Société

Malot Hector – L’Auberge du Monde 2 La Marquise de Lucillière

Malor Hector - L'Auberge du Monde 2 La Marquise de Lucillière - Bibliothèque numérique romande - Gusave Caillebotte Chemin MontantMalot Hector – L’Auberge du Monde 2, La Marquise de Lucillière : Le colonel Chamberlain a été victime d’une tentative d’assassinat en se rendant au château de Chalençon, résidence de campagne de la marquise de Lucillière. Gravement blessé, il n’a d’autre choix que de se faire soigner au château et de s’en remettre aux bons soins de la marquise. Les jours passent. Le colonel découvre que sous des apparences frivoles, Henriette est une femme sincère, qui ne souhaite que le bonheur et l’amour du colonel. Face à ce jeu amoureux, la jeune Thérèse sera vite oubliée. Le prince Mazzazoli et le baron Lazarus oublieront-ils aussi facilement leurs projets de mariage entre leur progéniture et le colonel ? Pendant ce temps, la justice enquête sur l’assassin et son probable commanditaire. Anatole, le neveu du colonel, que ce dernier avait envoyé en Amérique, pourrait bien y être mêlé.

Écrite 3 ans avant le célèbre roman « Sans Famille », L’Auberge du Monde est un quadrilogie passionnante, qui dénonce l’arrivisme et la toute-puissance de l’argent.

Hector Malot (1830-1907)  fut un écrivain prolifique : une soixantaine de romans qui connurent de son vivant et jusque dans les années 1930 un grand succès et furent traduits dans de plusieurs langues.

Son œuvre s’inscrit dans la veine réaliste. À l’instar d’Honoré de Balzac, Malot représente la société contemporaine : Paris et la province, notamment sa chère Normandie, les différentes classes sociales et plus particulièrement la bourgeoisie. (Source Wikipédia).

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Malot Hector – L’Auberge du Monde 1 Le Colonel Chamberlain

Malot Hector - L'Auberge du Monde 1 Le Colonel Chamberlain - Bibliothèque numérique romande - Gustave Caillebotte Rue de Paris temps de pluieMalot Hector – L’Auberge du Monde 1 Le Colonel Chamberlain : À la veille de l’exposition universelle de 1867 à Paris, les journaux publient un « scoop » : le jeune colonel Chamberlain, richissime industriel américain, va venir s’installer à Paris. La capitale française bruisse d’impatience et les femmes affûtent leurs stratégies pour gagner le cœur de ce célibataire. En réalité, Chamberlain exauce le vœu de son père décédé : se rendre à Paris pour y rencontrer sa cousine, la fille d’un modeste ébéniste du faubourg St-Antoine, et l’épouser. Mais son ami Gaston de Pompéran ne l’entend pas de cette oreille : Thérèse est un parti trop modeste. Il emmène le colonel aux Variétés et à un souper avec le tout-Paris. Les femmes les plus élégantes s’y pressent. Il y a aussi le baron Lazarus, un Allemand rusé, affairiste, qui cherche à marier sa fille Ida. Et le prince Mazzazoli, un Italien ruiné, qui compte sur le mariage de sa nièce Carmelita pour se renflouer. Mais le colonel Chamberlain veut être aimé pour lui-même et non pour ses millions. Dans le Paris des bals, des courses de chevaux et des jeux d’argent, comment Thérèse, une jeune fille de 16 ans, pourra-t-elle rivaliser avec les roueries des élégantes ?

Écrite 3 ans avant le célèbre roman « Sans Famille », L’Auberge du Monde est un quadrilogie passionnante, qui dénonce l’arrivisme et la toute-puissance de l’argent.

Hector Malot (1830-1907)  fut un écrivain prolifique : une soixantaine de romans qui connurent de son vivant et jusque dans les années 1930 un grand succès et furent traduits dans de plusieurs langues. Son œuvre s’inscrit dans la veine réaliste. À l’instar d’Honoré de Balzac, Malot représente la société contemporaine : Paris et la province, notamment sa chère Normandie, les différentes classes sociales et plus particulièrement la bourgeoisie. (Source Wikipédia).

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Charrière Isabelle de – Lettres trouvées dans des porte-feuilles d’émigrés

Charrière Isabelle de - Lettres trouvées dans des porte-feuilles d'émigrés - Bibliothèque numérique romande - maquette Laura Barr-Wells photo PiotrusCharrière Isabelle de – Lettres trouvées dans des porte-feuilles d’émigrés : Les Lettres trouvées dans les portefeuilles d’émigrés comprend vingt-huit lettres fictives datées du 19 avril au 16 juillet 1793. Madame de Charrière compose son ouvrage entre mai et juillet 1793. Elle écrit donc à chaud, en prise directe avec l’actualité. Or celle-ci est particulièrement préoccupante : en janvier 1793, Louis XVI est guillotiné ; à partir de mars, la République, en guerre contre la Première coalition, est menacée de l’intérieur par une brutale chouannerie vendéenne ; en avril, la Convention institue le Comité de salut public ; la France, peu à peu, s’achemine vers la Terreur. L’intrigue colle de près à l’inquiétante réalité. Germaine, une jeune noble émigrée en Angleterre, aime Alphonse, un gentilhomme réfugié à Neuchâtel en compagnie d’un abbé, son ancien tuteur. Le père de Germaine, le Marquis de ***, qui a rejoint l’armée de Condé à Mannheim, s’oppose à leur union, car Alphonse refuse de porter les armes contre son pays. De son côté, Pauline, la demi-sœur de Germaine, vit avec sa mère et son grand-père en Vendée, dans le château paternel, au cœur même de l’insurrection royaliste. Elle s’est éprise de Laurent Fontbrune, un officier républicain et meilleur ami d’Alphonse, qui, tout Jacobin qu’il est, a sauvé le château du saccage des sans-culottes.

Ces péripéties amoureuses sont prétexte à de brûlantes réflexions sur l’avenir social et politique de la France, sur l’égalité des hommes et des femmes et sur le droit au bonheur. Les jeunes héros, plus souples que leurs aînés, triompheront-ils des préjugés de classe et des conflits idéologiques et militaires qui font obstacle à leur amour ? L’auteure ne nous le dit pas, car prise de court par l’Histoire, elle interrompt brusquement son roman le 16 juillet 1793, sans conclure…

Brillante épistolière et femme de lettres d’expression française, réputée pour l’élégance classique de son style, Madame de Charrière – née Isabelle Van Tuyll, à Zuylen, près d’Utrecht, en 1740 – est issue d’une ancienne famille aristocratique hollandaise de tendance républicaine. Enfant, elle apprend le français auprès d’une gouvernante genevoise qui lui transmet sa passion pour les auteurs du Grand siècle. La jeune Isabelle montre tant d’affinité pour la langue de Molière qu’elle en fait son principal outil d’expression. En grandissant, Belle Van Zuylen, comme on l’appelle alors, n’a rien d’une timide jeune fille à marier. Si les prétendants ne manquent pas, ils lui conviennent rarement, ou c’est elle qui les intimide par son intelligence hors du commun. À trente ans passés, de guerre lasse, elle épouse un Vaudois, Monsieur de Charrière, homme intelligent mais effacé, qui l’emmène à Colombier, non loin de Neuchâtel.

Retirée à la campagne, Madame de Charrière demeure une fine observatrice des débats de son temps et maintient une vaste correspondance aux quatre coins de l’Europe. Sa carrière littéraire ne débute toutefois que tardivement. Entre 1784-1785 paraissent trois romans (Lettres neuchâteloises, Lettres de Mistress Henley et Lettres écrites de Lausanne), dans lesquels elle dénonce les vicissitudes de la condition féminine. En 1786-1787, lors d’un séjour d’un an à Paris pour achever Caliste (1787), son quatrième roman, elle fréquente divers salons, y rencontre Benjamin Constant, avec qui elle se lie d’une intense amitié, et assiste aux premiers soulèvements prérévolutionnaires. Cette expérience sera déterminante. De retour à Colombier, elle met sa plume au service des idées nouvelles et publie une série de textes engagés, parmi lesquels des Observations et conjectures politiques (1787), six Lettres d’un évêque français à la nation (1789) et trois contes dans lesquels elle n’hésite pas à faire la leçon à Louis XVI et à Marie-Antoinette. Le massacre de la Garde suisse le 10 août 1792 marque chez elle un tournant idéologique important. Républicaine modérée, elle condamne les violences sanguinaires perpétrées au nom du peuple et de la liberté. Apprenant que des émeutes jacobines se fomentent non loin de Colombier, elle publie un pamphlet (Lettres trouvées dans la neige) qui réussit à calmer le jeu. Forte de ce succès, elle entame aussitôt ses Lettres trouvées dans des porte-feuilles d’émigrés, roman épistolaire inspiré par l’afflux d’aristocrates français venus chercher refuge dans la principauté prussienne de Neuchâtel.

[Sources : Isabelle et Jean-Louis Vissière, Isabelle de Charrière, une aristocrate révolutionnaire (des femmes 1988) ; Colette Piau-Gillot, « Préface », Lettres trouvées dans des portefeuilles d’émigrés, 1793 (côté-femmes 1993) ; Raymond Trousson, Isabelle de Charrière, un destin de femme au XVIIIe siècle (Hachette 1994).]

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Desnos Robert – État de veille

Desnos Robert - État de veille - Bibliothèque numérique romande - Jean-Louis G. Ciel nocturne et lumières à Cers depuis la coopérativeDesnos Robert – État de veille suivi de : C’est les bottes de sept lieues cette phrase «Je me vois», Mines de rien, Le bain avec Andromède, Poèmes sur la Guerre :  « Des sommeils hypnotiques de 1922 à l’état de veille des années quarante, du « prophète du surréalisme » au « Veilleur du Pont-au-change », le parcours d’un individu se dessine, avec des étapes contrastées mais toujours aimanté par l’amour de la liberté. Pour Desnos « la poésie peut parler de tout en toute liberté. » (Présence de la littérature, Réseau Canope 2008) Ce passage résume fort bien le présent recueil. La résistance et l’occupation se trouvent omniprésentes dans les poèmes de cette période. D’autres sont plus légers et jouent avec les mots, les assonances non sans humour.  Un concentré de l’art de Robert Desnos. « En définitive ce n’est pas la poésie qui doit être libre, c’est le poète. »

Né le 4 juillet 1900, Robert Desnos, dont le père est mandataire aux Halles, passe son enfance dans un milieu populaire. Passionné par Hugo et Baudelaire, la culture populaire et la bande dessinée, il publie ses premiers poèmes à 19 ans. Il découvre le mouvement Dada, rencontre André Breton et rejoint les surréalistes. La Liberté ou l’Amour marque le début de sa rupture avec ce mouvement. Poète engagé, il se fait journaliste, animateur radio, lutte contre le fascisme montant, soutient les brigadistes en Espagne. Sous l’occupation, il s’engage, en 1942, dans la résistance. Arrêté par la Gestapo, déporté, il meurt, le 8 juin 1945 dans le camp de concentration de Theresienstadt.

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Huguenin Oscar – Le Régent de Lignières

Huguenin Oscar - Le Régent de Lignières - Bibliothèque numérique romande - Didier Schürch La vallée des Ponts et de la SagneHuguenin Oscar – Le Régent de Lignières : Le nouvel instituteur du petit village neuchâtelois de Lignières, au pied du Chasseral, est bien sous tous rapports : jeune, instruit, poli, serviable, il est en plus bien accueilli par les notables. Tout semble donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pourquoi alors un inconnu lui lance-t-il une pierre qui manque de le blesser sérieusement alors qu’il est en train de corriger des copies le soir dans sa chambre ? Et qui lui en veut au point de lui tirer dessus avec un fusil alors qu’il marche en montagne ? Serait-ce lié à la fille de son hôte ? Grâce à l’un de ses élèves, particulièrement cancre, mais totalement dévoué, parviendra-t-il à résoudre cette énigme ?

Oscar Huguenin est né à la Sagne, en 1842, dans une famille d’horlogers. Doué pour les études et le dessin, il devint néanmoins horloger comme ses parents jusqu’à l’âge de 18 ans. Le pasteur de sa paroisse le décide alors à faire des études d’instituteur. Dès lors, il partage sa vie entre l’enseignement et le dessin, sa passion. Des soucis de santé l’obligent à marquer le pas. Il se plonge dans la lecture : Töpffer, Cooper, Erckmann-Chatrian, Jérémias Gotthelf et surtout Charles Dickens, son auteur favori. Devenu professeur de dessin et installé avec sa famille à Boudry, dans le climat plus clément du bord du lac de Neuchâtel, il étudie les archives de la commune et publie, à 42 ans, son premier roman, l’Armurier de Boudry. Il écrira de nombreux romans décrivant « l’ancien temps », dont l’action est souvent située à la Sagne. La maladie finit par triompher et il décède en 1903.

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Staël Germaine de – Delphine (tomes 4-6)

Staël Germaine de - Delphine 4-6 - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Cloître albigeoisStaël Germaine de – Delphine (tomes 4-6) : « Un homme doit braver l’opinion, une femme doit s’y soumettre. » Cet avertissement, placé en exergue au roman, érige le conformisme féminin en vertu sociale. La phrase, tirée d’un ouvrage posthume de Madame Necker, résonne avec une urgence particulière dans le deuxième volume de Delphine. Elle n’est cependant pas sans ambiguïté. Car Madame de Staël, qui croit au progrès et défend la cause des femmes, ne saurait souscrire à la sévère maxime de sa mère. Dès lors, en prenant pour sujet le destin tragique d’une héroïne qui ose braver l’opinion, tandis que l’homme qu’elle aime, Léonce, en est l’esclave, l’auteure ne se borne pas à entériner une société fondée sur deux poids, deux mesures ; elle dénonce avec vigueur le caractère répressif d’un système patriarcal qui se perpétue bien au-delà de l’Ancien régime.

Malgré leur passion réciproque, les deux héros ont peu de choses en commun. Delphine, qui a été éduquée par son tuteur dans le respect de la liberté et de l’égalité, selon les principes philosophiques et religieux des Lumières, incarne l’aristocratie libérale, ouverte au progrès et aux idées nouvelles. Léonce, qui a hérité de sa mère espagnole une conception archaïque de l’honneur et un rigide esprit de caste, représente au contraire sa faction la plus rétrograde. La machiavélique Madame de Vernon aura alors beau jeu de détruire leur union pour favoriser celle de sa dévote fille, Mathilde, qu’elle destine au fier et ombrageux Léonce.

À l’opposé de ce personnage taciturne et avide de pouvoir, en qui certains contemporains virent un portait de Talleyrand habillé en femme, Henri de Lebensei, l’ami et conseiller de Delphine, est un pur produit de l’aristocratie éclairée. Ce protestant, éduqué en Angleterre et inspiré en partie par Benjamin Constant, représente le porte-parole politique de l’écrivain. Ses lettres sont de vibrants réquisitoires contre le mariage forcé, les vœux monastiques, l’émigration. Elles touchent ainsi à tous les sujets chers à Madame de Staël, y compris la loi sur le divorce, votée le 20 septembre 1792, mais sévèrement limitée sous le Consulat.

La Révolution, qui n’était encore qu’une lointaine rumeur au début du premier volume, se précise au fur et à mesure que l’on avance dans le roman. On recueille ainsi, au détour des phrases, les échos des événements les plus marquants de l’époque : la fuite et l’arrestation de la famille royale (juin 1791), la saisie des biens des émigrés (juillet 1792), la chute de la monarchie (10 août), les massacres de septembre et l’entrée de l’armée prussienne sur le territoire français. La guerre révolutionnaire, tel un deus ex machina, précipitera en effet le dénouement. Entre la défaite de Verdun, le 2 septembre 1792, et la victoire de Valmy, le 20 septembre, Léonce, qui s’apprête à rallier l’armée des Princes, est arrêté et fusillé comme traître à la patrie. Delphine, trop faible pour le sauver, se suicide. C’est donc tout un monde qui s’écroule à la fin : Léonce meurt parce que les normes politiques et sociales qu’il représente ne sont plus d’actualité ; Delphine, en avance sur son temps, est victime de circonstances contre lesquelles une femme seule n’a pas la force de lutter.

[Sources : Simone Balayé, Madame de Staël, écrire, lutter, vivre (Droz 1994) ; Madame de Staël, lumières et liberté (Klincksiek 1979).]

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Rod Édouard – Luisita

Rod Édouard - Luisita - Bibliothèque numérique romande - Philoude photos prises depuis les Abbesses à EchandensRod Édouard – Luisita : Les Baudruz sont une famille de paysans vignerons d’un petit village de La Côte (rive lémanique entre Lausanne et Genève). Le père, libre penseur, soixante-dix ans « sans plier le dos », mène la ferme – la mieux tenue du village – avec ses deux fils, Pierre et Gaspard des jumeaux bien dissemblables, l’un sage et l’autre un peu tire au flan, un peu buveur, ainsi qu’avec avec la femme de Pierre, Julie. Fiers de leur vin, tous travaillent durement malgré les aléas du travail de la vigne, les intempéries et le développement du phylloxera. Édouard Rod nous décrit la vie d’un village vaudois au siècle passé avec beaucoup de vérité : il y a le pasteur, qui traverse « par raccourci » le champ des Baudruz pour visiter une voisine malade mais ne refuse pas un verre de blanc, le régent (l’instituteur) un jeune venu d’ailleurs et fier de son savoir, le syndic (le maire) qui est à couteaux tirés avec les Baudruz, le facteur et tous les autres… Mais voilà que l’oncle Charles, qui « courrait les cinq partie du monde », vient à décéder dans un hôpital de Buenos-Aires. Que faire alors de l’orpheline, Luisita Baudruz ?

Édouard Rod, né en 1857 à Nyon (originaire de Ropraz), est un écrivain vaudois établi à Paris, ami de Zola, de Maupassant, de Barrès. Critique réputé, Édouard Rod écrit d’abord des romans « naturalistes » à la manière d’Émile Zola puis se dégageant de cette influence, il s’attache à présenter des cas de conscience, des dilemmes moraux. Il est décédé à Grasse en 1910. Un prix Édouard Rod a été fondé en 1996 sous l’impulsion de Jacques Chessex, lui aussi de Ropraz.

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Staël Germaine de – Delphine (parties 1-3)

Staël Germaine de - Delphine (parties 1-3) - Bibliothèque numérique romande - Sliceofbeing Allée dans le parc du Château de CoppetStaël Germaine de – Delphine (parties 1-3) : Lorsque paraît Delphine, en décembre 1802, son auteure est une figure aussi célèbre que controversée. Héritière des Lumières, intellectuelle libérale et républicaine convaincue, l’effervescente Madame de Staël gouverne une partie de l’opinion et fait déjà trembler le pouvoir de sa plume.

D’origine suisse mais Française d’adoption, Germaine de Staël est issue de la grande bourgeoisie protestante. Sa mère, vaudoise et fille de pasteur, tient un salon que fréquentent Diderot, d’Alembert, Lafayette, Talleyrand et bien d’autres. Son père, le Genevois Jacques Necker, fut trois fois ministre des Finances sous Louis XVI et présida au destin de la France au moment le plus critique de son histoire. Brillante, séduisante sans être belle, Germaine, née à Paris en 1766, se révélera une femme de tête autant que de cœur : ses amours orageuses, ses cinq maternités (dont une fille avec Benjamin Constant, née en 1797) ne l’empêcheront jamais de penser ni d’écrire. Bravant les tabous qui interdisent au « beau sexe » de s’adonner à une activité autre que d’agrément, elle inaugure sa carrière de femme de lettres à vingt-deux ans en publiant un essai fort remarqué sur Rousseau. Les ouvrages suivants, qui traitent d’histoire, de philosophie et de littérature, la consacrent comme un écrivain engagé, qui défend les idéaux de la Révolution et dénonce leur détournement sous le Consulat et l’Empire. Son salon, rue du Bac accueille la fine fleur du monde politique et intellectuel, ainsi que les membres de l’aristocratie libérale, dont elle se sent proche socialement et idéologiquement. Dotée d’une forte personnalité et d’une considérable fortune, Madame de Staël ne se contente pas de recevoir le Tout-Paris : elle participe aux débats, traite les hommes les plus haut placés sur un pied d’égalité et défend sans relâche la cause de la liberté.

Delphine, sa première œuvre de fiction, met en relief le conflit tragique entre l’individu et l’Histoire. Publié sous le Consulat, ce roman épistolaire connut un immense succès, tant en France qu’à l’étranger. L’intrigue débute en avril 1790, dans l’atmosphère raréfiée des salons de l’Ancien régime. Nous sommes sous l’Assemblée constituante, dix mois après la prise de la Bastille, et pourtant la partie la plus réactionnaire de l’aristocratie n’a pas encore compris que son monde est voué à disparaître. Ce milieu ultraconservateur, que l’auteure connaissait bien pour l’avoir fréquenté lorsqu’elle accompagnait son père à Versailles, est un univers délétère et semé d’embûches, un lieu où le persiflage et la mesquinerie vont bon train, où l’on s’espionne et s’entredéchire derrière le masque souriant des bienséances.

Seule la belle Delphine, récemment arrivée de province, ne se prête pas au jeu des médisances. Riche, élégante, intelligente, cultivée, mais orpheline et sans expérience de la vie, elle est le portrait idéalisé de l’auteure. En dépit de son jeune âge (20 ans), Delphine est veuve de Monsieur d’Albémar, son tuteur – un homme des Lumières, qui a participé à la guerre d’Indépendance américaine et ne l’a épousée que pour faire d’elle son héritière. Il lui a aussi légué une éducation éclairée qui l’a habituée à penser par elle-même et à se sentir l’égale des hommes, avec qui elle aime causer philosophie, religion, morale et politique. La droiture de Delphine, sa franchise et son mépris des préjugés sont une véritable bouffée d’air frais dans cette société figée et hypocrite. Mais elle apprendra vite à ses dépens que nulle femme, si avertie et vertueuse soit-elle, n’est à l’abri des calomnies.

[Sources : Michel Winock, Madame de Staël (Fayard, 2010) ; Simone Balayé, Madame de Staël, écrire, lutter, vivre (Droz 1994) ; « Introduction », Delphine, Tome I, (Droz 1987) ; Madame de Staël, lumières et liberté (Klincksiek 1979).]

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Rosny aîné J.-H. – Un Voleur

Rosny aîné J.-H. - Un Voleur - Bibliothèque numérique romande - Palais des Sources de VichyRosny aîné J.-H. – Un Voleur : Elle est riche, il est pauvre. Elle est mariée, il aime sans espoir. Son mari est dément, il est désespéré. Car comment pourra-t-il suivre Gilberte, son aimée, à Deauville ? C’est alors qu’il trouve, au sol, un portefeuille. Celui de la tante de Gilberte. Il le garde… Il peut ainsi rester auprès d’elle. Mais il se sent coupable.

Quelques mois plus tard,  voilà que tout s’arrange… Il restitue son larcin. Épousera-t-il Gilberte ? Mais la tante qui s’ennuie et que l’aventure du portefeuille amuse, s’est lancée dans une enquête… Traqué, jaloux, il ne verra pas que Gilberte l’aime…

Contrairement aux œuvres plus connues de J.-H. Rosny aîné, celle-ci n’est pas de la science-fiction, ni de la préhistoire, mais le récit du drame intérieur d’un homme amoureux. Publié d’abord dans la collection de la Petite Illustration en 1932, ce court roman paraît ensuite aux éditions de la Madeleine.

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Zola Émile – Nantas

Zola Émile - Nantas - Bibliothèque numérique romande - ParisSharing Hôtel de ClermontZola Émile – Nantas : Le suicide ! Le suicide avant de mourir de faim, Nantas ne voit plus que cette solution… La fortune, une nouvelle vie à Paris : quel échec ! Mais, sauvé in extremis, il va finalement réussir au-delà de ses espérances. Ministre, au faîte de la gloire, le voici pourtant à nouveau dans la mansarde de ses débuts, un revolver à la main. L’argent fait-il le bonheur ?

Une brève nouvelle d’Émile Zola, ramassée, étonnante dans sa concision, qui va droit à l’essentiel. Réussite ou bonheur ? Force ou faiblesse ? La force est le moteur de la réussite de Nantas. Mais est-ce dans sa force ou dans ses faiblesses qu’il comprendra ce qui compte vraiment ? Réaliste, avec une pointe de romantisme : à lire.

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