Littérature suisse romande et des régions voisines

Pourtalès Guy de – La pêche miraculeuse (tome 1)

Pourtalès Guy de – La pêche miraculeuse 1 - Bibliothèque numérique romande Sylvie S. Mouettes en rade de GenèvePourtalès Guy de – La pêche miraculeuse tome 1 : Guy de Pourtalès (1881-1941) passe son enfance et sa jeunesse à Genève et à Vevey, fait ses études à Neuchâtel puis en Allemagne où il développe sa culture musicale.  Soldat volontaire durant la première guerre mondiale, il vit par la suite entre Paris et les rives du Léman.
« La Pêche Miraculeuse » (Grand Prix du roman de l’Académie française en 1937) est une vaste fresque de la société romande des années 1900-1920, vue à travers les aventures d’un jeune aristocrate genevois, Paul de Villars. Amours brisées, années d’études, puis la guerre, les voyages, les retours aux origines, les difficultés financières – autant d’étapes dans la vie de Paul de Villars jusqu’à ce qu’il parvienne à l’épanouissement et la maturité. Le premier tome raconte son enfance sur les bords du lac Léman, ses études à Neuchâtel, ses premières amours, son départ en Allemagne pour devenir musicien et son retour à Genève.

Illustration : Sylvie Savary, Mouettes en rade de Genève (maquette Laura- Barr-Wells).

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Morsier Émilie de – Parsifal

Morsier Émilie de - Parsifal - Bibliothèque numérique romande - Ancha Aurore boréale en NorvègeMorsier Émilie de – Parsifal de Richard Wagner ou l’idée de la rédemption : Pour le 8 mars nous vous présentons Émilie de Morsier-Naville (31.10.1843, Vernier – 13.1.1896 , Paris), fille de la bourgeoisie protestante genevoise, installée à Paris où elle vécu la guerre de 1870 et la  Commune, elle fut infirmière dans un centre médical homéopathique. Féministe, auteure de « La mission de la femme » et proche de Joséphine Butler, membre du comité exécutif de la Fédération abolitionniste internationale (FAI) et sympathisante socialiste, elle refusa les idées évangéliques répressives.  Férue de magnétisme, de spiritualité et d’ésotérisme, (elle collabora à une revue consacrée à ces sujets) cet essai sur l’opéra Parsifal  est marqué par ces intérêts.

Matérialisation d’un coup de foudre, ce livre découle de sa découverte de Parsifal à Bayreuth où elle resta saisie par cette œuvre dont les références étaient en correspondance avec ses recherches  spirituelles  et ésotériques. Elle s’attache dans cette étude à l’idée de la rédemption notamment celle du personnage féminin, la sorcière Kundry.  Bien que muette sur l’antisémitisme de Wagner (exploité par le régime nazi un peu moins d’un demi siècle plus tard), Émilie de Morsier, à l’instar de son mentor, Édouard Schuré , musicologue wagnérien passionné et auteur des « Grands Initiés »  (à qui elle dédie ce livre et qui en a écrit la préface), ne partageait pas plus que lui les idées nationalistes exacerbées de Wagner. Une écriture facile et légère, un essai qui met un opéra wagnérien à la portée d’un plus grand public.

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Pergaud Louis – La revanche du corbeau

Pergaud Louis – La revanche du corbeau - Bibliothèque numérique romande - Sylvie SavaryPergaud Louis – La revanche du corbeau, nouvelles histoires de bêtes : On connaît surtout Louis Pergaud pour être l’auteur de La Guerre des boutons. Mais cet écrivain franc-comtois a aussi reçu, en 1911, le prix Goncourt pour De Goupil à Margot où il met en scène dans sa région des histoires d’animaux tout en leur prêtant des impressions, des réactions et des souffrances proches des nôtres. Socialiste et antimilitariste, il allait pourtant décéder en 1915 dans les tranchées de la Grande Guerre.

Édité en 1911, juste avant La Guerre des boutons, La revanche du corbeau, nouvelles histoires de bêtes confirme Louis Pergaud comme auteur des drames du règne animal. Il nous emmène dans un monde où les animaux prennent la parole pour nous raconter comment ils vivent, quelles sont leurs habitudes, mais surtout combien leur vie est dangereuse, comment ils collaborent et luttent pour leur survie. Ses descriptions réalistes, cruelles et très détaillées du monde animal tout proche (blaireau, furet et martres, corbeaux et buses, coquelet, coq et poules) évoquent des ressemblances entre les instincts parfois malfaisants des animaux (la vengeance ou la domination, par exemple) et ceux des hommes. Un zeste d’anthropomorphisme, certes, mais beaucoup de réalisme et de naturalisme dans ces histoires racontées dans une langue magnifique.

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Roorda Henri (Balthasar) – Le pédagogue n’aime pas les enfants

Roorda Henri (Balthasar) – Le pédagogue n’aime pas les enfants - Bibliothèque numérique romande - illustration Rodolphe TöpfferRoorda Henri (Balthasar) – Le pédagogue n’aime pas les enfants : Roorda, le « prof de math » désabusé,  nous offre, dans cet essai de 1917, une critique de l’institution d’enseignement d’une étonnante modernité. Il en dénonce le cadre : L’écolier est un prévenu. Enfermés, assis, inoccupés, passifs, les élèves subissent  l’ordre immuable de l’école où les leçons se succèdent comme elles se sont succédées la semaine précédente. L’imprévu n’existe pas. Nous ne faisons pas faire aux élèves l’apprentissage de la liberté mais tout semble fait pour entretenir le zèle docile de l’écolier qui deviendra plus tard un bon employé.

Il en critique aussi le contenu : L’écolier ne connaît de la science que ce qui n’a aucune valeur éducative. La culture générale que nous donnons à nos élèves est un vernis qui n’augmente pas leur puissance. L’école devrait se poser la question : la science que j’enseigne a-t-elle une valeur générale ? quel profit pour l’enfant ?

Opposant l’intelligence  de l’enfant et la bêtise de l’écolier, Roorda pose quelques jalons d’une école idéale  qui donnerait l’occasion à l’enfant d’améliorer ses aptitudes propres, où l’enseignant ne serait  pas pressé de parcourir tout le programme, de communiquer sa propre science mais s’adaptera aux rythmes de l’élève. Une école qui poserait l’activité d’abord, la formule après.

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Monnier Philippe – Le livre de Blaise

Monnier Philippe - Le livre de Blaise - Bibliothèque numérique romande - Anne Van de Perre Arc-en-ciel et orage devant le SalèveMonnier Philippe – Le livre de Blaise : Philippe Monnier met en scène Blaise, un original et poète marginal qui, en se souvenant de son enfance et de ses années d’écolier, fait un panégyrique ironique et attendri, peut-être un brin chauvin, du collège public de Genève, le Collège Calvin, institution qui a formé des générations de garçons, devenus élites masculines de la « République et Canton de Genève ». Ses souvenirs nous évoquent parfois Titeuf ou le petit Nicolas. Il fait tour à tour l’éloge des « gattes » (l’école buissonnière) qui, autant que l’école, trouve-t-il, permettent un apprentissage utile : « un arbre m’inspire autant d’amitié qu’un pédagogue ; et la nature m’offre une leçon que selon moi la vieille humanité n’a pas fini d’épeler » ou de la « bourrée » (combats) dans les cours de récréation qui serait un exutoire, pour les écoliers, à la violence contenue dans le cadre scolaire et social.

Comme son héros, cet écrivain genevois (1864-1911) qui vécu à Paris, Munich, Florence et Genève fut aussi poète, journaliste, historien de l’art avant la lettre, féru d’archéologie. Ses écrits sur la vie genevoise, notamment les Causeries genevoises et l’Histoire de Blaise,  lui apportèrent la notoriété. Il a aussi écrit sur l’Italie, l’histoire et les arts.

Illustration : Anne Van de Perre, Arc-en-ciel et orage devant le Salève (Maquette Laura Barr-Wells)

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Huguenin Oscar – Josué le magister

Huguenin Oscar - Josué le magister - Bibliothèque numérique romande - Anne Van de Perre Dans le JuraHuguenin Oscar – Josué le Magister : Josué Convers est maître d’école à la vallée de la Sagne, dans le canton de Neuchâtel, vers les années 1730. C’est un maître qui aime ses élèves, mais avec les méthodes militaires de l’époque. On voit évoluer ses élèves, souvent frondeurs mais respectant leur maître, ses voisins proches et des villages avoisinants. La vie s’organise entre l’école, le travail aux champs, la fabrication de dentelles pour les femmes, les soirées en famille et entre voisins, le culte et les rassemblements militaires.

Une grande solidarité et une chaleur humaine se dégagent de ces pages, écrites par Oscar Huguenin, enseignant neuchâtelois de la fin du 19ème, parfois un peu moralistes, mais très descriptives des mœurs campagnardes de cette époque, agrémentées de nombreuses expressions « du cru » et de phrases en patois.

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Rod Édouard – L’indocile

Rod Édouard – L’indocile - Bibliothèque numérique romande - Sylvie S. Toits de Rome Rod Édouard – L’indocile : Après deux échecs à l’École normale à cause de son esprit fantaisiste, Valentin Délémont doit quitter Paris et sa modeste chambre mansardée. Son oncle Romanèche, le député et directeur de l’Égalité, lui a trouvé un poste de précepteur. Valentin prend congé de ses amis : Urbain, libre penseur anticlérical, Claude, qui lui, catholique, penche plutôt pour le Sillon …et Paule-Andrée. Entre convictions politiques et croyances, entre célébrations laïques et fastes de la Ville éternelle, Valentin restera-t-il indocile ?

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Roorda Henri (Balthasar) – À prendre ou à laisser

Roorda Henri - À prendre ou à laisser - Bibliotèque numérique romande - Sylvie Savary - Lac Léman vu de Sauvabelin au dessus de LausanneRoorda Henri (Balthasar) – À prendre ou à laisser : Roorda Henri (1870-1925), pédagogue et professeur de mathématiques lausannois,  est aussi un humoriste, pamphlétaire et anarchiste, connu sous le pseudonyme de Balthasar. Paru en 1919, « À prendre ou à laisser –Le programme de lecture du professeur d’optimisme » réunit ses chroniques humoristiques publiées dans « La Tribune » et dans « La Gazette ».

Prenant le contrepied de la morale petite-bourgeoise de l’époque, H. Roorda décortique nos gestes les plus anodins dans quelques soixante-dix petits textes, perles d’humour pince-sans-rire, caustiques, sarcastiques, où l’absurde le dispute au politiquement incorrect. Sur fond de Première Guerre Mondiale, sa philosophie est désabusée mais positive, d’une fraîcheur étonnante.

Sous forme de pensées pleines de bon sens populaire, de petits récits faussement naïfs, de descriptions au ton bonhomme, Roorda critique la société des bien-pensants lausannois, porte un regard très critique sur la Grande Guerre, se moque du monde social, politique et économique dans lequel il vit, mais sans méchanceté gratuite. Juste un peu de cynisme à la Alphonse Allais. Et c’est encore d’une actualité folle, si vous n’en lisez qu’un, lisez « La détente cordiale », vous vous y retrouverez… Quelques citations choisies : L’éternuement est international : on n’éternue jamais avec un accent étranger… Si, avant de prendre parti dans quelque grande lutte, tu hésites, consulte ta femme… L’homme sera peut-être vaincu par la petite bête. Il est déjà très embêté lorsqu’il a des fourmis dans les jambes, la puce à l’oreille ou une araignée au plafond… On est toujours l’ahuri de quelqu’un…

Illustration : Sylvie Savary, Lac Léman vu de Sauvabelin au dessus de Lausanne (maquette Laura Barr-Wells).

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Nodier Charles – Jean Sbogar

Nodier Charles - Jeasn Sbogar - Bibliothèque numérique romande - Anne Van de Perre Canale grande VeniseNodier Charles – Jean Sbogar : Conçu en 1812 sur les lieux même de l’action (principalement Trieste et Venise), Jean Sbogar est l’histoire d’une jeune fille fragile, Antonia et de sa sœur, Lucile Alberti, des françaises élevées près de Trieste. Dans la région, sévit aussi un chef de bande, Jean Sbogar, qui rançonne paysans et voyageurs. Célèbre mais objet de crainte, il ne peut, bien sûr, avoir quoi que ce soit de commun avec ces jeunes femmes.

Comme l’écrit Sainte-Beuve : « le style de Nodier, avec une grâce et une souplesse qui ne seront qu’à lui et qui composeront son caractère, atteindra à peindre de la sorte les mouvements prompts, les reflets soudains, les chatoiements infinis de la verdure et des eaux, moins sans doute, dans toute scène, les grands traits saillants et simples qu’une multitude de surfaces nuancées et d’intervalles qui semblaient indéfinissables et qu’il exprime. Ainsi, dans Jean Sbogar, sa plume saisira le vol des goélands qui s’élèvent à perte de vue et redescendent en roulant sur eux-mêmes, comme le fuseau d’une bergère échappé à sa main. Ainsi, à un autre endroit, il prolongera dans le sable fin et mobile de la plage les ondulations vagues qui bercent la voiture et le rêve d’Antonia. Son mouvement de style, aux places heureuses, est tout-à-fait tel, parfois rapide et plus souvent bercé. »

Nous vous présentons ici, dans un français actualisé, la version de 1832 de ce roman, revue alors et corrigée par Charles Nodier.

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Pergaud Louis – Dernières histoires de bêtes, Le miracle de Saint-Hubert

Pergaud Louis – Dernières histoires de bêtes, La légende de Saint-Hubert - Bibliothèque numérique romande - Anne van de PerrePergaud Louis – Dernières histoires de bêtes, Le miracle de Saint-Hubert : On connaît surtout Louis Pergaud pour être l’auteur de La Guerre des boutons. Mais cet écrivain franc-comtois a aussi reçu, en 1911, le prix Goncourt pour De Goupil à Margot où il met en scène dans sa région des histoires d’animaux tout en leur prêtant des impressions, des réactions et des souffrances proches des nôtres. Socialiste et antimilitariste, il allait pourtant décéder, en 1915, dans les tranchées de la Grande Guerre. Ces Dernières histoires de bêtes sont parues à titre posthume.

Entre écureuils et geais, la concurrence peut-elle aller jusqu’à un combat en règle ? Le petit peuple rampant et volant qui habite la grande haie de la Combe a ses prédateurs qu’ils soient éperviers, buses et …pie-grièche. Tasson le blaireau est-il vraiment en sécurité dans son terrier ? Quand souffle le vent et tombe la neige on peut entendre les hurlements des maîtres de l’hiver, de retour. Pendant le réveillon les villageois fêtent mais renards et mendiants ont faim… Qui est le plus rusé, les chasseurs et leur chien ou Goupil, le renard ? Quand Roussard le lièvre trouve un truc pour échapper à Lisé le braconnier et son chien Miraut. Nous avons rajouté à ces histoires Le miracle de Saint-Hubert dans laquelle Louis Pergaud réinterprète à sa façon la légende de la conversion de Saint-Hubert.

Huit nouvelles de la forêt, des champs et des villages, parfois tragiques, dans une langue superbe.

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