - Maquette Laura Barr-Wells photo G. GaritanVoltaire – L’Homme aux quarante écus : C’est l’histoire d’un mec…un agriculteur raisonnablement naïf avec un petit terrain. Quarante écus, c’est ce que pourrait lui rapporter son bien. Pourquoi quarante écus ? C’est la somme qu’on obtient en divisant le nombre d’arpents du royaume par le nombre de ses sujets, et de la rente associée à la surface correspondante. Certain verront là la première ébauche d’un revenu de solidarité active, comme le propose Wikipédia.

Des revenus modestes qui seraient suffisants… sauf qu’il y a les impôts et les taxes qui lui en mangent la moitié. Déconfit, l’homme va voir un spécialiste, le géomètre, qui lui explique bien des choses : ce qui n’empêchera pas l’homme d’être ruiné et emprisonné…S’il s’en sort et se marie, son besoin de comprendre n’est pas assouvi.

Dans ce pamphlet féroce contre les technocrates de l’époque, Voltaire s’y révèle un économiste quasi prophétique. Si d’autres peuvent trouver décousus cette suite de dialogues et de petites histoires où la caricature alterne avec l’ironie, Voltaire répond par avance : « C’est le sort de toutes les conversations de passer d’un sujet à un autre »

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Goethe Johann Wolfgang von – Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister (livres 5 – 8)

Goethe Johann Wolfgang von – Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister (livres 5 – 8) - Bibliothèque numérique romande - Sylvie SavaryGoethe Johann Wolfgang von – Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister (livres 5 – 8) : Un ouvrage très célèbre en Allemagne, remarquable tant par la qualité de l’écriture que par le cheminement initiatique du jeune Wilhelm Meister qui va peu à peu perdre ses illusions d’enfant pour s’accomplir finalement en tant qu’homme sensible et responsable.

Cette fiction romanesque, histoire d’une vocation théâtrale sur laquelle plane l’ombre de Shakespeare, d’une aventure amoureuse et de la genèse d’un caractère, permet à Goethe de développer sa réflexion sur l’art et la philosophie de l’existence. L’archétype du roman de formation allemand.

Johann Wolfgang von Goethe, né le 28 août 1749 à Francfort et mort le 22 mars 1832 (à 82 ans) à Weimar, est un romancier, dramaturge, poète, théoricien de l’art et homme d’État allemand, passionné par les sciences, notamment l’optique, la géologie et la botanique, et grand administrateur. (Wikipédia). Jacques Porchat (Jean-Jacques Porchat-Bressenel) professeur de droit criminel à Lausanne puis de rhétorique et littérature latines à l’Académie de Lausanne, est un romancier et poète, traducteur de textes de Goethe.

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Saint-Exupéry Antoine de – Terre des Hommes

Saint-Exupéry Antoine de - Terre des Hommes - Bibliothèque numérique romande - Bjørn Christian Tørrissen Erg ChebbiSaint-Exupéry Antoine de – Terre des Hommes : Lire un roman d’Antoine de Saint-Exupéry est toujours une plongée philosophique qui ne laisse personne indifférent. L’homme n’est ni seulement un pilote, ni seulement un écrivain, il nous fait vivre un voyage dans les entrailles de chaque homme et mêle intimement méditations, marche personnelle et  témoignages des aléas du voyage au début de l’ère de l’Aérospatiale.

On partage l’excitation, mêlée d’angoisse, des découvertes du monde de l’aviation, de sa première mission, plongé dans l’inconnu du ciel et de ses mystères. On admire ses amis : Mermoz le défricheur, Guillaumet et sa marche de survie, le silence tellement explicite de l’homme qui vient de frôler la mort ; on meurt quasiment de soif à ses côtés lorsqu’accompagné de Prévost, ils s’écrasèrent dans le désert libyen qui faillit les engloutir à jamais ; on délire de leurs hallucinations, on quémande une goutte de rosée dusse-t-elle goûter le fuel. On se cramponne face aux déferlements des éléments déchaînés qui n’offrent pas toujours de deuxième chance. On comprend mieux combien est ténue parfois la cohabitation et la servitude entre les hommes.

Et l’on se prend à respirer d’une manière plus respectueuse ce temps que la vie nous offre, instants après instants, précieux et fragiles. Personne ne parle mieux de l’avion que Saint-Exupéry, de ces avions qui ouvrirent la route aux grands voyages d’aujourd’hui, et dont nous ne mesurons plus toute la part de magie que signifiait alors arriver à bon port. Saint-Exupéry délaisse le lyrisme des premiers récits comme Courrier Sud ou Vol de nuit et s’oriente vers une écriture plus classique, dominée par les préoccupations philosophiques : une réflexion sur l’homme dans ses rapports avec l’univers. Il défend au travers de ce roman l’intime nécessité d’appartenance à la communauté, l’entraide entre les hommes, la responsabilité de chacun sur cette terre ; mais il prône aussi la recherche de soi-même au travers de la solitude pour pouvoir être un tout avec les autres.

Antoine de Saint-Exupéry reçut pour cet ouvrage qui parut en 1938, le Grand Prix du roman de l’Académie Française. La sobriété et la justesse des mots en font un grand roman…. à découvrir ou à relire.

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Voltaire – Le Taureau blanc et autres Contes

Voltaire - Le Taureau blanc et autres Contes - Bibliothèque numérique romande - Statuette en bronze du dieu ApisVoltaire – Le Taureau blanc et autres Contes (Aventure de la mémoire, Le Taureau blanc, L’Histoire de Jenni ou le Sage et l’Athée, Lettres d’Amabed) : Bien que moins connus que Zadig, Candide ou Micromégas, les contes qui figurent dans ce recueil sont tout aussi caractéristiques de la manière de Voltaire ; mais ne nous y trompons pas : comme les autres, ils n’ont de contes que le nom ; comme les autres, ce sont de véritables brûlots que Voltaire lance contre ses adversaires de tout poil : Les sorbonnards, les jésuites et les jansénistes, notamment, dans l’Aventure de la mémoire, où la satire revêt par instants le costume du burlesque le plus échevelé. La religion, à laquelle il s’en prend dans le Taureau blanc, fantaisie orientale qui présente par ailleurs de nombreuses caractéristiques des contes de fée et dans laquelle, au moyen d’une parodie de différents épisodes bibliques, il assimile implicitement le livre sacré des chrétiens aux recueils de récits fabuleux de l’antiquité païenne. L’athéisme et le matérialisme dans l’Histoire de Jenni, qu’il pourfend afin de défendre le déisme et célébrer l’éloge « d’un être souverainement intelligent et puissant », dans lequel on reconnaît bien sûr son « grand horloger ». La religion encore, mais aussi le colonialisme et le despotisme, dans les Lettres d’Amabed, où, à partir d’une trame pseudo-orientaliste fort mince, il lance toute une série de pamphlets destinés à écraser « l’infâme » une fois de plus, en même temps que ceux qui se servent d’elle pour mener à bien leurs entreprises expansionnistes.

Dans ces contes, même s’ils mettent en scène un orient plus ou moins crédible, Voltaire s’adresse donc essentiellement à ses compatriotes et dénonce des problématiques occidentales avec, çà et là, d’ailleurs, la manifestation des préjugés de son époque vis-à-vis des noirs ou d’autres peuples. L’humour et la dérision restent les armes favorites de Voltaire : « La fantaisie du conteur s’exerce sur des réminiscences bibliques en produisant de constants décalages […] Quand le conteur brode sur le canevas d’un imaginaire ancien des aventures cocasses, quand il tient avec impassibilité un discours incongru, en mimant le plus grand naturel malgré la présence d’incompatibilités arbitraires et de décrochages, il crée, par l’alliance de la virtuosité et de la feinte naïveté […] un univers étrange, d’une poésie surréelle. » (Marie-Hélène Cotoni, Intertextualité et humour dans le Taureau blanc de Voltaire, Cahier de Narratologie, 13/2006)

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Voltaire – Zadig et autres contes

Voltaire - Zadog et autres Contes - Bibliothèque numérique romande - Mosquée Sheikh Lotfollah Shervin Le DuVoltaire – Zadig et autres contes : Zadig ou la destinée, Les Oreilles du Comte de Chesterfield et le Chapelain Goodman, Les deux Consolés, Aventure indienne : « Jamais vingt volumes in-folio ne feront de révolution, écrivait Voltaire à D’Alembert le 5 avril 1765 ; ce sont les petits livres portatifs à trente sous qui sont à craindre. » On ne saurait mieux décrire l’impact des Contes philosophiques, dont les meilleurs sont passés à la postérité sans prendre une ride.

Zadig ou la destinée se présente comme un conte oriental traduit du chaldéen et de l’arabe. Son traducteur fictif, un dénommé Sadi, le dédie à la sage et belle Sultane Sheraa, qui ne serait autre que Madame de Pompadour. Zadig, en effet, est un portrait pétillant et caustique de Versailles, que Voltaire connaissait bien puisqu’il y occupa, entre 1744 et 1747, les fonctions de gentilhomme de la chambre et d’historiographe du roi.

Son héros, un jeune Babylonien prospère et ingénu, réunit toutes les vertus philosophiques du siècle des Lumières. C’est « un esprit juste et modéré, un cœur sincère et noble », réputé pour sa sagacité et sa tolérance ; épicurien raffiné et galant, tout entier tourné vers la quête du bonheur, Zadig, comme Voltaire lui-même, aime philosopher et se divertir en lisant dans « ce grand livre que Dieu a mis sous nos yeux ». Mais son trop grand mérite fait naître des jalousies qui l’exposent aux caprices du destin. Nommé premier ministre, puis disgracié et chassé de Babylone, Zadig, comme tous les héros de conte, est entraîné dans un voyage initiatique qui le conduira des bords de l’Euphrate jusqu’en Égypte ; réduit en esclavage, puis affranchi par son maître, il traversera l’Arabie et la Syrie avant de retourner à son point de départ.

Confronté à mille obstacles qui mettent sa raison et son optimisme à rude épreuve, Zadig découvre qu’il n’est pas facile d’être heureux : « Qu’est-ce donc que la vie humaine ? Ô vertu ; à quoi m’avez-vous servi ? […] Tout ce que j’ai fait de bien a toujours été pour moi une source de malédictions […] Si j’eusse été méchant comme tant d’autres, je serais heureux comme eux. » Ces lamentations, qui se répètent comiquement tout au long du récit, sont le biais par lequel Voltaire, fidèle à ses préoccupations théologiques, pose le problème du mal et de la Providence. La réponse à cette révolte ne surgira qu’in extremis, avec l’apparition d’un ange-ermite qui, tel un deus ex machina, révèle à Zadig « qu’il n’y a point de mal dont il ne naisse un bien ». S’inclinant à contrecœur devant les voies impénétrables de la divinité, le héros finira par triompher de l’adversité et épousera Astarté, reine de Babylone.

Or ce dénouement de conte de fées, qui date de l’édition de 1748, est aussi peu convaincant que les révélations de l’ange, qui balaie un peu trop prestement les objections que Zadig oppose à son prêche sur la Providence. Voltaire en était conscient puisqu’il ajouta, autour de 1752, deux chapitres et surtout un post-scriptum humoristique dans lequel le traducteur fictif, reprenant la plume, nous apprend que, loin de savourer son bonheur, Zadig a essuyé d’autres mésaventures, tout aussi arbitraires que les précédentes. La Providence semble décidément bien indifférente au sort de l’homme…

Cette ultime et comique boutade, qui contredit la version de 1748, est la preuve, s’il en faut, que le Voltaire des Contes philosophiques ne se contente pas de suivre le modèle hérité des Mille et une nuits ; grâce à sa verve et son ironie caustique, il subvertit un genre qu’il considérait comme une pure bagatelle et le transforme en une arme redoutable contre l’obscurantisme et la barbarie. C’est ce qui donne à Zadig et aux trois contes qui suivent toute leur vibrante actualité.

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Rousseau Jean-Jacques – Rousseau juge de Jean-Jacques

Rousseau juge de Jean-Jacques - Jean-Jacques Rousseau - Bibliothèque numérique romande - Allan Ramsay Rousseau en costume arménien rousseau écrivant une partition de musique Montjoye Maquette Laura Barr-WellsRousseau Jean-Jacques – Rousseau juge de Jean-Jacques, dialogues : De retour à Paris en 1770 après huit ans d’exil, Rousseau, qui vit modestement de son métier de copiste, est invité dans les salons à lire des extraits de ses Confessions. Contre son attente, ces lectures semi-privées se heurtent au silence gêné des auditeurs. Craignant les révélations compromettantes pour elle-même et ses amis philosophes, Mme d’Epinay, son ancienne protectrice, les fait interdire. Se sentant trahi et espionné de toute part, Rousseau passe alors à l’offensive et, reprenant la plume, compose ses Dialogues. Ce long travail d’apologie l’occupera par intermittence de 1772 à 1776, mais ne paraîtra qu’à titre posthume. Persuadé, non sans raison, qu’il est victime d’un vaste complot occulte et que des ennemis anonymes cherchent à détruire son œuvre en publiant sous son nom des textes dont il n’est pas l’auteur, Rousseau se constitue à la fois juge, avocat et partie et met en scène le procès qu’on lui refuse dans la réalité. Son plaidoyer, organisé en trois Dialogues, oppose deux personnages : un certain « Rousseau », qu’il ne faut pas confondre avec l’auteur, mais qui connaît parfaitement ses écrits ; en face de lui, un Français, porte-parole naïf de toutes les calomnies qui circulent au sujet du dénommé « Jean-Jacques », tiers absent et unique objet de ces débats.

Dans le Premier Dialogue, Le Français, qui n’a jamais vu ni lu « Jean-Jacques », déclare qu’il est un « monstre exécrable », un imposteur et un plagiaire. « Rousseau » riposte non sans ironie que l’auteur de La Nouvelle Héloïse et de l’Émile ne saurait être celui des crimes qu’on lui impute. Il y aurait donc deux « Jean-Jacques »… Pour éclairer ce mystère, ils conviennent, l’un d’aller lui rendre visite, l’autre de lire ses livres. « Rousseau » rapporte dans le Deuxième Dialogue que l’individu qu’il a rencontré n’a rien d’un criminel. C’est un honnête homme, un innocent, un rêveur timide et maladroit, qui se considère avant tout comme « le peintre de la nature et l’historien du cœur humain ». Dans le Troisième Dialogue, contrepartie intellectuelle du portrait moral qui précède, le Français, qui a enfin lu « Jean-Jacques », commente en détail ses lectures et reconnaît qu’il en a été ému jusqu’au fond de l’âme. Revenu de ses préjugés, il accepte, sinon de rencontrer « J.-J. », du moins de contribuer à sa réhabilitation.

Œuvre brillante, mais déroutante, Rousseau juge de Jean-Jacques est le « J’accuse » d’un écrivain qui ne s’appartient plus, qui ne maîtrise plus sa réputation, et qui en souffre d’autant plus cruellement qu’en « défenseur intransigeant de la vertu » (Starobinski), il s’est toujours senti redevable de son image*. Pour nombre de lecteurs, le clivage du nom et du prénom, allié au ressassement obsessionnel de griefs tant réels qu’imaginaires, sont les symptômes d’un état paranoïaque qui atteint ici son paroxysme. Pour d’autres au contraire, cet autoportrait à deux voix est une habile « mise en scène de soi » (Delormas) par laquelle l’auteur, reprenant fictivement le contrôle de son nom, cherche en même temps à assurer l’intégrité et la pérennité de son œuvre**. On constate en effet au terme de Dialogues que Rousseau ne s’adresse plus aux Français, ni au roi, ni même à Dieu, et que, renonçant à obtenir gain de cause auprès des hommes de son siècle, il s’en remet désormais à la postérité, certain qu’elle seule saura un jour lui rendre justice. (*Jean Starobinski, Accuser et séduire. Essais sur Jean-Jacques Rousseau (Paris, Gallimard, 2012) 38-39. **Pascale Delormas, De l’autobiographie à la mise en scène de soi. Le cas Rousseau. (Limoges, Lambert-Lucas, 2012), 46, 197.)

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Voltaire – L’Ingénu

L'INgénu - Voltaire - Bibliothèque numérique romande - Un chasseur huron-wendat appelant l'orignal Cornelius Krieghoff Voltaire – L’Ingénu : Comment peut-on être Huron ? L’Ingénu, élevé dans ces tribus « sauvages », se révèle être le fils perdu d’un capitaine bas Breton : arrivé en France, il doit donc s’intégrer. Mais il reste un « huron », habitué à la loi naturelle et profondément étonné par la société de l’époque de Louis XIV et par l’hypocrisie de ses conventions. Celle-ci persuadée que, sans la tour de Babel, tout le monde parlerait français, ne comprend pas qu’on puisse préférer le langage huron.

L’Ingénu, qu’on « doit » baptiser, ne comprend pas pourquoi les coutumes religieuses diffèrent tant de l’évangile qu’on lui fait lire. Il se heurte aux doctrines religieuses, le jansénisme, le protestantisme et à la puissance des jésuites et de leur casuistique. Amoureux, il découvre combien il est impossible alors de se marier par simple accord entre deux adultes. Enfin, monté à Paris, il ne comprendra rien aux rouages et subtilités de l’administration versaillaise : il finira fort mal. Ce sera finalement son amoureuse, Mlle Saint-Yves qui se sacrifiera pour le sauver…

Au fil du roman, ce « naïf » étanche sa soif de connaissances nouvelles et, grâce à son ami Gordon, découvre la culture occidentale, non sans que Voltaire nous en fasse parcourir, avec son humour habituel, les contradictions, les ridicules et les dangers. Drame sentimental, l’Ingénu repose à nouveau la question du malheur : est-il bon à quelque chose, comme l’affirme Gordon ou, « comme bien des gens dans le monde ont pu dire : Malheur n’est bon à rien ! »

L’Ingénu fut adapté à l’opéra, au théâtre, au cinéma et à la télévision.

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Voltaire – Traité sur la Tolérance

Traité sur la Tolérance - Voltaire Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Bras de mer près de MaguelonneVoltaire – Traité sur la Tolérance, Conversation de Lucien, Érasme et Rabelais aux Champs-Élysées, De l’horrible danger de la lecture : « Ce petit globe, qui n’est qu’un point, roule dans l’espace, ainsi que tant d’autres globes ; nous sommes perdus dans cette immensité. […] Un de ces êtres imperceptibles dit à quelques-uns de ses voisins, dans l’Arabie, ou dans la Cafrerie : « Écoutez-moi ; car le Dieu de tous ces mondes m’a éclairé : il y a neuf cent millions de petites fourmis comme nous sur la terre ; mais il n’y a que ma fourmilière qui soit chère à Dieu, toutes les autres lui sont en horreur de toute éternité ; elle sera seule heureuse, et toutes les autres seront éternellement infortunées. » […] J’oserais dire, par exemple, à un dominicain inquisiteur pour la foi : « Mon frère, vous savez que chaque province d’Italie a son jargon, et qu’on ne parle point à Venise et à Bergame comme à Florence. L’Académie de la Crusca a fixé la langue […] mais, croyez-vous que le consul de l’Académie, et en son absence Buon Matei, auraient pu en conscience faire couper la langue à tous les Vénitiens et à tous les Bergamasques qui auraient persisté dans leur patois ? » L’inquisiteur me répond : « Il y a bien de la différence, il s’agit ici du salut de votre âme ; c’est pour votre bien que le directoire de l’Inquisition ordonne qu’on vous saisisse sur la déposition d’une seule personne, fût-elle infâme et reprise de justice ; que vous n’ayez point d’avocat pour vous défendre, que le nom de votre accusateur ne vous soit pas seulement connu ; que l’inquisiteur vous promette grâce, et ensuite vous condamne ; qu’il vous applique cinq tortures différentes, et qu’ensuite vous soyez ou fouetté, ou mis aux galères, ou brûlé en cérémonie : […] cette pieuse pratique ne peut souffrir de contradiction. » […]

Il y a dans l’Europe quarante millions d’habitants qui ne sont pas de l’Église de Rome : dirons-nous à chacun d’eux, « Monsieur, attendu que vous êtes infailliblement damné, je ne veux ni manger, ni contracter, ni converser avec vous ? »

Un traité rafraîchissant, écrit sur le coup d’une indignation (l’exécution sur la roue d’un protestant de Toulouse) dans lequel Voltaire fait le tour des diverses manifestations de Tolérance et d’Intolérance ou du Fanatisme dans le christianisme, chez les Romains de l’Antiquité et chez le Juifs. Parfois un peu daté dans quelques jugements à l’emporte-pièce portés sur des peuples de l’antiquité mais un plaidoyer incisif contre le fanatisme religieux car une « religion forcée n’est plus religion » et « ne produit que des hypocrites ou des rebelles. »

« Ne devons-nous pas, conclut-il, regarder tous les hommes comme nos frères. Quoi ! mon frère le Turc ? Mon frère le Chinois ? le Juif ? le Siamois ? Oui, sans doute ; ne sommes-nous pas tous enfants du même père, et créatures du même Dieu ? […] La nature dit à tous les hommes : Je vous ai tous fait naître faibles et ignorants, pour végéter quelques minutes sur la terre et pour l’engraisser de vos cadavres. Puisque vous êtes faibles, secourez-vous ; puisque vous êtes ignorants, éclairez-vous et supportez-vous. Quand vous seriez tous du même avis, ce qui certainement n’arrivera jamais, quand il n’y aurait qu’un seul homme d’un avis contraire, vous devriez lui pardonner ; car c’est moi qui le fais penser comme il pense. »

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Nodier Charles – Histoire du Chien de Brisquet, Le Songe d’Or

Histoire du Chien de Brisquet, Le Songe d'Or - Charles Nodier - Bibliothèque numérique romande - illustration Thierry Johannot Nodier Charles – Histoire du Chien de Brisquet, Le Songe d’Or : Histoire du Chien de Brisquet : Un bûcheron, Brisquet, et sa femme, Brisquette, leurs enfants et la Bichonne, le Chien de Brisquet, vivent vers l’étang, à l’orée de la forêt. Voici qu’un hiver très froid, les loups reviennent… Ni les enfants ni la Bichonne ne doivent s’aventurer dans les bois mais si c’était Brisquet qui ne revenait pas ? Vous devinez la suite… Une histoire pleine de fraîcheur qui prend vie avec les illustrations de Thierry Johannot.

Le Songe d’Or, Fable levantine : Quel beau lézard que le Kardouon ! Tout vêtu de topaze et d’or avec un cou chatoyant et des yeux brillants comme des escarboucles ! Voici qu’il trouve de rondes tranches de carottes qui, bien qu’un peu jaunies et dures comme le métal, lui semblent bien appétissantes. Pourquoi ne pas les mettre à rafraîchir vers la rivière, là où pousse le grand arbre aux frondaisons si accueillantes ? Quelle histoire pour Xaïloun le simple qui admire tant les habits du Kardouon ! Et pour Abhoc, le fakir fatigué de ses macérations et de ses jeunes ! Et pour Abhac, le docteur en droit, plongé dans la résolution d’un cas difficile ! Et pour le sanguinaire Roi des Sables ! Le sage poète Lockman prendra soin de tout ce monde… jusqu’à ce que vienne l’Esprit de Dieu avec ses ailes bleues comme un papillon géant.

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Voltaire – La Princesse de Babylone et autres Contes

La Princesse de Babylone - Voltaire - Bibliothèque numérique romande - Statuette de femme nue, peut-être la Grande Déesse babylonienneVoltaire – La Princesse de Babylone et autres Contes : Memnon ou la Sagesse humaine ; Le Monde comme il va, Visions de Babouc :

Formosante un Candide au féminin ? Princesse de Babylone, elle est amoureuse du bel Amazan, un berger des « Gangarides », pays idéal où règne justice et égalité, qui chevauche des licornes et se présente accompagné du phœnix. Elle parcourt le monde à sa recherche, de la Chine à la Russie, de la Suède à la Hollande, puis d’Angleterre à Rome et enfin de Paris à l’Espagne. Amazan et elle y rencontrent des gouvernements éclairés, des tyrans, une monarchie constitutionnelle et même le « Vieux des sept Montagnes » de Rome et l’Inquisition qui décide de brûler Formosante.

Contrairement à Candide, ces voyages n’interrogent pas la destinée et la fatalité mais les mœurs, les régimes politiques et la religion. L’humour et les sarcasmes voltairiens n’y manquent pas leurs buts et l’on rit des « trois génuflexions » et du « baiser des pieds » du pontife, rites nécessaires à une audience, ou des inquisiteurs qui « apprenant que la dame avait une prodigieuse quantité de diamants, la jugèrent incontinent sorcière. » Mais c’est aussi une vraie histoire d’amour, pleine de fraîcheur entre deux amants que des quiproquos et des faux pas séparent et réunissent à tour de rôle.

Suivi de deux nouvelles : Memnon ou la Sagesse humaine : Memnon, s’il décide de suivre la voie de la sagesse, n’est-il pas en train de faire une sottise ? Et Le Monde Comme il va, visions de Babouc dans laquelle Babouc est chargé d’une grave décision : Persépolis doit-elle être détruite pour sa perversité ou mérite-t-elle une seconde chance ?

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