20e

Wallace Edgar – Big-Foot

Big-Foot - Edgar Wallace - Bibliothèque numérique romande - maquette Laura Barr-Wells tête de mort dans une empreinte de Big-FootWallace Edgar – Big-Foot : Pauvre Gordon Cardew ! Veuf, ancien notaire, il devrait profiter d’une retraite méritée ! Sa nouvelle passion, la criminologie, l’amène à fréquenter de brillants policiers comme Minter, dit Super, ou Lattimer, son adjoint. Sa secrétaire, Elfa Leigh, le seconde avec efficacité. Une jeune femme charmante pense Jim Ferraby, le jeune procureur.

Et Cardew possède une belle propriété, Barley Stack où son voisin, le richissime américain Stephan Elsen, est de bonne compagnie et sa gouvernante… Mais, voilà ! …sa gouvernante, justement ! Hannah Shaw, une femme corpulente dont la beauté… Hum. Quant à son caractère ! Pauvre… pauvre Cardew !

Voici que Cardew découvre un billet menaçant, signé Big-Foot. Puis sa soirée est interrompue par un visiteur armé qui chante une étrange chanson espagnole. Dès lors tout se gâte. Meurtres, agressions et imprévus vont perturber la tranquillité des falaises de Pawsey-Bay. Super aura besoin de toute sa subtilité pour prévenir de nouveaux meurtres. Mais, subtile, malgré ses empreintes énormes, Big-Foot l’est aussi… Un excellent Wallace !

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Clotis Josette – Le Temps vert

Clois JOsette - Le Temps vert - Bibliothèque numérique romande - photo Lecybersurfeur Aubrac le village et les trucs en arrière planClotis Josette – Le Temps vert : Le Temps vert est un roman méridional, une œuvre de jeunesse d’une fougueuse et naïve fraîcheur : Adrienne Verdier, la jeune narratrice, évoque avec bonheur sa première enfance dans une ferme de l’Aveyron, auprès de grands-parents rudes mais aimants. Puis vient le remariage de sa mère et le départ pour la ville (Béziers, puis Villefranche-du-Rouergue). L’opulence trompeuse des premiers temps fait place à la déchéance sociale, car le beau-père passe sa vie dans les cabarets et boit toutes les économies de la famille. Avec leur air emprunté et leur patois rocailleux, Adrienne et ses sœurs sont constamment en butte aux quolibets des autres enfants, mais ni la faim ni le mépris n’entameront la rage de vivre des trois petites montagnardes. La seule planche de salut pour Adrienne est l’école, le certificat d’études, puis le brevet, qui doit lui permettre de sortir de la misère. Mais au moment de rejoindre son premier poste d’institutrice, elle ressent comme un vide existentiel devant une profession qui l’oblige à paraître autre que ce qu’elle est. Sur le chemin du départ, perdue dans un champ, elle entend le puissant appel de la terre, et fidèle à ses origines paysannes, se jure de retourner dans le village qui l’a vue naître. Ce sera un départ vers l’inconnu…

L’écriture de ce roman où rien n’indique qu’il s’agisse d’une autobiographie – mais le récit d’Adrienne ressemble à s’y méprendre à une suite de souvenirs – est simple et dépouillée ; les épisodes racontés sont souvent douloureux, parfois très joyeux mais sans jamais d’emphase ni d’artifice. C’est le trajet d’une petite fille sage dont la vie est bousculée par la mort de son père et le remariage de sa mère, et dont la famille est confrontée plus d’une fois à la faim et à la misère.

Née à Montpellier le 8 avril 1910, Josette Clotis adorait la littérature. Son premier roman, elle l’écrit à l’âge de 18 ans soutenue par Henri Pourrat lui aussi originaire du sud de la Loire. Ce sera Gallimard qui le publiera en 1932. La même année, elle entre comme journaliste à Marianne, un hebdomadaire littéraire fondé par la NRF qui se présente comme « l’hebdomadaire de l’élite intellectuelle française et étrangère » C’est là qu’elle va rencontrer André Malraux en 1933, lui-même en train de se séparer de Clara. De cette relation naîtront deux enfants. Toute leur histoire d’amour est racontée entre les pages 101 et 106 d’ André Malraux, une passion d’Anissa Benzakour-Chami paru en 2001 ou encore dans l’ouvrage de sa meilleure amie Suzanne Chantal, Le Cœur battant paru chez Grasset en 1976. Elle mourra accidentellement le 12 novembre 1944 en glissant d’un marchepied dans une gare, coupée en deux par un train à l’âge de 34 ans. (éléments tirés de Véronique Ginouvès, article Josette Clotis, Calendrier de l’Avent du domaine public 27.12.2014.)

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Doret Gustave – Lettres à ma nièce sur la musique en Suisse

Lettres à ma nièce sur la musique en Suisse - Gustave Doret - Bibliothèque numérique romande - Orchestre symphonique genevois François Rudhard Laura Barr-WellsDoret Gustave – Lettres à ma nièce sur la musique en Suisse : Octobre 1917- juillet 1918, la première guerre mondiale marque un tournant. Les États-Unis entrent en Guerre, la révolution éclate en Russie et juillet 1918 marque le début de la contre-offensive alliée. Dans cette période, Gustave Doret, un musicien suisse, écrit à sa nièce, alors à l’étranger, une dizaine de lettres sur la musique comme pour trancher avec la dureté du contexte.

Il y évoque divers aspects de la vie musicale en Suisse, la disparité de la conception de la musique entre régions alémaniques et romandes, la prépondérance de la musique germanique et les vagues de protestations que celle-ci soulève en cette période troublée, la frilosité des directeurs musicaux avides de succès commerciaux auprès d’un public pas toujours très averti et la difficulté pour un jeune compositeur de recevoir crédit de son talent. Il adresse un plaidoyer pour la défense de l’art musical suisse naissant et insiste sur la nécessité de s’y intéresser, de la programmer dans des concerts, que l’on soit un suisse ou un musicien étranger.

L’éducation musicale au sein des écoles, par contre, ne recueille pas son enthousiasme. Il critique la médiocrité du matériel musical proposé aux enfants et le danger que représente cette « non-formation » musicale scolaire pour le futur. D’illustres et nombreux compositeurs ont aimé venir en Suisse tant pour y trouver l’inspiration dans la composition que pour venir s’y ressourcer et nombreuses sont les œuvres de ces compositeurs étrangers qui ont un peu de la Suisse en elles ! Gustave Doret retrace la « naissance » de certaines de ces œuvres désormais célèbres et il conclut son recueil de lettres à sa nièce par une approche comparative entre les Conservatoires et Écoles de musique. Il n’est pas toujours tendre avec les autorités musicales de ces institutions et il invite, tant les dilletanti que les futurs professionnels , à bien rester dans leurs rôles respectifs pour le bienfait de la musique ! Cependant, il nous fait part de son admiration pour les grands interprètes que furent le pianiste Paderewski, l’organiste Widor, le compositeur Claude Debussy.

Ces lettres sont un témoignage du monde musical suisse du début du 20ème siècle, vu par les yeux d’un connaisseur, parfois dogmatique, mais surtout désireux de préserver la culture nationale encore fragile de la Suisse à ce moment-là.

Gustave Doret (1866- 1943) fut un musicien vaudois, violoniste formé à Paris, compositeur, chef d’orchestre en Suisse et à l’étranger. Il fut aussi correspondant musical et Professeur au Conservatoire de Musique de Genève.

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Wallace Edgar – L’Archer vert

L'Archer vert - Edgar Wallace - Bibliothèque numérique romande - photo TraumruneWallace Edgar – L’Archer vert : Abel Bellamy ? Ne vous fiez pas à son prénom, ni à son nom ! Personnage central de ce roman d’Edgar Wallace, il n’est nullement un parangon de vertu, et encore moins un modèle de beauté, bien au contraire : d’une laideur physique épouvantable, ce milliardaire américain installé en Angleterre est encore bien plus répugnant au moral…

L’archer vert ? Non ce n’est pas une réincarnation de Robin Hood, c’est simplement le banal fantôme d’un vilain quelconque. Jadis pendu pour avoir braconné sur les terres du château, il hante désormais la propriété du sombre Bellamy, tout à fait propice à ses noirs desseins.

Cependant les flèches décochées par l’archer vert n’ont rien de fantomatique : elles filent droit au cœur des ignobles complices de Bellamy ! Mais alors ? Fantôme or not fantôme ?

Et pourquoi diable cet archer invraisemblable s’érige-t-il en justicier pour défendre et sauver les victimes passées et présentes de ce génie du mal ?

Ne comptez pas sur nous pour vous le dire : lisez plutôt le roman d’Edgar Wallace… Mais attention : de rebondissements en péripéties, de catastrophes en coups de théâtre, vous risquez de ne pas pouvoir quitter votre liseuse avant la dernière page car «L’Archer vert» recèle tous les archétypes du roman policier gothique: le château hanté, le pacte avec le diable, le mariage avec la mort, les bandits, l’usurpateur, le crime et le châtiment, personnages et situations diaboliques auxquels l’auteur oppose l’image du justicier. Ne commencez donc pas votre lecture si vous avez du lait sur le feu ! (numérisation du Groupe des Ebooks Libres et Gratuits.)

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Tritten Charles – Heidi Jeune Fille

Heidi Jeune Fille - Charles Tritten - Bibliothèque numérique romande - photo Laura Barr-Wells Pâturage hauts de ChandolinTritten Charles – Heidi Jeune Fille : Heidi a quitté l’alpe et son petit village pour aller parfaire son instruction aux Aubépines, un pensionnat de Lausanne, où elle côtoie d’autres jeunes filles de son âge, notamment Jamy, adolescente éternellement triste. Elle progresse dans toutes les matières, et joue de mieux en mieux de son violon, grâce à l’enseignement de M. Rochat. Après un an de scolarité, elle passe d’abord le début de ses vacances au pensionnat, puis, en compagnie de son amie Jamy, elle séjourne tout un mois à Dörfli, accueillie avec amour par son parrain et son grand-père.

Quelques années plus tard, devenue institutrice, elle est nommée à l’école de Hinterwald, un petit hameau alpestre isolé, dont les habitants vivent « dans la misère et les privations ». Va-t-elle réussir à s’y imposer, voire à « éduquer une horde d’enfants à demi-sauvages » ?

Si les lecteurs pourront s’émerveiller devant la splendeur des paysages alpins et les couleurs merveilleuses d’une flore inconnue aux habitants des plats pays, ils auront l’occasion aussi de retrouver, en partie du moins, la candeur de leur âme d’enfant. Quel plus beau cadeau dans notre monde d’aujourd’hui empli de bruit et de fureur ?

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Jarry Alfred – Ubu enchaîné

Ubu enchaîné - Alfred Jarry - Bibliothèque numérique romande - dessin Alfred JarryJarry Alfred – Ubu enchaîné : Après la gloire et les avanies d’un règne en Pologne, Père Ubu et Mère Ubu sont de retour. Mais Père Ubu n’a plus son cheval à Phynances et n’ose plus énoncer son fameux mot… Que faire, cornegidouille ? Ubu est guéri de la royauté. Pourquoi alors ne pas devenir esclave, trouver bonheur et confort assurés dans la soumission ? Une soumission toute relative, d’ailleurs, car les serviteurs ont des droits et les maîtres n’ont qu’à bien se tenir ! Ou mieux encore, la prison et les galères ! On y est nourri – car il faut à Ubu ses 12 repas par jour, chandelle verte ! – logé et tranquille. Et, pour les boulets aux pieds, Mère Ubu leur tricote des chaussons… Sa servitude épanouie fait des émules au point qu’il faut détruire les quartiers environnants pour agrandir la prison. Car la liberté, quelle galère ! Les « Hommes libres » font, chaque matin, l’exercice de leur désobéissance sous les ordres du Caporal Pissedoux.

Ubu, dans sa soumission grotesque, triomphante et tyrannique – le pendant de sa royauté précédente – nous interroge sur la réalité de notre liberté dans une société industrielle dont l’hypocrisie est au cœur des rapports sociaux et où le pouvoir avance souvent masqué, mais non moins tyrannique.

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Renard Jules – Nos Frères farouches Ragotte

Nos frères farouches Ragotte - Jules Renard - Bibliothèque numérique romande - Félix Vallotton AndélysRenard Jules – Nos Frères farouches Ragotte : Ragotte est pauvre… Elle n’a appris ni à lire ni à écrire car, l’aînée, « elle a dû tout de suite se mettre au ménage avec sa mère ». Placée à douze ans, elle est maintenant domestique, avec Philippe, son mari chez « Madame Gloriette ».

Comme les employeurs de Ragotte, Jules Renard « regarde, écoute, note » la vie de cette femme « si naturelle que, d’abord, elle a l’air un peu simple. Il faut longtemps la regarder pour la voir. » À travers elle, c’est tout un fragment d’une vie villageoise qui se dévoile par petites phrases hachées – on pense à Chitry, le village natal de Jules Renard dont il devint le maire.

Ces récits de Ragotte sont marqués par ce double regard de l’auteur, à la fois « parisien », observateur entomologiste de « nos frères farouches » mais aussi « pays » dont l’implication mêle tendresse et agacement. Des récits empreints de la misogynie de Jules Renard (celle de son époque) comme d’une forme d’admiration pour cette maîtresse-femme.

Une observation aiguë, une écriture synthétique, qui retrace, en naturaliste, une réalité triste ou cocasse. Un vrai régal !

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Dumur Louis – Un Coco de Génie

Un Coco de Génie - Louis Dumur - Bibliothèque numérique romande - Félix Vallotton Château Gaillard aux AndélysDumur Louis – Un Coco de Génie : Un poète ! Un poète local qui lit ses œuvres dans les soirées mondaines de la petite ville… Les gens sourient de cette lubie, et ricanent de ce Charles Loridaine, un fils de grainetier qui a des ambitions artistiques. Pathétique ? Non, car ses vers sont excellents. C’est du moins l’avis de Frédéric Loiseau, un parisien, venu faire un séjour de convalescence chez son cousin et invité en société. Mais il leur trouve d’étranges réminiscences… Suffisamment pour éveiller sa curiosité et se lancer dans une enquête discrète. La réalité sera bien différente du plagiat qu’il soupçonne !

Comment fonctionne l’inspiration ? Qu’est-ce que le génie ? Où commence la folie ? Louis Dumur nous propose une réflexion originale servie par une intrigue pleine d’humour. La création littéraire ne serait-elle pas venue d’ailleurs comme l’écrit Dumur ? « Qui sait si les hommes de génie ne sont pas […] les somnambules d’œuvres écrites de toute éternité, existant déjà dans d’autres planètes ou dans d’autres mondes, peut-être, que nous ne soupçonnons pas !.. ».

Une écriture remarquable, des paysages, des descriptions et des caractères vivants. Un délice…

Louis Dumur (1860-1933) né à Genève et « monté » à Paris fut le fondateur avec Alfred Vallette du nouveau « Mercure de France ».

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Huysmans Joris-Karl – La Retraite de Monsieur Bougran

La retraite de Monsieur Bougran - Joris-Karl Huysmans - Bibliothèque numérique romande - maquette Laura Barr-Wells, tableau Jean-Claude Stehli, photo Sylvie SavaryHuysmans Joris-Karl – La Retraite de Monsieur Bougran : Employé d’un ministère, fidèle, scrupuleux et méticuleux, Monsieur Bougran a cinquante ans et peine à trouver des bénéfices aux manières modernes de ses jeunes collègues. Lors d’un entretien avec son chef, le couperet tombe : il est mis à la retraite pour « invalidité morale ». D’abord anéanti, il décide de se ressaisir… Mais par quoi remplacer le vide de sa vie ? Il finit par trouver une solution. Jusqu’au jour où…

La retraite de Monsieur Bougran, nouvelle à la fois comique et tragique préfigurant l’absurde de Kafka, fut écrite par Joris-Karl Huysmans en 1888 dans la foulée de son roman À Vau-l’eau consacré aux souffrances d’un célibataire. La publication lui fut refusée et le manuscrit resta dans un carton jusqu’à ce qu’un ami de Huysmans la sauve d’un incendie quelques jours avant sa mort. Elle ne fut publiée qu’en 1964.

Joris-Karl Huysmans est né à Paris en 1848, d’un père néerlandais, lithographe de profession et d’une mère française, maîtresse d’école. En tant que romancier et critique d’art, il prit une part active à la vie littéraire et artistique française. Défenseur du naturalisme à ses débuts, il rompit avec cette école pour explorer les possibilités nouvelles offertes par le symbolisme, et devint le principal représentant de l’esthétique fin de siècle. Dans la dernière partie de sa vie, il se convertit au catholicisme, renoua avec la tradition de la littérature mystique. Atteint d’un cancer, il mourut à son domicile parisien en 1907. Par son œuvre de critique d’art, il contribua à promouvoir en France la peinture impressionniste ainsi que le mouvement symboliste, et permit au public de redécouvrir l’œuvre des artistes primitifs. Il est à noter qu’il fit toute sa carrière professionnelle au ministère de l’Intérieur, où il entra à 18 ans. (source de la biographie : Wikipédia.)
Image : Un tableau Jean-Claude Stehli, photo de lunette de Sylvie Savary réunis dans une maquette Laura Barr-Wells

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Pourtalès Guy de – Louis II de Bavière

Louis II de Bavière - Guy de Pourtalès - Bibliothèque numérique romande - photochrome du château de Neuschwanstein anonymePourtalès Guy de – Louis II de Bavière ou Hamlet-Roi : Louis II de Bavière, roi déclaré fou et interné à 41 ans… Une figure romantique qui fascine encore.

Dans cette biographie de Guy de Pourtalès, qui écrivit celles de Wagner, Liszt et Chopin, vous assisterez aux exaltations d’un jeune homme passionné de Lohengrin (auquel il s’identifie), de Tannhäuser et de la musique de Wagner. Il en devient le mécène et lui voue un culte, une passion ardente qui restera, pourtant, platonique.

Avec les années et la perte de Wagner, son idéal, ses engouements se transforment en obsessions. Le roi, de la maison Wittelsbach comme sa cousine Elisabeth d’Autriche, la seule femme qu’il semble avoir aimée, est mélancolique et souffre d’avoir à s’occuper des « fadaises d’état ». Amoureux des arts, bâtisseur passionné, il dépense l’argent à flots pour ce et ceux qu’il aime. Peu à peu, il sombre, vivant reclus jusqu’à sa mort, en 1886, dans des circonstances obscures, près du château de Berg où il était interné.

Les châteaux, précisément, furent sa passion. Si l’on ne compte pas l’opéra de Bayreuth, il en fait construire plusieurs – Hohenschwangau, Herrenchiemsee, Neuschwanstein… – inspirés du Grand-Siècle français, mais dans lesquels il ne séjourne que fort peu. Louis II ne se plaît que dans une vie hors de la réalité. Profondément tourmenté et misanthrope, il la fuit en promenades et en imaginations nocturnes. Le parallèle avec Hamlet, en sous-titre de cette biographie, jamais explicité dans le texte, se révèle cependant peu à peu dans toute son étendue.

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