Biographie-Autobiographie

Boiteau Paul – Les Aventures du Baron de Trenck

Boiteau Paul - Les Aventures du Baron de Trenck - Bibliothèque numérique romande - Anonyme Des Friedrich Freiherrn von der Trenck merkwürdige LebensgeschichteBoiteau Paul – Les Aventures du Baron de Trenck (d’après ses mémoires) : Favori ! Frédéric II, le roi de Prusse ne pouvait plus se passer du jeune Frédéric, baron de Trenck, à peine vingt ans. Ses qualités intellectuelles et sa mémoire comme ses prouesses militaires l’introduisirent dans tous les cercles de la cour, et dans le quotidien du roi, il y rencontra Voltaire et le groupe des philosophes invités de Frédéric II. En campagne, il était son aide de camp et bénéficiaire de toutes les attentions.

Mais la faveur d’un roi n’a qu’un temps. Faut-il accuser les cabales de l’envie ou sa liaison avec Anne Amélie de Prusse, la propre sœur de Frédéric II ? Convaincu de trahison, il fut enfermé dans la forteresse de Glatz. Évadé, réfugié à Moscou où il séduisit une princesse, puis à Vienne pour recueillir la succession d’un cousin, il restait poursuivi par la fureur de Frédéric II qui réussit finalement à le capturer. Emprisonné à nouveau, il resta 10 ans sous les chaines dans un cachot de la forteresse de l’Étoile à Magdebourg.

Libéré, il écrivit ses mémoires qui connurent un immense succès en Europe et jusqu’en Amérique. Partisan de la révolution française, il se rendit à Paris. Arrêté comme espion, il fut guillotiné en 1794, dans les dernières heures de la Terreur. Plusieurs films reprennent les aventures de sa vie ainsi qu’une série, Les Aventures extraordinaires du baron von Trenck, diffusée en France en 1973. 

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Ramuz Charles Ferdinand – Paris, Notes d’un Vaudois

Ramuz Charles Ferdinand - Paris, Notes d'un Vaudois - Bibliothèque numérique romande - Sylvie Savary Arc-en-ciel sur ParisRamuz Charles Ferdinand – Paris, Notes d’un Vaudois : « C’est Paris lui-même qui m’a libéré de Paris. Il m’a appris dans sa propre langue à me servir (à essayer du moins de me servir) de ma propre langue » 

Un « petit » Vaudois monté à Paris, tel se présente Ramuz dans une description pertinente et humble du provincial, de  « l’étranger » pauvre. Il vient pour ses études et constate assez rapidement qu’il est là, en fait, pour observer Paris, pour écouter ses voisins et leur langage (Madame Sérieux, la concierge, un porteur de pierre) et redécouvrir son identité romande. Il invente des néologismes savoureux pour évoquer sa solitude et ses difficultés d’adaptation, il se sent « dépatrié » et « repaysé ».

Les bouquinistes, les monuments, les rencontres avec les peintres, les promenades dans la ville qui a un peu oublié la nature, tout le pousse à écrire, à s’exprimer et à s’interroger sur la littérature, la langue écrite et parlée, et son rôle d’écrivain suisse dans le monde parisien.

« Peut-être que Paris (c’est ce que je commençais à voir) enseigne encore autre chose, bien plus profondément, parce que, quel qu’il soit, il est lui-même et que sa vraie leçon est qu’il vous enseigne à être vous-même, que son véritable exemple est un exemple de liberté. »

En même temps, Ramuz nous propose une réflexion sur l’homme et son environnement née du contraste entre les paysages urbains de Paris – leurs interactions avec la socialité et le vivre-ensemble citadin – et la campagne ou les montagnes qui constituent l’ensemble paysager vaudois – où l’homme est d’avantage seul et silencieux face à la nature. Une élaboration écologique avant l’heure par un auteur qui révèle, dans ce récit, une part méconnue de sa vie.

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Curwood James Oliver – Le Fils des Forêts

Curwood James Oliver - Le Fils des Forêts - Bibliothèque électronique du QuébecCurwood James Oliver – Le Fils des Forêts : En hommage à Jean-Yves Dupuis, la BNR vous propose la dernière publication de la Bibliothèque électronique du Québec avant son décès. Nous vous encourageons vivement à consulter ce site de 2’840 ebooks  (http://beq.ebooksgratuits.com/).

« Cette nuit-là, je me trouvais avec un de mes amis dans ma cabane située en plein bois, au nord de l’État de Michigan. Au plus fort de l’hiver, je m’étais retiré dans cette solitude pour écrire un roman et vivre près de la nature, que j’aime en toute saison. […] Une majestueuse forêt nous environnait de sa vie mystérieuse et nous invitait à pénétrer plus avant. Son énorme masse noire se dressait vers le ciel ; au-dessus de ma cabane, ses arbres se courbaient en murmurant, mais autour de nous régnait un profond silence. Mon ami comprit, comme moi, que l’harmonie des grands bois contenait non seulement la poésie de l’espoir, mais la douce protestation du Maître suprême contre la folie et la barbarie des sectes fanatiques et des religions qui ont semé la discorde sur terre depuis la naissance de la pensée humaine. […] J’exprimai toutes ces pensées à mon ami et, au bout d’un instant, il posa sa main sur mon bras. « Écrivez votre histoire, me dit-il. Vous faites vous-même partie de cette nature. Vous comprenez son langage. Son sang coule dans vos veines et votre cœur bat à l’unisson du sien. Maintes fois vous m’avez répété que si Dieu ne réservait aucune miséricorde pour les êtres qui adorent la Nature, vous désespéreriez de votre salut. Selon vous, les fleurs et les arbres eux-mêmes possèdent une âme, cette même flamme immortelle qui brûle en vous. Écrivez donc votre histoire pour nous tous. »

Bien que terminée après la mort de J.- O. Curwood, l’histoire de sa vie, présentée ici, est en majeure partie l’œuvre du romancier. Lors de son décès, Mme Dorothea A. Bryant, sur la demande de Mme Curwood, prit connaissance de son manuscrit et de ses notes, qui indiquaient clairement les intentions de leur auteur. Elle en a supprimé une infime partie et ajouté au texte ce qui lui parut indispensable pour apporter plus de cohésion au récit.

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Doyle Arthur Conan – Ma Vie aventureuse

Doyle Arthur Conan - Ma Vie aventureuse - Bibliothèque numérique romande maquette Laura Barr-Wells photo Herbert Rose BarraudDoyle Arthur Conan – Ma Vie aventureuse : Qui ne connaît Sherlock Holmes ? Mais qui a été Conan Doyle, son auteur ? Quelle a été sa vie ? D’où vient-il ?

Deuxième enfant d’une fratrie de dix, il est né à Édimbourg dans une famille catholique peu aisée. Après des études de médecine mais sans argent pour ouvrir un cabinet, il s’engage comme médecin sur un baleinier puis sur un navire reliant l’Afrique du Sud à l’Angleterre Puis il établit son cabinet en se résignant à une vie étriquée. Ce n’est que peu à peu que viendra le succès… Sans fard et sans complaisance, Arthur Conan Doyle nous entraîne de l’Angleterre à Berlin puis en Suisse, en Égypte et enfin dans un hôpital de campagne durant la guerre des Boers.

« Arthur Conan Doyle fait ici plus que de se raconter. Il se livre, et glisse dans son livre quelques confidences d’importance : il y affirme, par exemple, « croire que les histoires de Holmes ont nui à la meilleure partie de son œuvre et que, sans elles, il aurait occupé une plus haute place dans les lettres. » Tout cela fait de « Ma vie aventureuse » un livre riche et foisonnant, un livre passionnant. » (Gill, Babelio)

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Cornaz Louise – Madame Récamier

Cornaz Louise - Madame Récamier - Bibliothèque numérique romande - François-Louis Dejuinne Le salon de Madame Récamier à l'Abbaye-aux-BoisCornaz Louise – Madame Récamier (sous le pseudonyme de Joseph Autier) : « Elle était, pour ainsi dire, une des curiosités de la capitale ; on allait la voir un peu comme on allait visiter le Louvre ou le Panthéon. » « Son salon a été un rendez-vous de gens célèbres, une sorte de carrefour des nations où se sont entrecroisés, sans jamais s’entrechoquer, les rangs, les races et les opinions »

Juliette Récamier, dite Madame Récamier, née en 1777, épouse à 15 ans un riche banquier, et tient salon à Paris dès 1797. Amie de Madame de Staël rencontrée au château de Coppet, elle subit le même sort qu’elle, un exil de trois ans loin de Paris ordonné par Napoléon. Mais en 1814, elle reprend ses réunions mondaines et pendant plus de vingt années, ses réceptions rassemblent autour d’elle les esprits les plus brillants de l’époque : Chateaubriand, Benjamin Constant, mais aussi Tocqueville, Lamartine, Sainte-Beuve, Balzac, et de nombreux artistes. Madame Récamier était belle et intelligente, mais son charme agissait sur tous surtout grâce à sa gentillesse, son dévouement et sa sérénité. Elle a été « une lumière sereine éclairant un tableau d’orage » dit d’elle Chateaubriand dans ses Mémoires. Elle restera connue dans l’histoire comme la source d’inspiration des artistes de son temps.

La biographie écrite par Louise Cornaz n’est pas une biographie linéaire et exhaustive. Dans un style fluide et assez dépouillé, elle trace rapidement les grandes lignes de son parcours, parfois de manière un peu édulcorée, puis s’attache à décrire plus précisément les amitiés et les amours qui ont marqué la vie Madame Récamier : Madame de Staël, Mathieu de Montmorency, Ballanche, Jean-Jacques Ampère, et bien sûr, Benjamin Constant et Chateaubriand.

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Staël Germaine de – Dix années d’exil

Staël Germaine de - Dix années d'exil - Bibliothèque numérique romande - portrait de Vladimir BorovikovskyStaël Germaine de – Dix années d’exil : «Trouvez-vous que mes enfants et moi sommes faits pour planter des choux à Coppet sans rien faire de nos esprits ni de nos âmes?» (Madame de Staël à Camille Jordan, 1er novembre 1810, Diesbach 471). La colère de la célèbre baronne n’a d’égale que son désespoir face aux circonstances tragiques qui entourent la publication de De l’Allemagne. Alors qu’elle travaille aux corrections du troisième volume à Chaumont-sur-Loire, en septembre 1810, l’œuvre, jugée suspecte par la police de Napoléon, est supprimée et mise au pilon. Son auteure, déjà interdite de séjour à moins de quarante lieues de la capitale, est expulsée de France et bannie de tous les territoires sous domination française, hormis Coppet et Genève. Cette condamnation tombe comme un couperet. Assignée à résidence dans sa propriété des bords du Léman, privée de son brillant salon et étroitement surveillée par les sbires de l’Empereur, l’illustre châtelaine devient du jour au lendemain une pestiférée qu’il est dangereux de fréquenter. Ses plus fidèles amis en feront l’amère expérience. Coppet, qui avait été pour elle un havre sous la Révolution, Coppet, dont elle avait fait le plus important think tank de la pensée européenne, est désormais une prison où elle se morfond, malgré la présence de ses enfants et celle de John Rocca, son nouvel et jeune amant.

Abattue, mais non point vaincue, l’irréductible adversaire de Napoléon riposte en complotant sa fuite en Angleterre. En attendant les passeports, qui tardent à venir, elle entame Dix années d’exil. Ces mémoires, inachevées, ne seront publiées qu’en 1821, soit six ans après sa mort. Elles comprennent deux parties. La première, ébauchée à Coppet en 1811, couvre la période 1800-1804. L’auteure y dénonce le despotisme naissant de Bonaparte et les persécutions dont elle fut la victime. La deuxième, rédigée à Stockholm vers la fin de 1812, est moins polémique. Madame de Staël saute six années de sa vie pour relater « à chaud » son extraordinaire évasion de Coppet le 23 mai 1812. Accompagnée de sa fille Albertine et de deux serviteurs, l’intrépide femme de lettres est rejointe en route par ses fils Auguste et Albert, leur tuteur, Auguste Schlegel, ainsi que Rocca. Les ports de la Manche leur étant fermés, ils sont obligés d’effectuer un immense détour qui les force à traverser toute l’Europe en guerre et les entraîne, via l’Autriche, la Bohème, la Moravie et la Pologne, jusqu’à Kiev, Moscou et Saint-Pétersbourg. Précédée de sa gloire littéraire, mais talonnée par la Grande armée en marche, l’auteure de Delphine et Corinne se hâte de ville en ville, où elle est à chaque fois accueillie comme une célébrité. C’est ironiquement en Russie, où survit le servage, qu’elle recouvre la liberté. Là n’est pas le moindre paradoxe de ce pays qui la fascine par son immensité, sa piété, ses coutumes orientales et son fervent patriotisme. À Saint-Pétersbourg, où elle est présentée à la cour impériale, elle forge des liens personnels avec le tzar Alexandre I, qui la traite en égale et aborde avec elle les grandes questions européennes. Son récit s’interrompt brusquement en septembre 1812, alors qu’elle et les siens s’apprêtent à rejoindre la Suède, d’où ils gagneront Londres en juin 1813.

Dans ces mémoires où elle mêle étroitement son destin personnel à celui de la Nation et de l’Europe tout entière, Madame de Staël (ou son fils Auguste, qui fit des coupes importantes dans le manuscrit pour préserver la réputation de sa mère) ne nous dit évidemment pas tout. Elle tait par exemple la naissance secrète de son cinquième enfant, qui retarda de neuf mois son évasion ; elle passe aussi sous silence son mariage clandestin à John Rocca, ainsi que sa présence à ses côtés durant tout le périlleux voyage. Dans la liste de ses griefs contre Napoléon, elle minimise également l’influence considérable qu’elle-même exerça dans l’opposition, tout comme elle élude plus tard son rôle dans les pourparlers qui conduisirent la Suède et la Russie à rejoindre la sixième coalition contre la France. Malgré ces lacunes et omissions, cette autobiographie offre un aperçu passionnant sur une vie et une époque mouvementées. Madame de Staël y démontre avec éclat que les exils répétés dont elle fut l’objet, loin de la réduire au silence et à l’oubli, contribuèrent grandement à accroître sa notoriété et sa sphère d’influence sur la scène politique internationale. [Sources : Ghislain de Diesbach, Madame de Staël (Perrin 1983) ; Madame de Staël, Dix années d’exil. Édition critique par Simone Balayé et Mariella Vianello Bonifaccio (Fayard 1996) ; Michel Winock, Madame de Staël (Fayard 2010).]

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Vallotton Jacques – Charles-F. Vallotton, le dentiste des célébrités

Vallotton Jacques - Charles-F. Vallotton, le dentiste des célébrités - Bibliothèque numérique romande - Nicole Vallotton portraitVallotton Jacques – Charles-F. Vallotton, le dentiste des célébrités, La vie discrète d’un médecin lausannois au XXe siècle :

Charles-F. Vallotton est décédé en 2014, année de son centième anniversaire, après une vie bien remplie. Ce médecin-dentiste de Lausanne a soigné dans la seconde moitié du XXe siècle des personnalités prestigieuses comme Charles Lindbergh, Charlie Chaplin, Coco Chanel, Rothschild, Rockefeller, Gianni Agnelli, Gina Lollobrigida, Yul Brynner, Audrey Hepburn. Peu de gens savent que cette extraordinaire clientèle se rendait à Lausanne pour bénéficier d’un art dentaire à son plus haut niveau. L’extrême discrétion dont a fait preuve Charles-F. Vallotton durant sa carrière était très appréciée par ses illustres patients dont plusieurs sont devenus ses amis. Charles-F. Vallotton a confié à l’auteur son parcours exceptionnel, de fils de douanier à la star de la dentisterie, en passant par le professorat dans des universités aux USA. De son vivant, par pudeur, il avait toujours refusé la parution de sa biographie. Il est temps aujourd’hui de révéler l’itinéraire exceptionnel de ce médecin-dentiste lausannois qui a contribué avec d’autres à ce que Lausanne fût appelée au siècle passé la Mecque de la médecine.

L’auteur, Jacques Vallotton, est l’un des fils du dentiste. Il a été journaliste pendant 40 ans à la télévision, à la radio et dans la presse écrite, membre de la Constituante vaudoise et a écrit un livre critique sur les coulisses de la politique et des médias « Jusqu’au bout des apparences » publié aux Éditions de l’Aire.

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Chateaubriand François-René de – Mémoires d’Outre-tombe (tome III)

Chateaubriand - Moémoires d'Outre-tombe 3 - Bibliothèque numérique romande - Louis-François, Baron Lejeune bataille de MoscouChateaubriand François-René de – Mémoires d’Outre-tombe (tome III): « Si Napoléon en avait fini avec les rois, il n’en avait pas fini avec moi », proclame Chateaubriand au début de ce troisième tome des Mémoires d’outre-tombe. Le propos peut paraître exagéré, même de la part d’un auteur qui n’a jamais péché par excès de modestie. Toujours est-il qu’entre son retour de Jérusalem en 1807 et la chute de l’Empire en 1815, l’écrivain devient l’une des plus redoutables figures de l’opposition.

En 1807, alors que Napoléon est au faîte de sa gloire, Chateaubriand fait paraître dans le Mercure plusieurs articles où il dénonce le despotisme de l’État : il ose même comparer l’Empereur à Néron. Cette témérité lui vaut aussitôt les foudres de Napoléon qui supprime la revue et menace l’auteur d’arrestation Forcé de quitter la capitale, Chateaubriand achète à vil prix la propriété de la Vallée-aux-Loups, près de Sceaux, qu’il entreprend de rénover. C’est durant cet exil involontaire qu’il compose son épopée en prose, les Martyrs. Elle sera violemment attaquée dans les journaux lors de sa parution en 1809. La même année survient un nouvel événement qui le brouille une fois de plus avec le pouvoir. Son cousin, Armand de Chateaubriand, qui sert d’intermédiaire clandestin aux Princes en exil, est arrêté pour conspiration. Obligé de ravaler sa fierté, l’écrivain va plaider la cause de son parent auprès de Fouché, le ministre de la police de Napoléon. En vain. Le Vendredi saint au petit matin, il apprend, une heure trop tard, qu’Armand vient d’être sommairement exécuté.

En 1811, de retour à Paris, Chateaubriand fait paraître son Itinéraire de Paris à Jérusalem. L’ouvrage, chaleureusement accueilli par le public et la critique, marque pourtant la fin de sa carrière littéraire proprement dite. À la même époque, l’Empereur, soucieux de sa propre renommée, cherche à se concilier le célèbre auteur et le fait nommer à l’Académie française. L’usage veut alors que le nouvel immortel fasse non seulement l’éloge de son prédécesseur, mais celui de l’Empereur. Or, Chateaubriand a bien des défauts, mais il n’a jamais été le laquais de personne. Il compose un discours de réception où les allusions à la liberté bafouée sont légion. Napoléon, à qui on a soumis le texte, en supprime rageusement toute une partie et exige de profondes révisions. Chateaubriand, outré, refuse, préférant renoncer avec éclat à un fauteuil auquel, en réalité, il ne tient guère. Le 4 septembre 1812, après divers démêlés avec le pouvoir, l’écrivain est prié de s’éloigner à nouveau de la capitale. C’est donc à Dieppe qu’il reprend ses Mémoires pour les transformer peu à peu en une vaste fresque historique. La figure de l’Empereur, dont il se veut le nouveau Tacite, y tient une place prépondérante.

Napoléon, qu’il considère comme son frère ennemi et son plus grand rival, a véritablement hanté Chateaubriand, qui lui consacre tout le reste du volume. Au génie conquérant du vainqueur d’Arcole et d’Austerlitz, le mémorialiste oppose son génie d’écrivain et d’intellectuel qui a lui-même marqué l’histoire de son temps. En Napoléon, qu’il admire pour son audace, son endurance et sa ténacité, Chateaubriand ne voit ni l’héritier de la Révolution ni le réformateur avisé de l’État, mais un nouvel Attila, assoiffé de pouvoir et de sang. Cette biographie, dessinée à grands traits vigoureux, présente des aperçus fascinants sur la jeunesse de Bonaparte ; elle offre aussi des pages visionnaires sur les massacres de Jaffa, les campagnes d’Espagne et de Russie et sur la chute de l’Empire. Le tome III s’achève en 1815, à la veille de Waterloo, au moment où Chateaubriand s’apprête à entamer sa troisième carrière, celle qu’il prise par-dessus tout : la carrière politique. [Sources : Ghislain de Diesbach, Chateaubriand (Perrin 1995) ; Jules Lemaître, Chateaubriand (Calman-Levy 1912).]

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Gourd Émilie – Une vie et un exemple : Susan-B. Anthony

Gourd Émilie - Une vie et un exemple Susan B. Anthony - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells maquette G.E. Perine & Co gravureGourd Émilie – Une vie et un exemple : Susan-B. Anthony : Dans les années 1850, aux États-Unis, « une femme mariée n’avait guère plus de droits légaux qu’un nouveau-né : son mari avait le droit absolu de surveiller sa fortune, son gain et sa personne. Il était seul responsable des enfants. Non seulement, comme nous l’avons vu, il était inconvenant et présomptueux pour une femme de parler en public, mais l’opinion lui interdisait aussi sévèrement d’écrire et de publier. Toutes les professions lucratives étaient fermées aux femmes (les universités et la formation professionnelle leur étant inaccessibles), auxquelles il ne restait que quelques occupations mal rétribuées. Les occasions d’acquérir de l’instruction étaient rares. Et enfin, et surtout, la croyance invétérée dans certains milieux que la soumission de la femme à l’homme était d’ordre divin ligotait d’une façon bien pire que toutes les dispositions légales les femmes, du berceau à la tombe, comme d’une camisole de force. »

Dans cette courte biographie de 1920, Émilie Gourd, nous conte l’histoire de cette suffragiste américaine de la fin du 19e siècle qui consacra sa vie à son combat. Si le style est parfois un peu désuet, les propos restent percutants – et parfois presque drôles dans les compte-rendu d’invraisemblables assemblées comme celle où ce cafetier qui avait loué sa salle, mais entendait nettoyer le sol en même temps, forçait les participants à écouter debout en évitant les passages de la serpillière ou ce président d’une association de tempérance qui déclarait aux femmes de l’assemblée : « Nos sœurs n’ont pas été invitées ici pour y prendre la parole, mais pour se taire et s’instruire. » Il ne nous semble pas inutile de rappeler les péripéties tumultueuses des temps qui nous ont précédés et le prix payé pour parvenir à la situation d’aujourd’hui, dans une époque où l’égalité entre hommes et femmes reste bien fragile et incomplète et se trouve sans cesse remise en question.

Émilie Gourd (1879), vient de la bourgeoisie protestante genevoise. En 1898, elle achève sa formation à l’École secondaire et supérieure de jeunes filles. Ce diplôme ne lui permet pas d’étudier à l’université où elle sera auditrice. Elle rejoint en 1903 une association féministe, l’Union des Femmes, puis s’engage au sein de l’Association genevoise pour le suffrage féminin, dont elle deviendra présidente. Elle est aussi de toutes les batailles: assurance maladie, assurance maternité, formation des filles, égalité des salaires, accès des femmes à toutes les fonctions. En 1912, Émilie Gourd fonde le journal Le Mouvement féministe dont elle s’assurera le poste de rédactrice en chef, jusqu’à sa mort. Ce journal changera maintes fois de nom, mais depuis le 14 juin 2001, il porte le nom de L’Émilie, en hommage à la défunte féministe. La journaliste, durant cette période, multiplie ses activités féministes, jusqu’à être nommée secrétaire de l’Alliance internationale pour le suffrage des femmes en 1923. Atteinte d’une maladie cardiaque, Émilie Gourd doit restreindre ses activités. Elle meurt le 4 décembre 1946 à 66 ans. (Source de cette biographie : http://www.emiliegourd.ch/qui-etait-emilie-gourd- )

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Chateaubriand François-René de – Mémoires d’Outre-Tombe (tome II)

Chateaubriand - Mémoires d'outre-Tombe 2 - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Vers Saint-MaloChateaubriand François-René de – Mémoires d’outre-Tombe (tome II): « Chateaubriand ne serait jamais devenu l’écrivain que nous croyons connaître s’il n’avait pas eu à relever le défi de vie ou de mort que la Terreur lui a lancé. » (Marc Fumaroli)*. Le tome II des Mémoires d’Outre-Tombe en est un vibrant témoignage.

De retour d’Amérique, où il a passé cinq mois à explorer les forêts et les peuples du Nouveau Monde, Chateaubriand débarque au Havre le 2 janvier 1792, après avoir frôlé le naufrage au large des côtes normandes. Le sous-officier de vingt-deux ans retrouve une France transformée par la Révolution en marche. Nous sommes sous l’Assemblée législative. Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants, arrêtés à Varenne le 21 juin 1791, sont en résidence surveillée aux Tuileries. Danton et Marat demandent la déchéance du roi, tandis que les Autrichiens et les Prussiens se massent déjà aux frontières.

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