
Gilbert Marion (Maurel-Bussard Odette) – L’Ornière : Le jour même où les cloches et clairons de l’Armistice de 1918 annoncent la fin du carnage, l’histoire s’ouvre sur un paradoxe saisissant. Alors que Reine Almin de la Mazure et sa mère célèbrent dans l’allégresse la paix retrouvée, leur euphorie s’avère éphémère et la réalité s’abat sur elles. La ruine les contraint à l’exil de leur château familial. Reine est alors plongée dans un monde dont elle ignorait tout.
Ce déracinement n’est que le prélude à une série d’épreuves. Elle découvre l’âpreté de la vie rurale, confrontée à la médisance corrosive des villageois, aux trahisons insidieuses de son entourage et aux agressions. Chaque pas est un défi, chaque rencontre, une potentielle blessure. Pourtant, au cœur de cette tourmente, malgré ses peines et ses deuils, une force inattendue émerge.
Au-delà de la narration, Marion Gilbert explore avec sensibilité des thèmes universels : la perte, le carcan des conventions sociales et la quête de l’indépendance. L’autrice tisse le portrait d’une femme confrontée aux bouleversements de son époque, mettant en lumière sa force intérieure face aux défis imposés par la société et le destin.
Odette Maurel (1876-1951), féministe et écrivaine, est la fille d’un pasteur et d’une mère anglaise. Elle épouse, à 26 ans, Léon Bussard, ingénieur agricole et elle aura trois enfants. Intéressée très tôt et à l’écriture, elle collabore avec des journaux de sa région havraise puis réalise des traductions, souvent avec sa sœur aînée (Dickens, Brontë,…). Son premier roman, Du sang sur la falaise, paraît alors qu’elle a 34 ans. Il sera suivi d’autres publications, la plupart du temps en feuilleton dans La Petite Illustration. La Maison du doute, publié en 1929, fut reconnu comme l’un des meilleurs romans féminins.
Militante féministe dès 1910, elle fonde également le Club George Sand avec la petite-fille de l’autrice, Aurore Sand. Elle est, en 1928, l’une des vingt fondatrices du club gastronome féminin Les Belles Perdrix (les femmes n’étant pas admise aux réunions hebdomadaires de l’exclusif et masculin Club des Cent) dont le livre de recettes paraît en 1930. Elle présente ses oeuvres, cette même année, à l’exposition des écrivains-peintres, où seront également Lucie Delarue-Mardrus et Anna de Noailles. Elle participera encore à l’Académie féminine des lettres fondée par Marie de Wailly. (Source de cette biographie: Wikipédia.)

Une œuvre magistrale où le monde paysan normand du début du XXème siècle est scruté avec un regard sans complaisance. Le style est très fluide, l’histoire passionnante et le livre se lit d’un trait.