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Ramuz Charles Ferdinand – Lettre à Bernard Grasset

Ramuz Charles Ferdinand - Lettre à Bernard Grasset - Bibliothèque numérique romande - Anne Van de Perre La pleine vue des crêtesRamuz Charles Ferdinand – Lettre à Bernard Grasset : « Nous n’avons pas eu de 17ème siècle ; car alors nous étions Bernois, c’est-à-dire complètement muets, inexistants. Et c’est précisément pendant ce temps, que la langue « française » prenait sa forme définitive. J’aime votre 17ème siècle, j’aime le français, un certain « français » dont il a définitivement sanctionné l’usage, mais n’y puis voir pourtant (parce que je viens du dehors) qu’un phénomène tout occasionnel, tout contingent (qui aurait pu ne pas se produire), et qui précisément, pour ce qui est de nous et de moi, ne s’est pas produit. Précisément pour ces mêmes raisons, je me refuse de voir dans cette langue « classique » la langue unique, ayant servi, devant servir encore, en tant que langue codifiée une fois pour toutes, à tous ceux qui s’expriment en français. …

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Ramuz Charles Ferdinand – Paris, Notes d’un Vaudois

Ramuz Charles Ferdinand - Paris, Notes d'un Vaudois - Bibliothèque numérique romande - Sylvie Savary Arc-en-ciel sur ParisRamuz Charles Ferdinand – Paris, Notes d’un Vaudois : « C’est Paris lui-même qui m’a libéré de Paris. Il m’a appris dans sa propre langue à me servir (à essayer du moins de me servir) de ma propre langue » 

Un « petit » Vaudois monté à Paris, tel se présente Ramuz dans une description pertinente et humble du provincial, de  « l’étranger » pauvre. Il vient pour ses études et constate assez rapidement qu’il est là, en fait, pour observer Paris, pour écouter ses voisins et leur langage (Madame Sérieux, la concierge, un porteur de pierre) et redécouvrir son identité romande. Il invente des néologismes savoureux pour évoquer sa solitude et ses difficultés d’adaptation, il se sent « dépatrié » et « repaysé ».

Les bouquinistes, les monuments, les rencontres avec les peintres, les promenades dans la ville qui a un peu oublié la nature, tout le pousse à écrire, à s’exprimer et à s’interroger sur la littérature, la langue écrite et parlée, et son rôle d’écrivain suisse dans le monde parisien.

« Peut-être que Paris (c’est ce que je commençais à voir) enseigne encore autre chose, bien plus profondément, parce que, quel qu’il soit, il est lui-même et que sa vraie leçon est qu’il vous enseigne à être vous-même, que son véritable exemple est un exemple de liberté. »

En même temps, Ramuz nous propose une réflexion sur l’homme et son environnement née du contraste entre les paysages urbains de Paris – leurs interactions avec la socialité et le vivre-ensemble citadin – et la campagne ou les montagnes qui constituent l’ensemble paysager vaudois – où l’homme est d’avantage seul et silencieux face à la nature. Une élaboration écologique avant l’heure par un auteur qui révèle, dans ce récit, une part méconnue de sa vie.

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Ramuz Charles Ferdinand – Aimé Pache peintre vaudois

Ramuz Charles Ferdinand - Aimé Pache peintre vaudois - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Lac Léman vu de BelmontRamuz Charles Ferdinand – Aimé Pache peintre vaudois :

Aimé Pache est un enfant solitaire. Attiré par le dessin, on l’envoie prendre des leçons chez un professeur auquel il obéit sans plaisir. Son refuge : un espace au-dessus de l’ancien four banal, qu’il aménage comme un mini-atelier. L’école n’est pas son fort, mais il obtient néanmoins son baccalauréat. Sa mère voudrait qu’il devienne pasteur, comme c’est l’habitude dans les familles de campagne aisées. Mais sa vocation s’est inscrite au plus profond de lui : il veut devenir peintre. Son père tempête, les études payées à son fils n’ayant « servi à rien ». Docilement, il s’inscrit à l’université, mais la mort de son père le libère enfin : il part pour Paris. Une nouvelle étape de vie qui lui permettra de se révéler à lui-même et de pouvoir rentrer au pays réconcilié avec son passé et surtout en paix avec ses démons et ses remords.

Il eut le bonheur de naître planté profond en terre, et nourri de profond, comme un arbre avec ses racines. Il y en a qui sont seulement posés dans un pays. Lui, quand on lui demandait : « D’où es-tu ? » il pouvait répondre : « Je suis d’ici depuis toujours. »

Ramuz dédie ce récit de la vocation d’un artiste à son ami et peintre René Auberjonois. Il se souviendra lui-même de ses années d’apprentissage, écrivant dans son Journal « c’est Paris qui vous apprend, sous peine de mort, à être vous-même ».

Charles Ferdinand Ramuz est né en 1878 à Lausanne, en Suisse, de parents commerçants. Après des études de lettres à Lausanne, il part pour Paris, où il séjournera régulièrement jusqu’en 1914, tout en participant à la vie littéraire romande. Son premier roman, Aline (1905), est un succès. Suivront jusqu’en 1911 des romans centrés sur un personnage (dont Vie de Samuel Belet, Aimé Pache, peintre vaudoisJean-Luc persécuté).  En 1914, il revient vivre définitivement en Suisse. Avec La guerre dans le Haut-Pays (1915), Le règne de l’esprit malin (1917), La guérison des maladies (1917), il renonce au roman explicatif pour décrire des communautés aux prises avec les forces du mal, la guerre, la fin du monde. Il développe une nouvelle langue plus proche du langage parlé – au grand dam des puristes – abandonnant la narration linéaire et introduisant le « on » comme l’expression d’une collectivité. Il décédera en 1947 à Pully, près de Lausanne.

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Rod Édouard – La Chute de Miss Topsy

Rod, Édouard - La Chute de Miss Topsy - Bibliothèque numérique romande - Georges Seurat Le Cirque Rod Édouard – La Chute de Miss Topsy : Frémy et Pellard sont tous deux employés du ministère de l’Intérieur à Paris. Pellard, un joyeux luron, est poète à ses heures, espérant voir son œuvre présentée à la Comédie française. L’autre est mélancolique et réservé, sceptique sur l’amour après une histoire malheureuse. Malgré leurs différences, ils deviennent amis et confidents ; ils courent les banlieues et partagent leurs loisirs. Un soir, Pellard entraîne Frémy au Cirque d’été. L’affiche annonce les débuts de Miss Topsy, une écuyère. Frémy est touché par sa grâce et sa bravoure. Il retourne la voir le lendemain puis le surlendemain. Il s’aventure à lui parler, malgré sa crainte d’être déçu. Ils se découvrent des points communs, des sentiments partagés. Mais Frémy hésite à s’engager. L’accident de cheval dont Topsy est victime aura-t-il raison de ses doutes ?

Édouard Rod, né en 1857 à Nyon (originaire de Ropraz), est un écrivain vaudois, établi à Paris dès 1879. Critique réputé, il écrit d’abord des romans « naturalistes » à la manière d’Émile Zola puis se dégageant de cette influence, il s’attache à présenter des cas de conscience, des dilemmes moraux. Il est décédé à Grasse en 1910. Ce court roman écrit à l’âge de 25 ans est empreint de désillusion, reflétant le sentiment d’inadéquation ressenti par l’écrivain vaudois dans le milieu littéraire parisien.

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Sand George – Le Piccinino

Sand George - Le Piccinino - Bibliothèque numérique romande - Mjobling Vista panoramica di CefalùSand George – Le Piccinino : Connaissez-vous le Piccinino ? Fils d’un fameux brigand sicilien, il cache son vrai nom sous ce diminutif et, sous les apparences d’un paisible habitant d’un petit village de montagne, il terrorise la Sicile avec une bande redoutable.

Mais, avant de le rencontrer, vous ferez la connaissance de Michel-Angelo qui a mis fin à ses études artistiques pour venir travailler avec son père, Pier-Angelo, un artisan-peintre. Il se retrouve dans une situation délicate tant ressurgit le passé de son père. Pour quelles raisons, son père a-t-il dû fuir dans sa jeunesse ? Michel parviendra-t-il à dissiper les brumes et les mystères qui l’entourent ? Et sa sœur Mila pourra-t-elle faire face aux dangers dans lesquels elle se trouve entraînée ? Enfin quel rôle joue la belle princesse Agathe qui renonce à sa vie retirée dans un palais à demi abandonné pour donner une fête fastueuse ? Ses œuvres charitables peuvent-elles expliquer ce revirement ? Les rebondissements romanesques ne vont pas manquer…

« Le Piccinino est un roman de fantaisie, écrit George Sand dans son préambule, qui n’a la prétention ni de peindre une époque historique précise, ni de décrire fidèlement un pays. C’est une étude de couleur, rêvée plutôt que sentie, et où quelques traits seulement se sont trouvés justes comme par hasard. La scène de ce roman pourrait se trouver placée partout ailleurs, sous le ciel du midi de l’Europe… ». Un histoire pleine de secrets de famille passionnante d’un bout à l’autre, agréables à lire grâce au style incomparable de George Sand, très à l’aise avec « son brigand » et la Sicile qu’elle n’avait pourtant jamais visitée.

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Baudelaire Charles – Les Fleurs du Mal

Baudelaire Charles - Les Fleurs du Mal - Groupe des ebooks Libres et gratuitsBaudelaire Charles – Les Fleurs du Mal : « Les Fleurs du mal est le titre d’un recueil de poèmes en vers de Charles Baudelaire, englobant la quasi-totalité de sa production poétique, de 1840 jusqu’à sa mort survenue fin août 1867. Publié le 25 juin 1857, le livre fait scandale et suscite un procès retentissant qui entraîne la censure de 6 pièces. Il est réédité, dans des versions différentes, en 1861, 1866 puis 1868. La réhabilitation n’intervient qu’en 1949. C’est l’une des œuvres majeures de la poésie moderne. Ses 163 pièces rompent avec le style convenu, en usage jusqu’alors. Elles rajeunissent la structure du vers par l’usage régulier d’enjambements, de rejets et de contre-rejets. Elles rénovent la forme rigide du sonnet. Elles utilisent d’inédites associations d’images, tel l’«Ange cruel qui fouette des soleils» (Le Voyage). Elles mêlent langage savant et parler quotidien. » (Wikipédia)

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Combe T. – Jeune Angleterre

Combe T. - Jeune Angleterre - Bibliothèque numérique romande - Sylvie Savary Parc londonnien au printempsCombe T. – Jeune Angleterre (Deux nouvelles : Tournesols, Electric-Electrac) : T. Combe avait séjourné à Londres dans les années 1880 (Cinq épisodes d’une vie, publiés par la BNR). Elle en a tiré la matière de ces deux nouvelles, écrites dans un style piquant et incisif, sur les codes, les modes et les mœurs de la société londonienne.
Dans Tournesols, elle parodie le culte de l’esthétisme, qu’il soit étrusque ou japonais, prenant pour modèle Oscar Wilde, qu’elle transpose dans le personnage d’Edgar Brown : un peintre esthète, possédé de la manie du beau, mais du beau tortillé, alambiqué, méconnaissable. Il cultive l’archaïsme, il adore les vieilles faïences, les vieux cuivres, les couleurs fausses, la peinture byzantine, la mandoline, les poses fatales et les adverbes incommensurables. Il a des extases et parfois des syncopes. Edgar Brown est amoureux de Marjorie, qui ne dédaigne toutefois pas les avances de son voisin M. Stanley, quand bien même il montrait un penchant marqué pour la statistique (…) et n’avait rien de mystérieux ni de fatal.
La nouvelle Electric-Electrac n’évoque rien moins que l’invention d’un nouveau support publicitaire ! Claude Forest, dont la carrière de pianiste s’est brisée en même temps que son index, n’a pas renoncé à son rêve de vivre de la musique. Il en compose à ses heures perdues, mais comment se faire connaître et reconnaître quand on n’a pas de mécène ni de relation en dehors de la pension de Miss Picknell ? Fidèle à ses principes, T. Combe brosse un portrait féroce du monde hypocrite des gens dits influents, autant que des jeunes femmes qui ne cherchent qu’à épouser un homme fortuné plutôt que de travailler pour gagner leur vie.
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Doret Gustave – Lettres à ma nièce sur la musique en Suisse

Lettres à ma nièce sur la musique en Suisse - Gustave Doret - Bibliothèque numérique romande - Orchestre symphonique genevois François Rudhard Laura Barr-WellsDoret Gustave – Lettres à ma nièce sur la musique en Suisse : Octobre 1917- juillet 1918, la première guerre mondiale marque un tournant. Les États-Unis entrent en Guerre, la révolution éclate en Russie et juillet 1918 marque le début de la contre-offensive alliée. Dans cette période, Gustave Doret, un musicien suisse, écrit à sa nièce, alors à l’étranger, une dizaine de lettres sur la musique comme pour trancher avec la dureté du contexte.

Il y évoque divers aspects de la vie musicale en Suisse, la disparité de la conception de la musique entre régions alémaniques et romandes, la prépondérance de la musique germanique et les vagues de protestations que celle-ci soulève en cette période troublée, la frilosité des directeurs musicaux avides de succès commerciaux auprès d’un public pas toujours très averti et la difficulté pour un jeune compositeur de recevoir crédit de son talent. Il adresse un plaidoyer pour la défense de l’art musical suisse naissant et insiste sur la nécessité de s’y intéresser, de la programmer dans des concerts, que l’on soit un suisse ou un musicien étranger.

L’éducation musicale au sein des écoles, par contre, ne recueille pas son enthousiasme. Il critique la médiocrité du matériel musical proposé aux enfants et le danger que représente cette « non-formation » musicale scolaire pour le futur. D’illustres et nombreux compositeurs ont aimé venir en Suisse tant pour y trouver l’inspiration dans la composition que pour venir s’y ressourcer et nombreuses sont les œuvres de ces compositeurs étrangers qui ont un peu de la Suisse en elles ! Gustave Doret retrace la « naissance » de certaines de ces œuvres désormais célèbres et il conclut son recueil de lettres à sa nièce par une approche comparative entre les Conservatoires et Écoles de musique. Il n’est pas toujours tendre avec les autorités musicales de ces institutions et il invite, tant les dilletanti que les futurs professionnels , à bien rester dans leurs rôles respectifs pour le bienfait de la musique ! Cependant, il nous fait part de son admiration pour les grands interprètes que furent le pianiste Paderewski, l’organiste Widor, le compositeur Claude Debussy.

Ces lettres sont un témoignage du monde musical suisse du début du 20ème siècle, vu par les yeux d’un connaisseur, parfois dogmatique, mais surtout désireux de préserver la culture nationale encore fragile de la Suisse à ce moment-là.

Gustave Doret (1866- 1943) fut un musicien vaudois, violoniste formé à Paris, compositeur, chef d’orchestre en Suisse et à l’étranger. Il fut aussi correspondant musical et Professeur au Conservatoire de Musique de Genève.

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Hodler Ferdinand – La Mission de l’artiste

La MIssion de l'Artiste - Ferdinand Hodler - Bibliothèqu numérique romande - Hodler Ferdinand – La Mission de l’artiste : Hodler, un artiste engagé ? N’allez pas chercher dans ce texte un tel engagement dans le sens où nous l’entendons aujourd’hui*. Considérez plutôt cet essai comme une réflexion sur la démarche artistique. L’artiste a pour rôle, commence Ferdinand Hodler, de faire valoir la nature en en dégageant la beauté essentielle. Mais pour cela, l’émotion de l’artiste, ce qu’il ressent et peut transmettre, sont déterminants : on reproduit ce que l’on aime.

Puis Hodler se penche sur la pratique de la peinture. L’œil, d’abord : la vision doit être éduquée pour apprendre à voir les formes, les contours, les volumes et les proportions, mais aussi la couleur, ses rapports et ses teintes, et enfin la lumière. Voir, c’est donc connaître.

De cette vision, comment reproduire la nature dans une œuvre en deux dimensions ? Hodler détaille successivement le traitement de la forme, traduite dans le trait et les rapports de clair/obscur qui devront exprimer les largeurs, les élévations et les profondeurs. Puis les couleurs, leurs accords, répétitions et nuances. Et enfin, la composition, la recherche des parallélismes, des symétries dans la nature. Alors, l’œuvre révélera un nouvel ordre perçu des choses et sera belle par l’idée d’ensemble qu’elle dégagera. Mais, écrit-il aussi, il n’est pas toujours si facile qu’il le semble de faire simple.

Ferdinand Hodler (1853-1918), né à Berne, s’installe à Genève dès la fin de son apprentissage. Inspiré d’abord du réalisme suisse (Albert Anker), il s’ouvre à d’autres horizons à la suite d’un voyage en Espagne puis se tourne vers le symbolisme qui inspire une composition, La Nuit, qui fera sensation. On nous reprochera peut-être de n’avoir pas illustré cet essai de quelques-unes de ses œuvres les plus connues, comme Le Bûcheron. C’est aussi pour démontrer que cet artiste ne se laisse pas enfermer dans des schémas nationaux où certains voudraient le cantonner. (*Hodler s’est toutefois engagé en dénonçant, en 1914, les pilonnages de l’armée allemande sur Reims. Il fut d’ailleurs exclu, en représailles, des sociétés artistiques allemandes.)

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Huguenin Christine – Femmes artistes peintres à travers les siècles (tome 2)

Huguenin Christine – Femmes artistes peintres à travers les siècles (tome 2) - Bibliothèque numérique romandeHuguenin Christine – Femmes artistes peintres à travers les siècles (tome 2) : «Au cours du XIXe siècle, le centre de la vie artistique se passe principalement à Paris. Le monde féminin de l’art évolue un tant soit peu. L’opinion publique commence à se démocratiser, mais les apparences sont encore trompeuses et le chemin semé d’embûches. Les préjugés restent tenaces vis-à-vis du travail artistique des femmes. De nombreuses académies de peinture leur ouvrent leurs portes, bien que le prix des cours soit plus élevé pour les femmes que pour les hommes. Petit à petit, certaines restrictions tombent, les femmes peuvent participer aux concours, s’initier à l’étude du nu d’après modèle vivant. Mais les femmes évoluent toujours dans un monde exclusivement masculin ; cette suprématie les pousse à lutter pour leurs droits, elles se rapprochent et s’entraident. Elles vivent ensemble dans des appartements afin de limiter les frais. Certaines louent leur propre atelier et sortent travailler en plein-air. Elles commencent également à pouvoir voyager à travers l’Europe sans avoir besoin de chaperon. L’influence financière et morale de leur famille est toujours importante. Mais, pour certaines d’entre elles, rester célibataire n’est plus un obstacle à leur carrière.

Au tournant du XXe siècle le monde de l’art, comme les écoles, sont toujours gérés par des hommes. Les femmes par obligation s’arrangent de cette formule, tout en s’émancipant encore d’avantage. Pour certaines, c’est en affirmant leur masculinité, quitte à mettre en avant leur homosexualité et leurs relations amoureuses. Pour d’autres, c’est l’avant-garde artistique masculine qui leur procure une visibilité dans laquelle elles s’engagent auprès d’un mari ou d’un amant avec enthousiasme en tant qu’artiste et muse. Cet environnement permet aux femmes d’entrer dans le monde de l’art, en leur offrant ainsi des perspectives d’expositions.

Si ces femmes artistes connurent, de leur vivant, une reconnaissance de leur travail, ce n’est pas pour autant qu’elles ne sont pas retombées dans l’oubli après leur disparition … » Christine Huguenin.

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