Essai et Chronique

Fargue Léon-Paul – Déjeuners de Soleil

Fargue Léon-Paul - Déjeuners de Soleil - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Coucher de Soleil sur les ToitsFargue Léon-Paul – Déjeuners de Soleil : Un nouvel hommage à Paris, un hommage nostalgique publié en 1942. On lui pardonne quelques outrances : « c’est toujours un artisan de Paris qui est à l’origine de toute invention », au regard de la vie des parisiens sous l’occupation que Léon-Paul Fargue ne mentionne que par petites touches (Le Lendemain, Restriction, Le Métro, etc.). Reste la poésie : « Et, dans ce Paris silencieux, nostalgique, suspendu comme un mirage et qui se respire lui-même comme devait faire le palais de la Belle au Bois Dormant, tous ces bruits qu’on n’entendait plus sortent du temps, de leurs gîtes, de l’ombre d’un tournant de rue, d’une porte, se divisent et se rejoignent, comme des bêtes qui émergent de leur antre, l’une après l’autre, après l’orage. » …

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Balzac Honoré de – Traité des excitants modernes

Balzac Honoré de - Traité des excitants modernes - Bibliothèque numérique romande - Jean Beraud Au BistroBalzac Honoré de – Traité des excitants modernes : Avec le ton d’un exposé scientifique, Balzac s’amuse et nous propose ce court texte paru en appendice de La Physiologie du Goût de Brillat-Savarin. « L’absorption de cinq substances, découvertes depuis environ deux siècles et introduites dans l’économie humaine, a pris depuis quelques années des développements si excessifs, que les sociétés modernes peuvent s’en trouver modifiées d’une manière inappréciable. Les cinq produits concernés sont le café, l’eau-de-vie ou l’alcool, le thé, le sucre et le tabac. » …

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Hamilton Alexander Madison James Jay John – Le Fédéraliste (1792) (tome second)

Hamilton Alexander Madison James Jay John - Le Fédéraliste (1792) 2 - Bibliothèque numérique romande - Maquette Laura Barr-WellsHamilton Alexander Madison James Jay John – Le Fédéraliste (1792) (tome second) :  Le Fédéraliste, ou Collection de quelques Écrits en faveur de la Constitution proposée aux États-Unis de l’Amérique, par la Convention convoquée en 1787, publiés par MM. Hamilton, Madisson [sic] et Gay [sic], Paris, Buisson, 1792, vol. 2.

Les 85 articles du Fédéraliste représentent un tour de force aussi bien politique qu’intellectuel. Dans leur analyse de la nouvelle constitution, les auteurs défendent avec brio un document non pas idéal, mais nécessaire à leurs yeux pour former «a more perfect union». Le texte constitutionnel voté à Philadelphie en septembre 1787 tente en effet de concilier les petits et les grands États, ceux du Nord et ceux du Sud. Il est donc le fruit de multiples compromis, au premier rang desquels figure la question délicate de la représentation politique. Or celle-ci, explique Magali Bessone, «est compliquée par l’hésitation qui touche le statut à la fois ontologique et politique d’une certaine catégorie “d’autres personnes”, les esclaves, à propos desquels les Constituants proposent un compromis tristement célèbre, connu sous le nom de “clause des trois-cinquièmes”.» …

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Hamilton Alexander Madison James Jay John – Le Fédéraliste (1792) (tome premier)

Hamilton Alexander Madison James Jay John - Le Fédéraliste (1792) 1 - Bibliothèque numérique romande - Maquette Laura Barr-WellsHamilton Alexander Madison James Jay John – Le Fédéraliste (1792) (tome premier) : Le Fédéraliste, ou Collection de quelques Écrits en faveur de la Constitution proposée aux États-Unis de l’Amérique, par la Convention convoquée en 1787, publiés par MM. Hamilton, Madisson [sic] et Gay [sic], Paris, Buisson, 1792, tome 1.

Le Fédéraliste réunit les 85 essais publiés dans la presse new-yorkaise par Hamilton, Madison et Jay entre octobre 1787 et juillet 1788. Les auteurs, écrivant sous le pseudonyme de Publius, s’étaient donné pour mission de convaincre les citoyens de l’État de New York de ratifier la constitution adoptée à la Convention de Philadelphie le 17 septembre 1787. L’enjeu était de taille. Il s’agissait de doter l’Amérique d’un véritable gouvernement fédéral, composé de trois branches distinctes modérées par un système de checks and balances, et surtout capable «[d’] avoir une action directe sur la personne des citoyens» (chapitre 16). Le combat fut âpre et l’opposition virulente. Dans leur propre campagne de presse, les ‘anti-fédéralistes’ défendaient avec véhémence la souveraineté des treize anciennes colonies et voyaient d’un mauvais œil un système fédéral qui, sous couvert d’une union plus forte, menaçait de porter atteinte aux libertés acquises sous la Révolution. …

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Rambert Eugène – Les Alpes suisses (5ème série)

Rambert Eugène - Les Alpes Suisses 5 - Bibliothèque numérique romande - photo Sylvie S.Rambert Eugène – Les Alpes suisses (5ème série) : Cette cinquième et dernière série des Alpes suisses nous narre d’abord le journal d’une marmotte philosophe. Après avoir été capturé par les humains, ce solitaire est l’objet du rejet de ses congénères car le collier dont il ne peut se débarrasser est imprégné de l’odeur de l’homme. Il questionne le « Grand Sommeil » qui atteint son espèce et se demande si vraiment le monde et la succession des jours et des nuits s’arrête durant cette période. Il souhaite sans y parvenir éviter de s’endormir en hiver pour « savoir ». Non dénué d’anthropocentrisme, ce conte enlevé est plein de charme. La deuxième partie reprend l’histoire des Landsgemeinde, ces assemblées où le peuple entier d’un Canton suisse (enfin, les hommes, à l’époque) se réunit pour régler les affaires de l’État. …

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Fargue Léon-Paul – Le Piéton de Paris

Fargue Léon-Paul - Le Piéton de Paris - Bibliothèque numérique romande - Paul KleeFargue Léon-Paul – Le Piéton de Paris : Léon-Paul Fargue et Le Piéton de Paris deux noms indissociables : « Au-delà du halo des grands boulevards, l’éventail de vitres de la gare de l’Est commence à rougir. Et, par les soirs de fête, les arbres se garnissent à perte de vue d’oranges sanguines, dont la lumière en chemise à plis peint en bras nus les branches poudreuses… » Avec Léon-Paul Fargue, découvrez la poésie des rues du Paris avec ses boulevards, ses gares et ses music-halls de l’entre-deux guerre. Attablez-vous à la terrasse d’un café de Montmartre avec Utrillo ou Marie Laurencin, ou passez une soirée au Bœuf sur le toit avec Picasso ou Cocteau. Peut-être même y rencontrerez-vous Marcel Proust… …

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Ramuz Charles Ferdinand – Lettre à Henry-Louis Mermod

Ramuz Charles Ferdinand - Lettre à Henry-Louis Mermod - Bibliothèque numérique romande - Chaurel Rives du Léman vu du voisinnage de la maison RamuzRamuz Charles Ferdinand – Lettre à Henry-Louis Mermod : Ramuz envoie une lettre à son éditeur suisse Henry-Louis Mermod. « Publier suppose public », lui écrit-il. L’écrivain, comme l’homme, se sent poussé à justifier ses choix face aux critiques. Comme il ne veut pas écrire pour un public instruit, ces gens du peuple dont il reprend le langage le lisent-ils ? Heureusement non, dit-il… Car ils échappent au savoir « scolaire » qui ne forme pas, mais déforme. Une certaine école ne reconnaît pas la différence, les dons plus subtils de ceux qui ne sont pas scolaires. Pourtant, ils ont d’autres valeurs : de l’expérience, un métier. Ils utilisent parfois des de sens très développés non reconnus : « l’école se méfie extrêmement des sens comme susceptibles justement de fournir à l’individu des renseignements qu’elle ne peut pas contrôler. …  …

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Ramuz Charles Ferdinand – Lettre à Bernard Grasset

Ramuz Charles Ferdinand - Lettre à Bernard Grasset - Bibliothèque numérique romande - Anne Van de Perre La pleine vue des crêtesRamuz Charles Ferdinand – Lettre à Bernard Grasset : « Nous n’avons pas eu de 17ème siècle ; car alors nous étions Bernois, c’est-à-dire complètement muets, inexistants. Et c’est précisément pendant ce temps, que la langue « française » prenait sa forme définitive. J’aime votre 17ème siècle, j’aime le français, un certain « français » dont il a définitivement sanctionné l’usage, mais n’y puis voir pourtant (parce que je viens du dehors) qu’un phénomène tout occasionnel, tout contingent (qui aurait pu ne pas se produire), et qui précisément, pour ce qui est de nous et de moi, ne s’est pas produit. Précisément pour ces mêmes raisons, je me refuse de voir dans cette langue « classique » la langue unique, ayant servi, devant servir encore, en tant que langue codifiée une fois pour toutes, à tous ceux qui s’expriment en français. …

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Ramuz Charles Ferdinand – Paris, Notes d’un Vaudois

Ramuz Charles Ferdinand - Paris, Notes d'un Vaudois - Bibliothèque numérique romande - Sylvie Savary Arc-en-ciel sur ParisRamuz Charles Ferdinand – Paris, Notes d’un Vaudois : « C’est Paris lui-même qui m’a libéré de Paris. Il m’a appris dans sa propre langue à me servir (à essayer du moins de me servir) de ma propre langue » 

Un « petit » Vaudois monté à Paris, tel se présente Ramuz dans une description pertinente et humble du provincial, de  « l’étranger » pauvre. Il vient pour ses études et constate assez rapidement qu’il est là, en fait, pour observer Paris, pour écouter ses voisins et leur langage (Madame Sérieux, la concierge, un porteur de pierre) et redécouvrir son identité romande. Il invente des néologismes savoureux pour évoquer sa solitude et ses difficultés d’adaptation, il se sent « dépatrié » et « repaysé ».

Les bouquinistes, les monuments, les rencontres avec les peintres, les promenades dans la ville qui a un peu oublié la nature, tout le pousse à écrire, à s’exprimer et à s’interroger sur la littérature, la langue écrite et parlée, et son rôle d’écrivain suisse dans le monde parisien.

« Peut-être que Paris (c’est ce que je commençais à voir) enseigne encore autre chose, bien plus profondément, parce que, quel qu’il soit, il est lui-même et que sa vraie leçon est qu’il vous enseigne à être vous-même, que son véritable exemple est un exemple de liberté. »

En même temps, Ramuz nous propose une réflexion sur l’homme et son environnement née du contraste entre les paysages urbains de Paris – leurs interactions avec la socialité et le vivre-ensemble citadin – et la campagne ou les montagnes qui constituent l’ensemble paysager vaudois – où l’homme est d’avantage seul et silencieux face à la nature. Une élaboration écologique avant l’heure par un auteur qui révèle, dans ce récit, une part méconnue de sa vie.

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Bakounine Michel – Les Ours de Berne et l’Ours de Saint-Pétersbourg

Bakounine Michel - Les Ours de Berne et l'Ours de Saint-Pétersbourg - Bibliothèque numérique romande - Félix Vallotton portraitBakounine Michel – Les Ours de Berne et l’Ours de Saint-Pétersbourg : Dans cet essai, Bakounine se met dans la peau d’un patriote suisse déçu de constater que sa patrie obéit à des ordres d’expulsion de dictatures étrangères. Il cite trois exemples dans l’actualité de l’époque où la Suisse pourchasse et expulse des personnes venues chercher asile en Suisse, sur demande de gouvernements étrangers. Avec une grande ironie, Bakounine décrit ces cas où les principes mêmes de la République helvétique sont bafoués : « Aura-t-il (le gouvernement suisse) vraiment le courage de le livrer au tsar de Russie ? Nous allons lui donner un conseil : Qu’il le jette plutôt dans la fosse aux ours de Berne. Ce sera plus franc, plus honnête, plus court, et surtout plus humain. »

Puis il s’interroge sur l’efficacité démocratique du parlementarisme et de la « nouvelle » constitution helvétique de 1848 qui instaure le fédéralisme plutôt qu’une confédération d’états plus ou moins autonomes. Après 1848, une fois le suffrage universel établi, on crut avoir assuré la liberté des populations. Eh bien, ce fut une grande illusion ! En effet tout le mensonge du système représentatif repose sur cette fiction, qu’un pouvoir et une chambre législative sortis de l’élection populaire doivent absolument ou même peuvent représenter la volonté réelle du peuple. Mais les instincts de ceux qui gouvernent sont, à cause même de leur position exceptionnelle, diamétralement opposés. Quels que soient leurs sentiments et leurs intentions démocratiques, de la hauteur où ils se trouvent placés ils ne peuvent considérer la société autrement que comme un tuteur considère son pupille. Mais entre le tuteur et le pupille l’égalité ne peut exister. D’un côté, il y a le sentiment de la supériorité, inspiré nécessairement par une position supérieure ; de l’autre, celui d’une infériorité qui résulte de la supériorité du tuteur, exerçant soit le pouvoir exécutif, soit le pouvoir législatif. Une question qui reste d’actualité encore aujourd’hui…

Bakounine reconnait que 1848 a apporté une centralisation économique et politique nécessaire, mais il en mesure les inconvénients. Évoquant les soulèvements populaires qui, canton par canton, portèrent au pouvoir les radicaux, il écrit : Ces révolutions , ces soulèvements populaires telle est encore aujourd’hui l’unique forme de contrôle qui existe réellement en Suisse, l’unique borne qui arrête le débordement des passions ambitieux. En détruisant l’autonomie des cantons, en subordonnant les gouvernements cantonaux au pouvoir fédéral. Désormais, les révolutions cantonales, ce moyen unique dont disposaient les populations cantonales pour exercer un contrôle réel et sérieux sur leurs gouvernements, et pour tenir en échec les tendances despotiques inhérentes à chaque gouvernement, ces soulèvements salutaires de l’indignation populaire, sont devenues impossibles. En effet aujourd’hui, le Conseil fédéral a non seulement le droit, il a le devoir d’y envoyer autant de troupes fédérales, prises dans les autres cantons, qu’il sera nécessaire pour rétablir l’ordre public.

Tout pouvoir politique, quelle que soit son origine et sa forme, tend-il nécessairement au despotisme ? c’est l’opinion de l’anarchiste Bakounine. Il faut abolir complètement, écrit-il, dans le principe et dans les faits, tout ce qui s’appelle pouvoir politique ; parce que tant que le pouvoir politique existera, il y aura des dominateurs et des dominés, des maîtres et des esclaves, des exploiteurs et des exploités. Le pouvoir politique une fois aboli, il faut le remplacer par l’organisation des forces productives et des services économiques.

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